‹ Christian, ou, L'année romaineChapitre 36 sur 53 · LE CARÊME · texte numérisé non relu

LE CARÊME

ne les quittait jamais. C'était un dimanche et un beau jour; une foule, composée d'éléments très divers, s'empressait vers la basilique.

Des coiitadiuiy portant de longs bâtons renflés par le bout en forme de massue, ayant aux pieds de vrais brodequins antiques ; les socci^ marchaient de ce pas lourd et fort des paysans romains ; des jeunes iilles aux cheveux nattés comme ceux de Julie % rattachés en arrière par un peigne doré qui brillait au soleil, parées de leur petit tablier de soie verte, rose ou violette flottant au vent, s'avançaient d'un air grave ou folâtraient doucement le long de la route ; des charrettes et des pataches rustiques se croisaient avec d'élégantes calèches. C'était, aux portes d'une grande ville, à la fois une fête champêtre et un pèlerinage. Des mendiants pittoresques, assis au bord du chemin, élevaient leur voix dolente à travers une épaisse cohue, ce qui rassurait sur les bénéfices de leur journée. Pendant ce temps, les cloches sonnaient sans

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