‹ Christian, ou, L'année romaineChapitre 27 sur 53 · MORT DU COMTE DE WÉDEL · texte numérisé non relu

MORT DU COMTE DE WÉDEL

Pendant que l'amoureux désolé essaye en vain de détester Rome, on apprend inopinément la mort du comte de Wédel. Cette nouvelle rend Christian à l'espérance; cette espérance peut devenir une réalité : il est aimée Mais un obstacle presque invincible demeure, la comtesse n'épousera jamais qu'un catholique.

Le père Géronimo, qui connaît les secrètes pensées de sa pénitente, Famour délicat et sincère qu'elle inspire au jeune Norvégien, dit à celui-ci : f Ce n'est pas l'opposition d'un père, ou l'ascendant d'un rival, que vous avez à vaincre. L'obstacle ne vient pas de M^^ de Wédel ; Pobstacle est en vousmême, vous le connaissez mieux que moi. Je sais les angoisses, les combats qui vous sont encore réservés ; mais si le bonheur aujourd'hui vous semble incertain, du moins dans l'avenir n'est-il pas impossible. »

Après quelques semaines de grand deuil, Lina et Christian se revoient sous les yeux de la baronne et

i6o CHRISTIAN.

du père Géronimo; ils s'abordèrent comme s'ils s'étaient quittés la veille. Le moine, ce jour-là, vint en aide à tout le monde; il parla avec simplicité de ses missions chez les Indiens de l'Orégon et raconta mille choses curieuses. La bonne tante, toujours intéressée, souvent attendrie, admira, cette fois sans restriction, la charité sublime, le courage invincible d'un prêtre catholique.

Page 1