FRASCATI ET SES ENVIRONS ON TROMPE LA COMTESSE ET CHRISTIAN
La comtesse, toujours retenue à Frascati par les instances d'une amie, n'avait pas entendu parler de Christian depuis deux jours. Que devenait-il.^ que pensait-il> Elle désirait ardemment revenir à Rome ; mais la baronne, frappée de la pâleur de sa nièce, insista pour la garder encore à la campagne.
j\|nie ^Q \Y(^(iei se laissa conduire à la villa Aldobrandini, particulièrement remarquable par la beauté de ses eaux et de ses arbres. Des sources amenées du mont Algide, célébré par Horace, y entretiennent une cascade magnifique et perpétuelle. Ces dames s'arrêtèrent un instant sur la terrasse en face de l'étendue ardente, tachée çà et là d'ombres mobiles que les nuages y jetaient en passant.
Ici la baronne déclara qu'elle regretterait
toute sa vie d'avoir manqué Toccasion de visiter les restes de Tusculum et ses délicieux environs. Lina ne pouvait hésiter; comment priver sa tante de Finnocente joie que lui causerait cette docte excursion ?
Toutes deux, installées sur des ânes, commencèrent donc à gravir la hauteur où fut Tusculum. Le guide leur montra d'abord Famphithéâtre et s'empressa d'affirmer que c'était là la place choisie par Cicéron pour enseigner^le latin slux fores tieri : « Savez- vous ce qu'était Cicéron? dit la baronne. — Sai^a qualque vecchio Inglese delV antiquita, répondit le guide. — Qui savait tout », ajouta un petit garçon, le conducteur des ânes.
Ainsi renseignées, les promeneuses arrivèrent au théâtre, d'où la vue est admirable. Les sommets environnants qui, de loin, présentent à l'œil un massif bleuâtre, de près laissent découvrir des vallons sauvages s'ouvrant de toutes parts en formant mille perspectives variées.
DeTuscidum on va, à travers la montagne, jusqu'au lac de Némi dont Faspect office des contrastes étonnants. A droite et à gauche, ses rives riantes, cultivées, plantées de chênes verts enlacés de lianes, de jasmins,