ANTONIO FRANCHI III
nière démarcha de la raison est de reconnaître qu'il j a une infinité de choses qui la surpassent. » H Faudrait à notre société un degré de science religieuse qui lui manque, car la preuve de ce que nous ignorons est souvent dans ce que nou préten
dons savoir.
La plupart des incrédules qui entreprennent l'étude «le la religion, la commencent ave des préjugés, sans procéder du connu à l'inconnu.
Avouons enfin que les sociétés el les amitiés ne sont poinl étrangères à cette perversion ; car Ton sait que l'incrédulité comme la foi ont une puissance d'expansion très rapide et s'exhalent de l'âme qui les renferme ainsi qu'une essence pénétrante. Mais que les préjugés s'évanouissent ! et alors l'infortuné, dégagé de tout obstacle, remonte la von; où il s'était égaré, et la foi apparaît à ses yeux tout éclatante des splendeurs d'une aurore nouvelle.
Franchi nous en est un exemple frappant, comme lui-même n'hésite point à le confesser dans son dernier ouvrage.
A l'âge de trente ans, il prit la funeste décision de quitter l'état ecclésiastique, premier fruit de ses études et première étape de sa chute. Une occasion favorable de prouver son impiété et sa révolte se présenta bientôt. En automne 1849, l'évêché de Gênes avait censuré un libelle, traduit du français, intitulé : Jésus-Christ devant un conseil de guerre. Franchi, qui en était le traducteur, protesta contre cette légitime sentence, frappant un livre « dont la publication, écrivait-il, n'avait excité aucune émotion dans la France catholique. »
A cette orgueilleuse révolte, vinrent se joindre le faux patriotisme et l'amour désordonné de Y unité italienne, qui, de nos jours encore, malgré Fexpérience des temps, enivre même des catholiques, égare des esprits droits et sincères. L'incrédule, après s'être porté défenseur des fameuses lois Siccardi, osa accuser Pie IX et ses fidèles adhérents de trahison à l'égard de la patrie.
Dès lors, la rupture était consommée : Bonavino devenait partisan de la démagogie et l'adversaire des puissances « auxquelles l'Église, écrivait-il, s'était alliée pour le malheur des peuples. » Rompant avec son passé et brisant les liens de la famille, l'apostat prit le nom de guerre d'Antonio Franchi.
C'est qu'il devient difficile, aujourd'hui, de se maintenir sur la pente rapide du mal : abyssus abyssum invocat, un abîme appelle un autre abîme.
Bien qu'on ne puisse suivre Antonio Franchi dans le dédale de ses funestes doctrines, il ne sera pas sans utilité d'indiquer quelques-unes de ses conséquences.
Le malheureux dévoyé en était venu à nier l'existence de tout surnaturel. Ses écrits, dont le plus dangereux est la Philosophie des écoles italiennes, répandirent le poison de l'incrédulité et du rationalisme au sein de la jeunesse des écoles, et ces ravages durent encore. Franchi a traîné dans la fange les plus belles gloires de la philosophie chrétienne, et en premier lieu le grand saint Thomas et son école. Ferri glorifia cet incrédule d'avoir introduit en Italie le scepticisme, comme s'il pouvait y avoir un mérite quelconque à se faire le propagateur d'une doctrine apprenant à douter de tout, et qui est plus digne des insensés que des gens doués de raison. Enfin, on a dit de Franchi que l'influence de Gioberti, son ami et son hôte à la fois, n'a pas peu contribué à faire de lui un des ennemis les plus acharnés de la philosophie chrétienne.
La religion du xixe siècle, selon Franchi, doit être un naturalisme fondé sur un sentiment inné. Ce qu'il développe dans plusieurs brochures, où il cherche toujours à s'affranchir de l'autorité de la révélation et de l'Église. A ce point de vue, toutes les religions sont égales ; aucune n'a le droit de revendiquer la prérogative de religion d'État : absurdité qui suppose un droit égal entre la vérité et l'erreur. Mais écoutons le professeur : « L'idéal de l'humanité, le nec plus ultra de la civilisation à venir du peuple, ne peut résider que dans la