‹ Chrétiens illustres au XIXe siècleChapitre 7 sur 44 · DOM B08C · texte numérisé non relu

DOM B08C

études, vi\;nii avec peine do fruil de son travail, el entra bientôt au grand séminaire de Chieri.

Quelques années après, il était assez fort dan l'histoire ecclésiastique pour la profe 1 1 av< u< ms

ravirent le ministre Rattazi, auditeur inconnu du professent qui s'ignorait. Ordonné prêtre à vingt-six ans, l'abbé Bosco vint à Turin compléter ses études théologiques, el fui nommé directeur d'un hospice, puis aumônier du couvent des Repentie où nous le rencontrons.

Mais l'élément qui convenait à son zèle était ailleurs. Déjà, durant ses éludes à Turin, le jeune prêtre s'était adonné § goûts privilégiés: la visite des détenus et des jeunes jens pauvres.

C'est là que s'alluma la passion qui fut celle de toute sa vie.

Dès lors, il songeait à secourir les enfants pauvres, délaissi livrés souvent aux passions mauvaises et à toutes sortes de corruption dans les prisons où on les enfermait parfois sans aucun discernement.

Un jour qu'il priait et cherchait dans sa pensée les moyens de faire quelque chose en faveur de cette misère publique, la Providence lui envoya un vagabond, qui, à seize ans, ne savait pas même faire le signe de la croix. Le prêtre, trop heureux de recueillir cette infortune, se mit à catéchiser le jeune homme. Garelli amena ses camarades du voisinage, des manœuvres qui aidaient les maçons, ceux-ci en amenèrent d'autres : en trois mois ils furent cent.

accepte et arrive bon premier. Les spectateurs trépignent et l'acclament : Ils commencent à railler le comédien. Pris de colère, le saltimbanque lance au ciel un nouveau blasphème, et déclare qu'il montera sur le peuplier voisin sans préparation comme sans aide. En effet, il grimpe et ne s'arrête que lorsque l'arbre plie et menace de rompre.

Jean monte à son tour et, arrivé à la hauteur où le peuplier se penche prêt à se briser, il renverse son corps de bas en haut, la tête restant au même point, tandis que les pieds et les jambes vont toucher la cime de l'arbre, dépassant ainsi de plus d'un mètre le but atteint par son rival.

Le succès de Bosco fut complet, et les railleries tombèrent si bien sur le malheureux comédien qu'il dut déserter la ville et aller polissonner ailleurs. Aiusi, par l'habileté de Jean, on vit cesser un scandale qui attristait tous les bons chrétiens, et le nom de Dieu ne fut plus offensé publiquement. Bosco montrait déjà le zèle qui devait l'animer toute sa vie pour la gloire de Dieu.

Dom Bosco était au comble de ses vœux.

Chaque dimanche il les conduisait à la messe, les menait promener ensuite, leur donnait un repas, et tout en causant les Instruisait doucement de leurs devoirs, des dangers qu'il y avait à vivre en dehors des règles sociales et religieuses, et les préparait ainsi à recevoir de plus solides enseignements. Il • levait s'exhaler de sa parole, de ses manières, de toute sa personne un charme vraiment séduisant pour attirer, gagner l'estime, et bientôt l'affection de ces vagabonds et de ces jeunes gens d'ordinaire si dévergondés. On se moquait de Dom Bosco et de ses élèves :

« Ce sont des chenapans, lui disait-on ; vous n'en ferez jamais rien. »

Et les apparences étaient vraiment pour ses contradicteurs. Il en fit cependant d'honnêtes ouvriers et parfois de saints prêtres.

Mais pour arriver là, que de déboires! L'abbé Bosco était pauvre, et nulle part on ne voulait recevoir gratuitement ses petits mendiants. Enfin, il put louer une grange dans ce même faubourg de Valdocco où devait mourir le saint homme.

Quel triste lieu! On y avait installé un autel tant bien que mal, et l'évêque de Turin, invité un dimanche par Dom Bosco à y dire la messe, trouva un plafond si bas, qu'il ne put monter à l'autel avec sa mitre.

Dom Bosco avait aussi pensé aux ouvriers sans travail, aux ouvriers honnêtes qui veulent vraiment travailler pour vivre, et que trop souvent le besoin et le désœuvrement pousseraient au crime. Parmi ces ouvriers, plusieurs étaient sans religion : quelques-uns, arrivés à l'âge de cinquante ans, n'avaient pas fait leur première communion. L'école du soir fut fondée. On y fit le catéchisme. Seulement, pour ne pas effrayer les ouvriers, on donna à l'œuvre le nom de classe du soir, où ils venaient volontiers.

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Pour les désœuvrés, une école de jour et an refuge farenl créés. Le charitable prêtre les pourvul dunt reen lendanl pour eui la main*

Ainsi B'esl fondée et développée celte admirable institution d'abord le patronage du dimanche, puis les jeux, pui l'oratoire, pins les écoles, puis le rêfugium.

L'activité infatigable de l'apôtre ne (levait p borner là. Les enfants furent instruits comme les ouvriers. Dom l> leur mil ensuite dans les mains an métier qui permîl de honnêtement leur vie. Il avait fallu dix ans pour que l'œuvre grandît au point qu'un vaste édifice et une église s'élevassent sur le terrain où elle était née, et pour que plus de deux cents (Mitants abandonnés y fussent logés, nourris et instruits gratuitement par les soins de l'abbé Bosco.

Vingt ans plus tard, en 1865, de deux cents on était arrivé à huit cents enfants et jeunes gens recueillis; une nouvelle maison était fondée à Alexandrie, et partout ou réclamait de nouvelles fondations.

Dans l'intervalle, une double nécessité s'était imposée au chef de cette entreprise : créer des prêtres pour assurer l'instruction, et des chefs d'ateliers pour apprendre les métiers.

Dom Bosco, qui fait des miracles, fut aussi le fondateur des prêtres Salésiens, au nombre, aujourd'hui, de plus de cinq mille, formés par ses soins ou par les soins de ses premiers disciples, qui ont accepté sa règle sous le patronage de saint François de Sales, et se répandent au loin, évangélisant, recueillant de jeunes enfants et fondant de nouveaux hospices. Ces prêtres dirigent plus de cent quarante maisons et fermes agricoles que le saint prêtre a établies en Italie, en France, aux États-Unis, au Brésil, dans l'Uruguay et le Paraguay, dans la Patagonie, et qui sont peuplées par environ cent mille enfants et jeunes gens.

Chaque année, vingt-cinq mille enfants sortent de ces établissements, leur apprentissage et leur instruction religieuse

terminés, et vingt-cinq mille autres enfants les remplacent. Quelques-uns de ces jeunes gens entrent dans les ordres; mais le plus grand nombre, instruits dans un métier, deviennent de paisibles et honnêtes ouvriers. Que de services immei, rendus partout à tant de jeunes gens et à leurs familles! C un spectacle merveilleux que celui de ces conquêtes pacifiques, œuvres de la bonté, de la charité et de Ja foi chrétienne, qui ne sont marquées que par da> bienfaits de l'ordre matériel, moral et religieux.

Cet humble prêtre a, pour théâtre de son zèle immense, les deux continents; il chante par mille voix et redit par mille cœurs les louanges du Dieu de charité !

« Pour vous donner une idée de la piété de la plupart de ces jeunes gens, écrit un visiteur de rétablissement de Dom Bosco, à Turin, je vous dirai que trois cents d'entre eux, tous les jours, en moyenne, s'approchent de la Table sainte, et que le fondateur, loin de pousser ces enfants dans la voie d'une piété exagérée, est obligé de modérer leur ferveur. Ces jeunes gens auraient peut-être fait des vagabonds, des malfaiteurs, Dom Bosco les a transformés en de courageux missionnaires, en des chefs d'ateliers, et en d'excellents ouvriers qui vont gagner honnêtement leur vie, qui ne seront plus les fléaux de la société, mais de bons citoyens, l'honneur de leur patrie et de leurs familles (1). »

Voilà l'œuvre sociale et chrétienne; voilà le grand miracle accompli par cet homme, miracle vivant et visible tous les jours. Dom Bosco n'a jamais reçu ni fondations pieuses ni successions ; il n'a reçu que des aumônes au jour le jour, inconscient du lendemain, répondant quand même de l'existence de milliers d'enfants, et ne doutant jamais de la Provividence, qui est venue toujours à son secours, à point nommé,

(1) M. Danten, rédacteur en chef du Pas-de-Calais.

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