‹ Christiane comedie en quatre actes, en proseChapitre 124 sur 128 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

ROBERT

Si le marquis de Kerhuon vous demandait pour son fils la main de mademoiselle Maubray?

U AUBRAY

11 me l’a demandée.

ROBERT, à part.

J’en étais sûr!

MAUBRAY, arec ironie.

11 a eu cette grandeur d’âme. — Quand un Kerhuon compromet une jeune fille, peu importe le père! — 11 l’épouse. — Le marquis m’a écrit.

ROBERT

Et vous hésitez?

MAUBRAY, froidement.

Je n’hésite pas, je refuse.

ROBERT

Vous refusez?

M AUBRAY

Ne suis-je pas engagé avec M. de Beaubriand?

ROBERT

Vous ne la marierez pas ainsi.

• MAUBRAY

Qui m’en empêcherait?

ROBERT

Qui? Vous-même, qui aurez pitié d’elle. Vous, qui songerez à ce que de pareilles unions préparent de luttes, de souffrances, de désespoirs.

MAUBRAY

11 n’y a ni souffrance, ni désespoir pour la femme loyale, qui respecte et honore son foyer. Vous jugez mal Christiane.

ROBERT

Et si je vous disais qu’elle aime Henry de Kerhuon?

Il serait étrange que vous connussiez mieux que moi les sentiments de ma fille.

ROBERT

Je les connais.

Vous?

Page 1