ACTE PREMIER
BRI AC
Très-bien. Mais, puisque tu n’es plus ministre plénipotentiaire, il n’est pas nécessaire que je reste consul, moi.
ROBERT
Rien ne t’y oblige.
BRI AC
Alors, pourquoi me demandes- tu encore des renseignements?
ROBERT
C’est la dernière fois, ma dernière affaire, une affaire de bon citoyen plutôt que de diplomate. Il faut que les honnêtes gens se soutiennent un peu plus qu’ils ne le font, et quand ils voient passer des fripons de bonne compagnie, comme M. de Senoncourt. ,
LA BARONNE, se rapprochent vivement.
Senoncourt!
ROBERT
Un très-habile financier français qui a fondé une société par actions.
LA BARONNE
Les mines du Haut-Pérou?
ROBERT
Précisément. Ce Senoncourt a obtenu la concession de mines de cuivre et d’argent, à Taridja, — mines excellentes, ma foi! et qui seraient très-productives en des mains laborieuses; mais il a si peu exploité les mines et il a lancé des prospectus si effrontément fantastiques, que, pour l’honneur de mon pays, que je représentais là-bas, je me crois obligé de crier au voleur.
Tu as raison.
BRIAC
LA BARONNE
Mais j’ai des actions, moi I
ROBERT, riant.
Vraiment? Eh bien, ma chère baronne, si vous avez quelque conscience, ne les vendez pas : elles ne valent rien.
LA BARONNE
Permettez... si elles ne valent rien... Qu’en pensez-vous, monsieur de Briac?
ROBERT
Briac n’est pas au courant.
Êtes-vous bien sûr que son prospectus exagérait?
ROBERT, riant.
Vous en doute??
LA BARONNE
C’est que j’ai acheté ces actions sur les conseils d’un homme très-expert, un grand financier, que M. de Briac connaît bien, puisqu’il est à peu près son associé.
ROBERT, étonné.
Briac est l’associé d’un grand financier?
BRIAC, embarrassé.
C’est-à-dire...
LA BARONNE, h Briac.
Je parle de M. Maubray. (Briac et Robert se lèvent.)
ROBERT, vivement.
Maubray I le banquier Maubray !
LA BARONNE
L’ami Intime de M. de Briac.
ROBERT, regardant Briac.
11 est l’ami de Briac?
LA BARONNE, è part.
Je vais vendre.— Adrienne, aliez embrasser votre oncle.