‹ Chrétiens illustres au XIXe siècleChapitre 37 sur 44 · MILNE- EDWARDS · texte numérisé non relu

MILNE- EDWARDS

NATURALISTE, DE l/ INSTITUT, DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE.

a Appuyé sur Dieu même, il eut une espérance que la mort ne détruira pas. •

(H. Violead.)

Ce savant d'origine belge a fourni une longue carrière consacrée tout entière à la science. A peine reçu docteur en médecine en 1823, il s'était adonné aux sciences naturelles. Professeur au lycée Henri IV, il le fut également au Muséum, dont il est devenu le doyen et enfin le directeur, succédant en cette qualité à Geoffroy Saint-Hilaire (1). Membre de l'Acadé-

(1) Voir la biographie de ce savant dans le tome III de l'ouvrage : Chrétiens et Hommes célèbres.

mie des sciences dès 1838, comme successeur de Cuvier, il était élu bientôt à l'Académie de médecine. ML Milne-Edwards a fait, à plusieurs reprises, partie du Conseil supérieur de l'Instruction publique, où ses vastes connaissances lui assignaient un rang éminent et une influence considérable. Il laisse des Cahiers d'Histoire naturelle et des Éléments de Zoologie fort appréciés. Ce savant avait, en outre, fait paraître de nombreux travaux dans les Annales des Sciences naturelles. Ses œuvres forment onze volumes in-8°, sans parler des articles fournis aux revues et aux dictionnaires spéciaux. L'année qui précéda sa mort, ses nombreux amis et ses élèves avaient voulu marquer par une fête l'achèvement de l'œuvre la plus importante du maître, Leçons sur la Physiologie et l'Analomie comparée de l'homme et des animaux. A cette occasion, une médaille a été frappée en son honneur, reproduisant les traits du célèbre professeur, et rappelant, dans une légende, les services par lui rendus à la science et à l'enseignement.

Le 25 octobre 1882, c'était fête à l'Institut, qui célébrait l'anniversaire de sa constitution. La séance publique se tenait sous la présidence de Jean-Baptiste Dumas. M. Alphonse Milne-Edwards y fît le récit des Explorations des grandes profondeurs de la mer , exécutées sous sa direction avec le concours d'autres savants à bord de l'aviso Le Travailleur. Le célèbre académicien montra que, malgré les affirmations des naturalistes anglais, affirmant que la vie est impossible dans les abîmes de la mer et que les eaux y sont condamnées à l'obscurité, à l'infécondité et à l'immobilité, le fond de la mer est habité par des êtres nombreux et variés.

Les filets jetés par les marins qui accompagnaient M. Milne- Edwards sur le Travailleur, ont, en effet, rapporté des animaux inconnus jusque-là, péchés à plus de trois kilomètres de profondeur : « Nous avons atteint, dit le savant, dans le golfe de Gascogne, des profondeurs de plus de cinq mille mètres, et nous en avons encore retiré des animaux vivants. »

Page 1