‹ Christian, ou, L'année romaineChapitre 6 sur 53 · L'OCTOBRE A ROME · texte numérisé non relu

L'OCTOBRE A ROME

Rome a bien changé depuis Tannée 1824, à laquelle remonte ce récit 5 elle a perdu beaucoup de sa physionomie et de son caractère. Cette ville, où Ton retrouve encore aujourd'hui , dans les monuments et les mœurs, des traits qui appartiennent à Tantiquité, se transforme rapidement, en cet âge de renouvellement universel, et sa séculaire immobilité est atteinte par la mobilité de notre siècle.

Malheureusement, ce n'est pas pour améliorer Rome que la civilisation y pénètre ; elle la gâte. Les vieux abus demeurent, les vieux préjugés subsistent; mais les usages nationaux, les costumes pittoresques s'en vont; ainsi, on reconnaît à peine ce qu'était, il y a trente ans — l'Octobre; — ce mois à

Rome, Tun des plus beaux de Tannée, était le temps des bacchanales modernes, qui rappelaient les bacchanales antiques ; alors on voyait des jeunes filles traverser la ville dans un char orné de pampres, elles-mêmes couronnées de feuillage; on les voyait, debout sur leur char, frapper le tambourin, majestueuses et £ères, dans le délire de la gaieté, comme les ménades des bas-reliefs.

Le monte Testaccio, cette colline artificielle, composée uniquement de vases brisés, devenait le théâtre de banquets et de danses; l'impétueuse saltarelle y était renouvelée du matin jusqu^au soir par des couples infatigables.

On se rassemble encore à la villa Borghèse, près du petit lac, sous les chênes verts, dans la partie réservée que le prince livre au public ; on y fait des courses de chevaux, — un peu fastueusement appelées Olympiques, — autour du cirque charmant au-dessus duquel s'inclinent les cimes élégantes des pins. Les peupliers plantés dans Tarène représentent, par des obélisques de verdure, ceux qui décoraient les cirques romains.

Sur des tertres gazonnés sont assises un

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