‹ Christian, ou, L'année romaineChapitre 44 sur 53 · LE PRINTEMPS A ROME · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS A ROME

lianes, de grandes herbes, des cyprès et des pins croissent sous leurs cintres çà et là brisés; les aloès, les cactus, les lataniers, toute une flore tropicale pousse vigoureusement à l'abri des vieilles pierres, tandis qu'autour des pelouses et des allées sinueuses s'épanouissent en toutes saisons des touffes épaisses de roses.

En quittant les villas, nos promeneurs s'avançaient en pleine campagne vers le mont Sacré , non pour y chercher le fabuleux tombeau de Ménénius Agrippa, mais pour suivre les bords charmants de TAnio, pour regarder la tour pittoresque de Ponte Nomentano, avec sa masse féodale et ses créneaux du moyen âge; ou bien, en suivant une route opposée, ils gravissaient le rocher auquel le Poussin a laissé son nom. De ce point, l'œil embrasse le Tibre qui serpente, la ville de Rome, les montagnes, le Soracte isolé comme une île bleuâtre; la Leonessa, qui étale au soleil son dos de neige; les maisons blanches de Tivoli, Palestrina, Colonna; sur les flancs mamelonnés des monts d'Albano, les villages étincelants de Grotta-Ferrata, de Castel-Gandolfo et les dômes volcaniques de Monte Cavi.

Au fond de rhorizon, la terre s'abaisse par une pente faiblement ondulée jusqu'à la grande plaine déserte qui conduit à la mer.

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