ACTE PREMIER
B R I AC , étonné.
Comment !
ROBERT
Je m’y trouve si bien!
LA BARONNE
Vous ne retournerez plus en Amérique ?
ROBERT
Non, ma cousine.
BRIAC
Tu ne peux pas abandonner ton poste.
ROBERT
J’ai donné ma démission.
BRIAC*, stupéfait.
Toi?
LA BARONNE
Vous I
ROBERT
Ce matin même. Et voilà pourquoi je suis arrivé en retard.
LA BARONNE
Ainsi, Robert, vous restez près de nous?
ROBERT
Je reste en France.
L A BARONNE
Que VOUS disais-je, Adrienne?
Je cherche ce qui a pu te faire prendre une pareille résolution.
ROBERT
Ne cherche pas, je vais te le dire ; j’aime Paris, (a s’assied.)
BRIAC, s'asseyant aussi.
Tu le détestais en arrivant. (Adrienne va s’asseoir sur le canapé prés de ia table.)
ROBERT*
Oui, j’ai eu le cœur serré un instant; je n’ai plus retrouvé mes souvenirs, les confidents de ma jeunesse, la maison où ma pensée a vécu, mes promenades, mes pauvres vieilles rues que je connaissais si bien, où j'allais si léger, si confiant, si heureux! — Ma vie d’autrefois n’y est plus, c’est une ville nouvelle où tout est aligné, où tout est effacé, où tout se ressemble, mais c’est encore Paris, c’est toujours Paris. Et vois-tu, Briac, quand on est à deux mille lieues de Paris, on s’imagine qu’il est possible de ne pas l’aimer; quand on le revoit, on l’adore.
BRIAC
Alors, tu ne le quitteras plus?
Le moins possible.
LA BARON XE, avec transport et allant à Robert.
Vous ne nous quitterez plus! Tenez, Robert, je ne puis résister à la joie d’aller porter cette bonne nouvelle à mad..., à quelques amis dévoués, qui comprendront mon bonheur et le partageront. Je vais vous laisser la liste de vos invités.
ROBERT
Oh! c’est Inutile.
LA BARONNE
Vous aurez peut-être quelques personnes à ajouter. (Eiie
va ft la table et cause avec Adrieene.)
' BRIAC
Une position superbe! Un avenir magnifique!
ROBERT
On dirait que tu ne m’approuves pas, mon bon Briac.
BRIAC
Certes, je ne t’approuve pas, et si tu voulais un conseil...
ROBERT, riant.
Ma démission est acceptée.