VICTOR GUÉRI III
Victor Guérin ne voulut pas Iran ij ei . Poui ce divei causes, il échoua comme il l'avait prévu : le avant, le cod "imi\ Français eût peut-être rôus i, le catholique fonn iel ré olu eût été élu difficilement.
Il retourna bientôt à ses travaux historiques el archéologiques. . \ n s > i bien la politique n'était pas son fait. Peut-être l'eût-elle détourné «le sa fructueuse carrière, et nous eût elle privés de ses doctes écrits qu'aucun autre livre ne peut remplacer. En IN7r>, le savant était en Palestine. C'est la haute et basse Galilée, la Pérée, la Cœlé-Syrie et la Phénicie qu'il étudie avec ses habitudes de lente et consciencieuse observation. Deux gros volumes contenant les nouveaux documents sont publiés par l'Imprimerie nationale.
Malgré des infirmités qui allèrent se développant jusqu'à mort, malgré les deuils successifs qui brisèrent son cœur de père, l'infatigable voyageur faisait encore, en 1882, un voj au Liban, un autre à Jérusalem en 1881, puis les années suivantes il revoyait avec une mission nouvelle la Tunisie, la Tripolitaine, l'île de Malte, l'Egypte, et enfin, presque à la veille de sa mort, il allait une dernière fois retremper son âme par un séjour à Jérusalem. Ces dernières recherches furent également consignées en de nouveaux livres.
Au retour de ce voyage, épuisé par l'âge, la fatigue et les maladies, incapable d'écrire, mais voulant encore faire profiter de ses derniers travaux le public chrétien, M. Guérin dictait à son fils aîné son suprême ouvrage, son testament de savant et de chrétien : Jérusalem, son histoire, sa description, ses établissements religieux.
« Victor Guérin, dit M. Nowat (1), avait beaucoup vu; il a beaucoup écrit et publié ; son œuvre comprend quatorze volumes, sans compter une dizaine de brochures de moindre importance. L'énonciation seule de ses ouvrages est trop longue pour trouver place ici. »
(1) Président de la Société nationale des antiquaires de France.
L42 LITTÉRATEURS, savants ht ARTISTES
» On est confondu de la multiplicité de ses travaux, et on les admire encore plus quand on a pu apprécier ce naturel distingué, cette pureté, cette lucidité parfait»' de style, qui permettent
de lire avec un plaisir soutenu, sans aucune fatigue ses longs ouvrages. D'ailleurs, quand la grâce ou la majesté des paysages, quand la grandeur des souvenirs, quand la sainteté des lieux ont frappé l'écrivain, le ton s'élève et s'anime, et les sentiments du narrateur se communiquent avec force au lecteur.
» Telle a été la vie du professeur et du savant, vie récompensée à peine, hélas! par la décoration de chevalier de la Légion d'honneur, et par les titres d'officier ou de commandeur de plusieurs Ordres étrangers. Au jugement de tous les juges compétents et désintéressés ses grandes recherches archéologiques, sa science de bon aloi le désignaient au titre de membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il e^t triste qu'on ait pu dire que ses convictions religieuses ont compromis plusieurs fois le succès de sa candidature.
» Modeste, d'ailleurs, autant qu'il était bon, étranger à toutes les intrigues qui souvent décident même des honneurs de l'Institut, il vivait, dans l'intervalle de ses voyages, renfermé dans sa famille, formant l'esprit et le cœur de ses enfants, leur enseignant par ses leçons et ses exemples cette piété ferme, mais simple et douce qui a quelquefois désarmé ses adversaires. La fermeté, telle a été la vertu maîtresse de toute sa vie. Sa petite taille, sa voix faible et grêle, ne nuisirent jamais à son autorité : il était aussi respecté qu'aimé.
» Voici un exemple frappant de ce prestige moral. Dans une de ces caravanes chrétiennes qu'il conduisit souvent en Palestine, ses compagnons et lui naviguaient sur le Jourdain. Une révolte éclate parmi les matelots : pour continuer la manœuvre, ils réclament un salaire plus élevé. Victor Guérin s'avance vers eux, tire de sa poche un revolver et menace les rebelles de leur brûler la cervelle. Aussitôt tuut rentra dans l'ordre.
» Si Guérin a goûté plus d'une joie dans sa vie de famille,