I. Pourquoi chercher Tempe? Pourquoi les jardins d'Apollon
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avec leurs grandes lignes; par-dessus les aqueducs, les montagnes ; puis, à la vue des petites constructions perchées sur les ruines des sépultures, saisi d'une étrange tentation, il eût voulu s'étendre à terre et se faire écraser par leurs débris.
De retour à Rome, l'infortuné s'enferme chez lui, essaye inutilement d'adresser un mot de tendresse à son père et, dans une agitation croissante, passe la nuit entière à espérer et à redouter les nouvelles de Frascati.
Avant d'avoir achevé la lecture du billet écrit par Christian, la résolution de M""^ de Wédel était prise : elle épousera Christian sans lui imposer dé condition. Cette réponse partira avant la iin du jour... Mais celui qu'elle doit rendre heureux ne la recevra pas ! la princesse ZalikofF, prodigue de câlineries, de faux attendrissements, de protestations d'amitié, s'en empare, jurant qu'elle la remettra à M. Olassen lui-même, en arrivant à Rome plus vite que la poste.
Se doutant du contenu de l'importante missive, cette trompeuse va la lire à monsignor et tous deux la confisquent, sous le prétexte d'empêcher un scandale religieux, c'est-à-dire le mariage d'une catholique avec un protestant.
Sa mauvaise action consommée, la princesse devine qu'après la cruelle déception qu'éprouvera Olassen le lendemain, à l'heure du courrier, son premier mouvement sera de se précipiter à Frascati...
A tout prix, il faut empêcher les amoureux de se réunir!...
Profitant alors d'une cérémonie qui a lieu de très bon matin sur la place de Saint-Jean de Latran,
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elle s'arrange pour attirer le jeune homme au passage, le retient par des airs mystérieux, confidentiels, des regards pleins de compassion et, comme involontairement, laisse tomber ces mots : « J'ai vu votre Lina!... Cette femme ne sait pas aimer; son cœur, tout à Dieu, est de glace pour celui qu'elle devrait excuser. »
Christian demeure atterré : le silence de la comtesse confirme les mensonges de M'"° Zalikoff!
Sa raison l'abandonne :
t Le sort en est jeté ! pense-t-il; je me tuerai!... »
Mais, par un dernier reste d'attachement à la vie, il cherche un prétexte auquel il ne croit pas, un retard, une erreur, un oubli, un pardon peut-être; et, avant d'en arriver à l'irréparable, il se donne encore vingt-quatre heures.