‹ Christianisme & spiritisme [electronic resource]Chapitre 12 sur 18 · X. — La Nouvelle Révélation ; la Doctrine DES Esprits · texte numérisé non relu

X. — La Nouvelle Révélation ; la Doctrine DES Esprits

Le spiritualisme moderne, avons-nous dit, est une forme nouvelle de l'éternelle révélation.

Pour nous, révélation signifie simplement l'action d'ôter un voile, de découvrir des choses cachées.

A ce point de vue, toutes les sciences sont des révélations, mais il en est une plus haute : celle des vérités morales, qui nous arrive par rintermédiaire des missionnaires célestes et, plus souvent, par les aspirations de la conscience.

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Tous les temps et tous les peuples ont eu leur part de révélation. Celle-ci n'est pas, comme certains le croient, un fait accompli à une époque, dans un milieu déterminés, et pour toujours. Elle est perpétuelle, incessante; c'est Toeuvre de l'esprit humain dans ses efforts pour s'élever, sous l'influence de l'esprit divin, vers la connaissance intégrale des lois et des choses. Cette influence se produit souvent à l'insu de l'homme. C'est par des moyens humains que Dieu agit sur l'humanité, aussi bien dans le domaine des faits historiques que dans celui de la pensée et de la science.

A mesure que l'histoire se déroule, à mesure que se déploie à travers les siècles la caravane immense de l'humanité, une lumière plus vive se fait en nous et autour de nous. La Puissance invisible qui, du sein des espaces, suit cette marche, selon notre degré d'évolution et de compréhension, nous dispense de nouvelles données sur le grand problème de l'univers et de la vie.

Les révélations des siècles passés ont fait leur œuvre. Elles ont toutes réalisé un progrès les unes sur les autres, marquant ainsi les étapes successives de l'humanité; mais elles ne répondent plus aux besoins de l'heure présente, car la loi du progrès opère incessamment et, à mesure que l'homme avance et s'élève, ses horizons

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doivent s'élargir. C'est pourquoi une dispensation plus complète que les autres se répand aujourd'hui sur le monde.

Il faut aussi se rappeler une chose : c'est que, si chaque grande époque a eu ses révélateurs, si de puissants Esprits sont venus apporter aux hommes, suivant les temps et les lieux, des éléments de vérité et de progrès, les germes qu'ils ont semés sont trop souvent restés stériles. Leurs doctrines, mal comprises, ont donné naissance à des religions qui s'excluent et se condamnent injustement, car toutes sont sœurs et reposent sur deux bases communes : Dieu et l'immortalité. Elles se fondront tôt ou tard en une vaste unité, lorsque les ombres qui enveloppent la pensée humaine se seront évanouies au soleil de la vérité.

A côté des messagers divins, beaucoup de faux prophètes se sont levés. De prétendus révélateurs ont cherché à s'imposer aux foules ; des doctrines confuses et contradictoires se sont répandues, au profit apparent de quelques-uns et, en réalité, au détriment de tous.

Aussi, pour prévenir de tels abus, la révélation nouvelle revêt un tout autre caractère. Elle n'est plus une œuvre individuelle et ne se produit pas dans un milieu circonscrit. Elle est donnée, sur tous les points du globe, à ceux qui la recher-

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chent, par Tintermédiaire de personnes de tout âge, de toute condition, de toute nationalité, au moyen de messages innombrables dont la valeur a été soumise au contrôle le plus rigoureux. Œuvre des grands Esprits de l'espace, qui viennent, par milliers, instruire et moraliser l'humanité, elle présente un caractère impersonnel et universel. Sa tâche est d'éclairer, de coordonner toutes les révélations du passé, contenues dans les livres sacrés des différentes races humaines et voilées sous le symbole et la parabole.

La révélation nouvelle, dégagée de toute forme matérielle, se manifeste directement à l'humanité, dont l'évolution intellectuelle est devenue suffisante pour aborder les hauts problèmes de la destinée. Préparée par les travaux des sciences naturelles, sur lesquelles elle s'appuie, et les connaissances lentement acquises par l'esprit humain, elle féconde ces travaux, ces connaissances et les relie par un lien puissant ; elle en forme un tout solide.

La révélation chrétienne avait succédé à la révélation mosaïque. Celle des Esprits vient les compléter toutes deux. Le Christ l'a annoncée (i),

(1) « Je prierai mon Père, qui vous donnera un autre con- « solateur, afin qu'il demeure avec vous éternellement ; « savoir, l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir

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et l'on peut ajouter qu'il préside lui-même à cet essor nouveau de la pensée.

Comme cette révélation n'a pas lieu par le canal de l'orthodoxie, nous voyons les Eglises établies la méconnaître ; il en a été de même de la révélation chrétienne vis-à-vis du sacerdoce juif. Le clergé chrétien se trouve aujourd'hui dans la même situation que les prêtres d'Israël, il y a deux mille ans, à l'égard du christianisme. Ce rapprochement historique doit leur donner à réfléchir.

Là révélation nouvelle se manifeste en dehors et au-dessus des Églises. Son enseignement s'adresse à toutes les races de la terre. Partout, les Esprits proclament les principes sur lesquels il s'appuie. Sur toutes les régions du globe passe ia grande voix qui rappelle l'homme à la pensée <le Dieu et de la vie future. Au-dessus des agitations stériles et des vaines discussions des partis, au-dessus des luttes d'intérêt et du conflit des passions, la voix profonde descend de l'espace et vient off*rir à tous, avec l'enseignement de la Parole, ia divine espérance et la paix du cœur.

C'est la révélation des temps prédits. Par elle, tous les enseignements du passé, partiels, res-

« encore, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point. » (Jea«, XIV, 16, 17.)

treints, limités dans leur action, sont surpassés, enveloppés. Elle utilise les matériaux qu'ils ont rassemblés : elle les réunit, les cimente, pour en former un vaste édifice où la pensée pourra se déployer à Taise. Elle ouvre une phase nouvelle et décisive à l'ascension de l'humanité.

Toutefois, on ne peut passer sous silence les nombreuses objections formulées contre la doctrine des Esprits. Malgré le caractère imposant de la nouvelle révélation, beaucoup n'ont vu en elle qu'un système de plus, une théorie spéculative. Même parmi ceux qui admettaient la réalité des phénomènes, il en est qui ont reproché aux spirites d'avoir édifié sur ces faits une doctrine prématurée et d'avoir ainsi amoindri le caractère positif du spiritualisme moderne.

Ceux qui tiennent ce langage n'ont pas compris la véritable nature du spiritisme. Celui-ci n'est pas, comme on le prétend, une doctrine hâtivement élaborée, encore moins une théorie préconçue ; il n'est que la conséquence logique des faits, leur couronnement nécessaire.

Depuis un demi-siècle, les communications établies avec le monde invisible n'ont cessé de nous fournir des indications, aussi nombreuses

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que précises, sur les conditions de la vie dans l'Au-delà. Les Esprits, dans les messages qu'ils nous adressent en abondance, soit par l'écriture automatique, soit par les dictées typtologiques, ou bien au cours d'entretiens à l'état de trance, en un mot par tous les moyens à leur disposition, les Esprits de tous ordres donnent des descriptions très détaillées de leur mode d'existence après la mort. Ils dépeignent leurs impressions à la séparation du corps, les déceptions ou les satisfactions qu'ils ont recueillies, suivant leur genre de vie sur la terre. De toutes ces descriptions, comparées les unes aux autres, contrôlées les unes par les autres, se dégage une connaissance très nette de la vie future et des lois qui la régissent.

Les Intelligences élevées, dans leurs rapports médianimiques avec les hommes, viennent compléter ces indications. Elles confirment les renseignements donnés par les Esprits moins avancés; s'élevant plus haut, elles nous exposent leurs vues, leurs opinions sur tous les grands problèmes de la vie et de la mort, sur l'évolution générale des êtres, sur les lois supérieures de l'univers. Toutes ces révélations concordent et s'unissent pour former une imposante philosophie.

On a cru voir certaines divergences de vues

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dans renseignement des Esprits ; ces divergences sont beaucoup plus apparentes que réelles. Elles consistent le plus souvent dans la forme, dans l'expression des idées et n'atteignent pas le fond même du sujet. Elles s'évanouissent devant un mûr examen. Nous en avons un exemple en ce qui touche la doctrine des réincarnations successives de l'âme.

On a fait de cette question une arme contre le spiritisme, parce que certains Esprits, en pays anglo-saxon, semblent nier la réincarnation des âmes sur la terre. Nous ferons remarquer que, partout, les Esprits affirment le principe des existences successives, avec cette seule réserve, dans le milieu assez circonscrit dont nous parlons, que la réincarnation s'efîectuerait non sur terre, mais sur d'autres mondes. Il n'y a donc là qu'une différence de lieu ; le principe reste intact.

Si les Esprits, dans quelques pays hantés de préjugés tenaces, ont dû passer sous silence, au début, quelques points de leur enseignement, n'était-ce pas, comme ils l'ont reconnu euxmêmes, pour ménager certaines vanités de race ou de couleur ? Ce qui le prouverait, c'est que le nombre des spiritualistes anti-réincarnationistes, en Amérique comme en Angleterre, va s'amoindrissant de jour en jour, alors que celui

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des partisans de la réincarnation n'a cessé de s'accroître.

Les Esprits qui se manifestent à nous, objectet-on encore, ne sont pas tous d'un ordre élevé. Certains font preuve de vues fort restreintes, de connaissances très imparfaites sur toutes choses. D'autres sont encore imbus des préjugés terrestres; leurs conceptions portent le reflet des milieux où ils ont vécu.

La mort ne nous change guère, comme nous Pavons dit (i). Il n'y a, dans notre course infinie, aucune transformation brusque. Ce n'est que lentement, à la suite d'existences nombreuses, que l'esprit se dégage de ses passions, de ses erreurs, de ses faiblesses, et s'élève vers la sagesse et la lumière.

De cet état de choses résulte nécessairement une grande variété, une grande diversité de situations parmi les Invisibles. Les communications des habitants de l'espace, comme leurs auteurs, sont de valeur très inégale et sujettes à contrôle. Elles doivent être passées au crible de la raison et du jugement.

Aussi, le spiritualisme moderne ne dogmatise pas, ne s'immobilise pas. Il n'a aucune prétention à l'infaillibilité. Quoique supérieur à ceux

(1) Voir chap. ix.

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qui l'ont précédé, l'enseignement spirite est progressif comme les Esprits eux-mêmes. 11 se développe et se complète, à mesure que, par l'expérience, le progrès se réalise dans les deux humanités, celle de la terre et celle de Pespace, humanités qui se pénètrent Tune l'autre, et dont chacun de nous doit faire partie tour à tour.

Les principes du spiritualisme moderne ont été exposés, établis, fixés par des documents nombreux, émanant des sources médianimiques les plus diverses, et d'une parfaite concordance entre eux. Allan Kardec et, après lui, tous les écrivains spirites se sont livrés à un long et minutieux examen des messages d'outre-tombe. C'est en groupant, en coordonnant ce que ceux-ci avaient de commun, qu'ils ont réuni les éléments d'un enseignement rationnel, fournissant une explication satisfaisante des problèmes restés insolubles avant lui. Cet enseignement est toujours vérifîable d'ailleurs, puisque la source d'où il émane ne tarit pas. La communication établie entre les hommes et les Esprits est permanente et universelle; elle s'affirmera de plus en plus avec les progrès de Phumanité.

S'il est vrai que les Esprits obscurs et arriérés abondent autour de nous, il ne faut pas perdre de vue que les âmes élevées, descendues des sphères de lumière, viennent aussi apporter à

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la terre ces sublimes enseignements, que Ton n'oublie plus, lorsqu'on les a entendus. On ne saurait se méprendre à leurs accents. Tous ceux qui ont eu la faveur d'entendre leurs instructions en gardent longtemps l'impression et le souvenir. Il est facile de comprendre que leur langage n'est pas de ce monde, mais vient de plus haut»,

A ces Esprits radieux se joignent souvent les âmes de nos proches, de ceux que nous avons aimés ici-bas, et dont le sort ne peut nous laisseri indifférents. Dès que l'identité de ces êtres si chers est établie à nos yeux, dès que leur personnalité s'affirme de mille manières, ne s'éveillet-il pas en nous un impérieux besoin de connaître les conditions de leur nouvelle vie?

Gomment rester sourds, insensibles à la voix de ceux qui nous ont bercés, portés dans leurs bras, de ceux qui ont été notre chair et notre sang? Cette affection qui nous unit à nos morts, ce sentiment qui nous élève au-dessus des poussières terrestres et nous distingue de l'animal, ne nous fait-il pas un devoir de recueillir pieusement, d'examiner, de propager tout ce qu'ils nous révèlent, touchant ces graves problèmes de la destinée, suspendus depuis tant de siècles au-dessus de la pensée humaine ?

Ceux qui ne veulent voir dans le spiritualisme moderne que le côté expérimental, le fait physi-

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que, qui en dédaignent les conséquences, ne préfèrent-ils pas la coquille à la noix, la reliure au contenu du livre ? Ne méconnaissent-ils pas le sage conseil de Rabelais, disant : « Rompez l'os^ « et sucez la moelle » ? Moelle fortifiante, en effets que cet enseignement ! l\ nous guérit de la peur de la mort ; il nous arme pour les luttes fécondes, pour la conquête des grands sommets intellectuels.

Le spiritisme a tout un côté scientifique ; il repose sur des preuves sensibles, sur des faits indéniables, mais ce sont surtout ses conséquences morales qui intéressent la grande majorité des hommes. L'expérimentation, Tanalyse minutieuse des faits, n'est pas à la portée de tous. Quand bien même le temps ne manquerait pas, il faut les agents, les moyens d'actioa et de contrôle. Les humbles, les petits, ceux qui forment la masse du peuple, ne disposent pas toujours de ce qui est nécessaire pour l'étude des phénomènes, et ce sont précisément ceux-là qui ont le plus besoin d'en connaître tous les fruits, toute la portée.

La doctrine des Esprits peut se résumer en trois points essentiels : la nature de l'être, ses^

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destinées, les lois supérieures de l'univers. Nous les aborderons successivement.

L'étude la plus nécessaire pour nous, c'est nous-mêmes. Ce qu'il nous importe de savoir avant tout, c'est ce que nous sommes. Or, ce problème est, de tous, celui qui était resté le plus obscur jusqu'ici. Aujourd'hui, la connaissance de la nature intime de l'homme se dégage aussi bien des communications dictées par les Esprits, que de l'observation directe des phénomènes du spiritisme et du somnambulisnie.

L'homme a deux corps : l'un de matière grossière, qui le met en relation avec le monde physique; l'autre, fluidique, par lequel il entre en rapport avec le monde invisible.

Le corps physique est périssable et s'évanouit à la mort ; c'est un habillement revêtu pour la durée de notre voyage terrestre. Le corps fluidique est indestructible, mais il s'affine et s'épure avec les progrès de l'âme, dont il est l'enveloppe permanente, inséparable. On doit voir en lui le corps véritable, le type de la création corporelle, le canevas sur lequel se développe le plan de la vie physique. C'est sur lui que se modèlent les organes, que se groupent les cellules ; c'est lui qui en assure le fonctionnement. Le périsprit ou corps fluidique est l'agent de toutes les mani-

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festations de la vie, aussi bien sur terre, pour l'homme, que dans l'espace, pour l'Esprit. Il contient la somme de vitalité nécessaire à l'être pour renaître et se développer.

Les connaissances accumulées au cours de nos vies antérieures, les souvenirs de nos existences passées, se capitalisent et s'enregistrent dans le périsprit. Exempt des mutations constantes subies parle corps matériel, il est le siège impérissable de la mémoire et assure sa conservation.

Le plan admirable de la vie se révèle dans la constitution intime de l'être humain. Destiné à habiter alternativement deux mondes différents, son organisme devait contenir tous les éléments susceptibles de le mettre en relation avec ces mondes, et d'y faciliter son œuvre de progression. Non seulement nos sens actuels sont appelés à se développer, mais le périsprit renferme, en outre, les germes de sens nouveaux, qui écloront et se manifesteront au cours de nos existences futures, et élargiront de plus en plus le champ de nos sensations.

Nos modes de perception sont en corrélation avec notre degré d'avancement, et en rapport direct avec le milieu que nous habitons. Tout s'enchaîne et s'harmonise dans la nature physique comme dans l'ordre moral des choses. Un

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organisme supérieur au nôtre n'aurait pas eu de raison d'être, sur un monde où l'homme vient essayer ses premiers pas, parcourir les premières étapes de sa route infinie. Cependant nos sens sont susceptibles d'un perfectionnement illimité. L'homme actuel possède tous les éléments de sa grandeur future ; par une progression croissante, il verra se manifester autour de lui, en toutes choses, des propriétés, des qualités qui lui sont encore inconnues. Il apprendra à connaître des forces, des puissances dont il ne soupçonne pas même l'existence, car il n'y a pas de rapports possibles entre elles et l'organisme imparfait dont il dispose aujourd'hui.

L'étude du périsprit nous montre, dès maintenant, comment l'homme peut vivre simultanément de la vie physique et de la vie libre de Pespace. Les phénomènes du somnambulisme, du dédoublement, de la vision, de l'action à distance, sont autant de modes de cette vie extérieure dont nous n'avons aucune conscience durant la veille. L'esprit, dans la chair, est comme un prisonnier dans son cachot ; l'état de somnambulisme et de médiumnité l'en fait sortir, lui permet d'étendre plus ou moins le cercle de ses perceptions, tout en le maintenant attaché par un lien à son enveloppe. La mort est sa complète hbération.

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A ces diverses formes delà vie correspondent \ des degrés divers de conscience et de connaissance, d'autant plus élevés que l'âme est plus libre et plus avancée sur l'échelle des perfections.

C'est en observant assidûment ces différents aspects de Texistence que l'on arrivera à la connaissance parfaite de l'être. L'homme cessera d'être pour lui-même un vivant mystère ; il ne sera plus, comme il l'est encore aujourd'hui, dépourvu de notions précises sur sa nature intime et son avenir.

La science officielle a le devoir d'étudier les sources profondes de la vie ; tant qu'elle bornera, ses observations au corps physique qui en est simplement la manifestation extérieure, super^ fîcielle, la physiologie et la médecine resteront frappées d'impuissance et de stérilité.

Nous avons vu, par certaines expériences de photographie et de matérialisation, comment le corps fluidique émet des vibrations, des radiations variant de forme et d'intensité, selon l'état mental de Topérateur. C'est la démonstration positive de ce fait, affirmé par les messages d'outre-tombe : la puissance de rayonnement de l'esprit, l'étendue de ses perceptions, sont toujours proportionnelles à son degré d'élévation. La pureté, la transparence de Tenveloppe fluidique sont, dans l'espace, les témoins irrécusa-

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bles de la valeur de l'âme ; l'affinage de ses éléments constitutifs, l'amplitude de ses vibrations augmentent avec son épuration. A mesure que la moralité se développe, de nouvelles conditions physiques apparaissent dans le corps fluidique.

Les pensées, les actions de l'être réagissent constamment sur son enveloppe, et, suivant leur nature, la rendent plus épaisse ou plus subtile. L'étude persévérante, la pratique du bien, l'accomplissement du devoir dans toutes les conditions sociales, sont autant de facteurs qui favorisent l'ascension de l'âme, accroissent le champ de ses sensations et la somme de ses jouissances. Par un entraînement intellectuel et moral prolongé, par des vies méritoires, des aspirations généreuses et de grands sacrifices, le rayonnement de l'esprit s'étend graduellement ; ses vibrations périspritales s'activent ; son éclat devient plus vif, en même temps que la densité de son enveloppe s'amoindrit.

Ces phénomènes se produisent en sens inverse chez les êtres enclins aux passions violentes ou aux plaisirs sensuels ; leur mode d'existence détermine dans le corps fluidique une augmentation de densité, une réduction des vitesses vibratoires, d'où viennent l'obscurcissement des sens^ et la diminution des perceptions dans la vie de

l'espace. En persistant dans le mal, Tesprit vicieux peut ainsi faire de son organisme un véritable tombeau, dans lequel il se trouvera comme enseveli après la mort, jusqu'à une nouvelle incarnation.

Le pouvoir, le bonheur, le rayonnement de l'esprit dépendant de l'épuration de son enveloppe, qui est elle-même la conséquence de son avancement moral, on comprendra dès lors comment l'être est l'artisan de son propre malheur ou de sa félicité, de son abaissement ou de son élévation. L'homme crée lui-même sa destinée par ses actes ; la répartition des facultés et des vertus n'est que le résultat mathématique des mérites, des efforts, des longs travaux de chacun de nous.

L'homme a deux corps, disions-nous, mais ces corps ne sont que des enveloppes, des vêtements, l'un subtil et persistant, l'autre grossier et de courte durée. C'est l'âme de l'homme qui est son moi pensant et conscient.

Nous appelons Esprit l'âme revêtue de son corps fluidique. L'âme est le centre de vie du périsprit, comme celui-ci est le centre de vie de l'organisme physique. C'est elle qui sent, pense et veut; le corps physique, joint au corps fluidique, constitue le double organisme à l'aide duquel elle agit sur le monde de la matière.

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La mort est Topération par laquelle ces éléments se séparent. Le corps physique se désagrège et retourne à la terre. L'âme, revêtue de sa forme fluidique, se retrouve libre, indépendante, telle qu'elle s'est faite elle-même, intellectuellement et moralement, au cours des existences parcourues. La mort ne la change pas ; elle lui rend seulement, avec la liberté, la plénitude de ses facultés, de ses connaissances, et le souvenir de ses vies antérieures. Elle lui ouvre les champs de l'espace. L'Esprit s'élance ; il s'élève d'autant plus haut que son essence est plus affinée, moins chargée des éléments impurs qu'y accumulent les passions terrestres et les habitudes matérielles.

Il y a donc pour l'esprit humain trois étals de vie : la vie dans la chair, l'état de dégagement ou de désincarnation partielle dans le sommeil, la vie libre de l'espace. Ces états correspondent aux milieux dans lesquels l'âme doit travailler à sa progression constante : le monde matériel et le monde fluidique ou supérieur. C'est en les parcourant, à travers des siècles sans nombre, qu'elle poursuit la réalisation en elle et autour d'elle du beau, du vrai, du bien, et conquiert l'amour qui la rapproche de Dieu.

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La loi de la destinée — les considérations qui précèdent nous le font comprendre — consiste dans le développement progressif de Pâme, qui édifie sa personnalité morale et crée elle-même son propre avenir ; c'est l'évolution rationnelle de tous les êtres, partis du même point pour aboutir aux mêmes sommets, aux mêmes perfections. Cette évolution se poursuit alternativement dans l'espace et à la surface des mondes, à travers des existences innombrables, reliées entre elles par la loi de cause à effet. La vie présente est, pour chacun de nous, Théritage du passé et l'enfantement de l'avenir. C'est une école et un champ de labeur; la vie de Pespace^ qui la suit, en est la résultante. L'Esprit y récolte, dans la lumière, ce qu'il a semé dans l'ombre et, souvent, dans la douleur.

L'Esprit se retrouve dans l'Au-delà avec ses acquisitions intellectuelles et morales, ses qualités et ses défauts, ses tendances, ses penchants, ses affections. Ce que nous sommes moralement en ce monde, nous le sommes encore dans l'autre ; de là vient notre bonheur ou notre souffrance. Nos jouissances sont d'autant plus vives que nous nous sommes mieux préparés à cette

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vie de l'espace, où l'esprit est tout et la matière peu de chose, où il n'y a plus de besoins physiques à satisfaire, plus d'autres joies que celles de l'intelligence et du cœur.

Pour les âmes attirées vers la matière, la vie de l'espace est une vie de privations et de misère ; c'est Tabsence de tout ce qui peut leur plaire. Les Esprits qui ont su s'affranchir des habitudes matérielles et vivre par les hautes facultés de l'âme, y trouvent, au contraire, un milieu conforme à leurs goûts, un vaste champ ouvert à leur activité. Il n'y a là, en réalité, qu'une large application de la loi des attractions et des affinités, rien que les conséquences naturelles de nos actes qui retombent sur nous.

Le développement graduel de l'être ouvre en lui des sources de plus en plus abondantes d'impressions et de sensations. A chaque conquête sur le mal, à chaque progrès nouveau, son cercle d'action s'étend, Thorizon de sa vie s'élargit. Après les sombres régions terrestres où régnent les vices, les passions, les fureurs, s'ouvrent pour lui les profondeurs étoilées, les inondes de lumière avec leurs enchantements, leurs splendeurs, leurs enivrantes harmonies. Après les vies d'épreuves, de larmes, de sacrifices, la vie heureuse, la joie des divines affections, les missions bénies au service de l'éternel Créateur.

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Par contre, le mauvais usage de nos facultés, la recherche des jouissances physiques, des satisfactions égoïstes, resserre nos horizons, accumule l'ombre en nous et autour de nous. Dans ces conditions, la vie de l'espace ne nous offre plus que ténèbres, gêne, inquiétude, avec la vision vague et confuse des âmes heureuses, le spectacle d'une félicité que nous n'avons pas su mériter.

L'âme, après un temps de repos dans l'espace, renaît dans la condition humaine ; elle y apporte les réserves et les acquis de ses vies antérieures. Par là s'expliquent les inégalités intellectuelles et morales qui différencient les habitants de notre monde. La supériorité native de certains hommes découle de leurs œuvres passées. Nous sommes de plus jeunes ou de plus vieux esprits; nous avons plus ou moins travaillé, plus ou moins acquis de vertus et de savoir. Ainsi, la variété infinie des caractères, des aptitudes et des goûts cesse d'être une énigme.

Cependant, l'âme réincarnée ne peut pas toujours utiliser, dans leur plénitude, ses puissances et ses facultés. Elle dispose ici-bas d'un organisme très imparfait, d'un cerveau qui n'a enregistré aucun des souvenirs d'autrefois. Elle ne peut trouver en eux toutes les ressources nécessaires à la manifestation de ses énergies

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cachées. Pourtant le passé reste en elle; ses intuitions et ses tendances en sont la révélation sensible.

Les facultés innées chez certains enfants, les jeunes prodiges : artistes, musiciens, peintres, savants, sont des témoignages éclatants de l'existence de cette loi. Parfois aussi des âmes géniales et orgueilleuses renaissent en des corps infirmes, souffreteux, pour s'humilier et acquérir les vertus qui leur manquaient : patience, soumission, résignation.

Toutes les existences pénibles, les vies de lutte et de souffrance s'expliquent par les mêmes raisons. Ce sont là des formes transitoires, mais nécessaires, de la vie immortelle; chaque âme les connaîtra à son tour. L'épreuve et la souffrance sont autant de moyens de réparation, d'éducation, d'élévation; c'est par elles que l'être efface un passé coupable et regagne le temps perdu. Par elles, les caractères se trempent, l'expérience s'acquiert, l'homme se prépare à des ascensions nouvelles. L'âme qui souffre cherche Dieu, songe à le prier, et par cela même se rapproche de Lui.

En revenant en ce monde, chaque être humain perd le souvenir de son passé; celui-ci, enregistré dans le périsprit, disparaît momentanément sous l'enveloppe charnelle. C'est là une néces-

sité physique ; c'est là aussi une des conditions morales de l'épreuve terrestre que l'esprit vient de nouveau affronter ; revenu à l'état libre, dégagé de la matière, il retrouve la mémoire des nombreuses étapes parcourues.

Cet oubli temporaire de nos existences antérieures, ces alternances de lumière et d'obscurité qui se produisent en nous, tout étranges qu'ils paraissent à première vue, s'expliquent aisément. Si la mémoire actuelle ne nous permet pas de nous rappeler nos plus jeunes années, il n'est pas étonnai^t que nous ayons oublié des vies séparées entre elles par un long séjour dans l'espace. Les états de veille et de sommeil par lesquels nous passons chaque jour, de même que les expériences de somnambulisme et d'hypnotisme, nous prouvent que l'on peut oublier momentanément son existence normale, sans perdre pour cela sa personnalité. Des éclipses de même nature, touchant nos existences passées, n'ont donc rien d'invraisemblable. Notre mémoire se perd et se ressaisit à travers l'enchaînement de nos vies, comme pendant la succession des jours et des nuits qui composent l'existence actuelle.

Au point de vue moral, le souvenir de nos vies précédentes causerait, ici-bas, de profondes perturbations. Tous les criminels, renaissant pour se racheter, seraient reconnus, rejetés, méprisés;

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eux-mêmes seraient terrifiés et comme hypnotisés par leurs propres souvenirs. La réparation du passé serait rendue impossible; l'existence deviendrait insupportable. Il en serait de même, à des degrés divers, de tous ceux dont le passé est souillé. Les souvenirs antérieurs introduiraient dans la vie sociale des causes de haine, des éléments de discorde, qui aggraveraient la situation de Thumanité et rendraient toute amélioration irréalisable. Le lourd fardeau des erreurs et des fautes, la vue des actes honteux inscrits sur les pages de son histoire, accableraient l'âme et paralyseraient son initiative. Dans ceux qui Tentourent, elle pourrait reconnaître des ennemis, des persécuteurs, des rivaux ; elle sentirait se réveiller et s'attiser en elle les mauvaises passions que sa nouvelle existence a pour but de détruire, ou tout au moins d'atténuer.

La connaissance des existences passées perpétuerait en nous, non seulement la succession des faits qui les composent, mais encore les habitudes routinières, les vues étroites, les manies puériles, obstinées, afférentes aux diverses époques, et qui opposent un grand obstacle à Tessor de l'humanité. On en trouve encore les traces chez beaucoup d'incarnés. Que serait-ce, sans l'oubli qui nous dégage momentanément de ces entraves, et permet à une éducation nou-

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velle de nous réformer, de nous préparer à des tâches plus hautes ?

Quand on considère mûrement toutes choses, on reconnaît que PefFacement temporaire du passé est indispensable à l'œuvre de réparation, et que la Providence, en nous privant ici-bas de nos lointains souvenirs, a tout disposé avec une profonde sagesse.

Les âmes s'attirent en raison de leurs affinités ; elles forment des groupes ou familles dont les membres se suivent et s'entr'aident, à travers leurs incarnations successives. Des liens puissants les unissent; de nombreuses vies^ parcourues en commun, leur procurent ces similitudes de vues et de caractère que Ton rencontre dans tant de familles. Il est des exceptions. Certains Esprits changent parfois de milieu pour progresser plus rapidement. En ceci, comme dans tous les actes importants de la vie, il y a une part réservée à la libre volonté de l'être, qui peut, dans une certaine mesure, et selon son degré d'élévation, choisir la condition où il renaîtra ; il y a aussi la part du destin ou de la loi divine qui, d'en haut, fixe Tordre des renaissances.

La pluralité des existences de l'âme et son

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ascension sur l'échelle des mondes constituent le point essentiel des enseignements du spiritualisme moderne. Nous avons vécu avant la naissance et nous revivrons après la mort. Nos vies sont les étapes successives du grand voyage que nous poursuivons dans notre marche vers le bien, vers la vérité, vers la beauté éternelle.

Par la doctrine des préexistences et des réincarnations, tout se lie, s'éclaire, se comprend ; la justice divine apparaît; l'harmonie se fait dans l'univers et dans la destinée.

L'âme n'est plus formée de toutes pièces par un Dieu capricieux, qui distribue, au hasard de sonbon plaisir, le viceou la vertu, le génie oul'imbécillité; créée simple et ignorante, elle s'élève par ses propres œuvres, s'enrichit elle-même en récoltant dans le présent les fruits de ses vies antérieures, et elle sème pour ses vies futures.

L'âme construit donc sa propre destinée ; degré à degré, elle monte, de l'état inférieur et rudimentaire jusqu'à la plus haute personnalité, de l'inconscience du sauvage jusqu'à la supériorité de ces êtres sublimes qui illuminent la route de l'histoire, et passent sur terre comme un rayon divin.

Ainsi considérée, la réincarnation devient une vérité consolante et fortifiante, un symbole de paix entre les hommes; elle montre à tous la voie

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du progrès, la grande équité d'un Dieu qui ne punit pas éternellement, mais permet au coupable de se racheter par la douleur. Bien qu'inflexible, cette loi sait proportionner la réparation à la faute et, après le rachat, elle nous montre le relèvement. Elle resserre la fraternité humaine en apprenant à ceux qui pourraient être choqués par les inégalités sociales et les différences de condition, qu'en réalité tous les hommes ont la même origine et le même avenir. Il n'y a ni déshérités, ni favorisés, puisque le résultat final sera le même pour tous, si tous savent le conquérir.

La loi de réincarnation met un frein aux passions, en nous montrant les conséquences de nos actes, de nos paroles, de nos pensées, rejaillissant sur notre vie présente et sur nos vies futures, pour y semer des germes de malheur ou de félicité. Par elle, chacun apprend à veiller sur soimême, à se tenir sur ses gardes, à préparer soigneusement l'avenir.

L'homme qui a compris toute la grandeur de cette doctrine, ne pourra plus accuser Dieu d'injustice et de partialité. Il saura que chacun est à sa place en ce monde, que toute âme est assujettie aux épreuves qu'elle a méritées ou désirées. Il remerciera l'Eternel de lui donner, par les renaissances, le moyen de réparer ses fautes et

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d'acquérir, par un travail constant, une parcelle de sa puissance, un reflet de sa sagesse, une étincelle de son amour.

Telle est la destinée de l'âme humaine, née dans la faiblesse, dans la pénurie des facultés et des moyens d'action, mais appelée, en s'élevant, à réaliser la vie en elle dans sa plénitude, à conquérir toutes les richesses de l'intelligence, toutes les délicatesses du sentiment, à devenir un jour collaboratrice de Dieu.

C'est là le rôle de l'être et son but grandiose : collaborateur de Dieu, c'est-à-dire destiné à réaliser autour de lui, par des missions de plus en plus imposantes, l'ordre, la justice, Tharmonie, à attirer à lui ses frères inférieurs, à les entraîner vers les sommets divins, à monter avec eux, de cercle en cercle, vers l'objectif suprême, vers Dieu, l'Être parfait, loi vivante et consciente de l'univers, foyer éternel d'amour et de vie.

Cette participation à l'œuvre infinie est d'abord bien inconsciente ; l'être collabore sans le savoir, et souvent sans le vouloir, à l'ordre universel ; puis, à mesure qu'il parcourt sa voie, cette collaboration devient de plus en plus consciente. Peu à peu sa raison s'éclaire; l'âme saisit l'harmonie profonde des choses; elle en pénètre les lois et s'y associe étroitement par ses actes. Plus ses facultés se développent, plus ses qualités affec-

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tives s'accroissent, et plus s'affirme et s'accentue sa participation au divin concert des êtres et des mondes.

Cette ascension de l'âme, édifiant elle-même son avenir et conquérant ses grades, ce spectacle de la vie individuelle et collective qui se déroule d'étapes en étapes à la surface des terres de l'espace, progressant et se perfectionnant toujours pour s'élever vers Dieu, nous font mieux comprendre l'utilité de la lutte, la nécessité de la douleur pour l'éducation etTépuration des êtres.

Toutes les âmes qui vivent dans les régions matérielles sont plongées dans une sorte de léthargie. Leurintelligence engourdie sommeille, ou bien, indilTérente, elle flotte à tous les vents de la passion. Bien peu entrevoient le but. Il faut pourtant que ces âmes s'éveillent à la vérité, que ces intelligences s'ouvrent aux sensations du bien et du beau. Toutes doivent atteindre les mêmes hauteurs, ^clore et s'épanouir sous les rayons du soleil divin. Or, que serait une existence unique, isolée, pour l'accomplissement d'un tel labeur? De là, la nécessité des étapes nombreuses, des vies de difficultés et d'épreuve, afin que ces âmes s'affinent et que les puissances endormies en elles se réveilleut, entrent en action.

C/estpar l'aiguillon de la lutte et des besoins,

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par la joie et la douleur, par les soucis, les regrets, les remords dont la vie humaine est tissée, c'est à travers les chutes et les relèvements^ les reculs et les ascensions, les coups d'ailes dans Tazur etles descentesbrusques dans l'abîme, c'est par toutes ces alternatives que Tàme se développe, que les humanités sortent de leur gangue de bestialité et d'ignorance. Par la souffrance les âmes s'épurent, s'ennoblissent, s'élèvent à la haute conception des lois et des choses, s'ouvrent à la pitié, à la bonté.

Ainsi se résout le problème du mal. Le mal n'est qu'un effet de contraste; il n'a pas d'existence propre. Le mal est au bien ce que l'ombre est à la lumière. Nous n'apprécions celle-ci qu'après en avoir été privés; de même, sans la peine, nous ne pourrions connaître la joie; sans la privation, nous ne pourrions vraiment goûter le bien acquis, les satisfactions obtenues.

Tout s'explique et s'éclaire dans l'œuvre divine, quand on la considère de haut. La loi du progrès régit la vie infinie et fait la splendeur de l'univers. Les luttes de l'esprit contre la matière, son ascension par la douleur, telle est l'épopée grandiose que les cieux racontent à la terre, et que la voix des Invisibles répète à tous ceux qui ont soif de vérité. C'est l'enseignement qu'il faut répandre, afin de montrer à tous l'enchaînement

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des effets et des causes et, avec lui, la solidarité des êtres et l'amour divin qui enveloppe toute la création.

Envisagé ainsi, le problème de la destinée n'est plus que l'application logique et la consécration de cette loi d'évolution dont tant de penseurs, à notre époque, ont eu, suivant leur état d'esprit, ou l'intuition confuse ou la claire vision. C'est la loi supérieure qui régit toutes choses.

Le plan général de l'univers nous est apparu dans l'exposé qui précède. Nous n'avons plus qu'à en préciser les points essentiels.

L'enseignement des Esprits nous montre partout l'unité de loi et de substance. Par cette unité, l'ordre et l'harmonie régnent dans l'œuvre éternelle.

Le monde invisible ne se distingue du monde visible que par rapport à nos sens. L'invisible est la continuation, le prolongement naturel du visible. Dans leur unité, ils forment un tout inséparable; mais c'est dans l'invisible qu'il faut chercher le monde des causes, le foyer de toutes les activités, de toutes les forces subtiles du Cosmos.

La force ou énergie, nous dit la science.

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meut la matière et dirige les astres dans leur course. Qu'est-ce que la force ? D'après la révélation nouvelle, elle n'est que l'agent, le mode d'action d'une volonté supérieure. C'est la pensée de Dieu, qui donne le mouvement et la vie à l'univers !

Tous ceux qui ont trempé leurs lèvres à la coupe du spiritualisme moderne savent que les grands Esprits de l'espace sont unanimes à reconnaître, à proclamer l'Intelligence suprême qui gouverne les mondes. Ils ajoutent que cette Intelligence se révèle plus éclatante à mesure que Pon gravit les degrés de la vie spirituelle. S'ils émettent des conceptions diverses, plus ou moins étendues sur l'Être divin, c'est que les Esprits, comme les hommes, sont inégalement développés et ne peuvent tous voir de la même manière.

Les écrivains et les philosophes spirites, depuis Allan Kardec jusqu'à nos jours, affirment tous l'existence d'une Cause immanente dans l'univers .

« Il n'y a pas d'effet sans cause, » — a dit Kardec — « et tout effet intelligent a forcément une « cause intelligente. »

C'est l'axiome sur lequel repose le spiritisme tout entier. Appliqué aux manifestations d'outretombe, il démontre l'existence des Esprits. De

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même, si nous l'appliquons à l'élude du monde et des lois universelles, il démontrera la nécessité d'une cause intelligente. C'est pourquoi l'existence de Dieu constitue un des points essentiels de l'enseignement spirite. Il suffît de constater qu'il y a de l'intelligence et de la conscience dans les êtres créés, pour les retrouver dans la source créatrice, dans celte Unité suprême qui n'est pas la cause première, comme le disent les uns, ni une cause finale, comme le pensent les autres, mais la Cause éternellement agissante d'où émane toute vie.

La solidarité qui relie tous les êlres n'a d'autre centre que cette Unité universelle et divine; tous les rapports viennent aboutir en elle pour s'y fondre et s'harmoniser. Par elle seule, nous pouvons connaître le but de la vie et ses lois, puisqu'elle est la raison d'être et la loi vivante de l'univers. Elle est en même temps la base et la sanction de toute morale. Dès que Ton étudie le problème de l'Au-delà, la situation de l'esprit après la mort, on se trouve en présence d'un état de choses réglé par une loi de justice, qui s'exécute d^elle-même, sans tribunal et sans jugement, mais à laquelle n'échappe aucune de nos pensées, aucun de nos actes. Et cette loi, qui révèle une Intelligence directrice du monde moral, est en même temps la source de

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toute vie, de toute lumière, de toute perfection.

L'idée de loi est inséparable de l'idée d'intelligence. Sans cette notion, les lois universelles seraient dénuées de point d'appui. On nous parle souvent des lois aveugles de la nature. Que signifie cette expression ? Des lois aveugles ne pourraient agir qu'au hasard. Le hasard, c'est l'absence de plan, de direction intelligente ; c'est la négation même de toute loi. Le hasard est incapable de réaliser l'unité et l'harmonie; il produit seulement l'incohérence et la confusion. A^ssi une loi ne peut être que la manifestation d'une intelligence souveraine, l'œuvre d'une pensée supérieure. C'est la pensée seule qui a pu disposer, agencer, combiner toutes choses dans l'univers. Et la pensée exige l'existence d'un être qui en est le générateur.

Les lois universelles ne sauraient reposer sur une chose aussi mobile et changeante que le hasard. Elles doivent nécessairement s'appuyer sur un principe immuable, ordonnateur et régulateur. Privées du concours d'une volonté directrice, ces lois seraient aveugles, comme disent les matérialistes; elles iraient à la dérive, elles ne seraient plus des lois.

Tout, les forces et les êtres, les mondes et les humanités, tout est gouverné par l'intelligence. L'ordre et la majesté de l'univers, la justice,

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l'amour, la liberté, tout repose sur des lois éternelles, et il n'y a pas de lois éternelles sans une raison supérieure, source de toute loi. C'est pourquoi aucun être, aucune société ne peut se développer et progresser sans l'idée de Dieu, c'est-à-dire sans justice ni amour, sans liberté ni raison, car Dieu, représentant l'éternité et la perfection, est la base essentielle de tout ce qui fait la beauté, la grandeur de la vie, la magnificence de l'univers.

Bien des malentendus ont divisé le monde sur ces questions; le spiritualisme moderne vient les dissiper. Jusqu'ici, les matérialistes cherchaient le secret de la vie universelle où il n'est pas : dans les effets; les chrétiens, de leur côté, le cherchaient en dehors de la nature. Nous comprenons aujourd'hui que la cause éternelle du monde n'est pas extérieure au monde; elle lui est intérieure; elle en est l'âme, le foyer, comme notre âme est le foyer de la vie en nous.

L'ignorance de ces choses est la principale cause de nos errements ; elle pousse l'homme et la société à des actes dont les conséquences accumulées les écrasent.

Trop longtemps, on a considéré l'œuvre divine et les lois supérieures au point de vue étroit de la vie présente et du cadre restreint de la terre,, sans comprendre que c'est dans l'enchaînement

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de nos vies successives et dans la collectivité des mondes, que se révèlent l'universelle harmonie, l'absolue justice et la grande loi de Tévolutiom des êtres vers Dieu, le Bien parfait.

L'œuvre divine ne saurait être mesurée m dans le temps, ni dans Tétendue. Elle s'épanouit dans les cieux en gerbes de soleils, et se manifeste sur terre aussi bien dans l'humble fleurette que dans les géants des forêts. Dieu est infini; la création est éternelle. On ne peut se figurer la création sortie du néant, car le néant n'est pas.! Dieu n'a rien pu tirer d'un impossible néant, ni rien créer en dehors de son infinité. La création est incessante; Punivers, immuable dans soa tout, est en voie de transformation constante dans ses parties.

Avec tous ses mondes visibles et invisibles, ses espaces célestes, ses populations planétaires et sidérales, l'univers nous représente un immense atelier, où tout ce qui se meut et respire travaille à la production, à l'entretien et au développement de la vie. Chaque globe roulant dans r étendue est la demeure d'une société humaine, La terre n'est qu'une des plus chétives planètes delà grande hiérarchie des mondes; la société terrestre, une des plus inférieures. Mais ellemême se perfectionnera, et notre sphère deviendra un séjour heureux. De plus nobles aspirations

porteront Thumanité dans les voies de la rénovation graduelle et du progrès moral.

Tout se transforme et se renouvelle par le rythme incessant de la vie et de la mort. Tandis que des astres s'éteignent, d'autres s'allument au sein des espaces. C'est ce qui a fait dire au poète qu'il y a des berceaux et des tombes dans le ciel. Comme l'homme, les mondes naissent, vivent et meurent; les univers se dissolvent, toutes les formes passent et s'évanouissent, mais la vie infinie subsiste dans son éternelle splendeur.

De même, la chaîne de nos existences déroule, dans la suite des siècles, ses anneaux ternes ou brillants. Les événements se suivent, sans liaison apparente, et cependant Pinfaillible Justice en fixe le cours d'après des règles immuables. Tout se relie, dans le domaine moral comme dans l'ordre matériel.

Un plan admirable s'exécute : Dieu seul en connaît l'ensemble. Nous n'en voyons que quelques lignes, et cette vue est un éblouissement. Cette compréhension des choses divines s'accroîtra avec nos progrès, à mesure que nos facultés et nos sens, en grandissant, nous ouvriront des perspectives nouvelles sur les mondes supérieurs.

Comparez les conceptions du passé : la terre, centre de Punivers, seule planète habitée; l'uni-

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que et courte vie de rhomme, perdue dans l'infini des temps et d'après laquelle il est jugé, et son sort fixé pour Téternité ; comparez-les à cette révélation des espaces, à cet univers sans bornes, peuplé de soleils, avec leurs cortèges de mondes secondaires, les cités, les peuples, les humanités innombrables qui les couvrent avec les civilisations variées et les œuvres merveilleuses que l'esprit y enfante. Pensez à cet avenir de l'àme, destinée à renaître de vies envies sur ces mondes, à les gravir un à un, comme les degrés d'une colossale ascension, participant à des états sociaux tellement supérieurs aux nôtres que rien, dans nos faibles conceptions terrestres, ne peut nous en donner l'idée. Et l'âme, dans ses pérégrinations infinies, acquiert toujours des qualités nouvelles, des puissances grandissantes, qui la rendront apte à jouer un rôle de plus en plus "élevé dans l'univers.

Ainsi, ni élus, ni réprouvés. L'humanité ne se divise pas en deux parties : ceux qui sont sauvés et ceux qui sont perdus. Le chemin du salut par le progrès est ouvert à tous. Tous le parcourent d'étapes en étapes, de vies en vies ; tous s'élèvent vers la paix et la félicité, par le travail et par l'épreuve. Toutes les âmes sont perfectibles et susceptibles d'éducation; elles doivent parcourir les mêmes voies et parvenir de la vie inférieure

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§ fa plénitude du savoir, de la sagesse et de la vertu. Elles ne sont pas également avancées, mais toutes graviront, tôt ou tard, les pentes ardues conduisant aux sommets radieux que l)aigne Péternelle lumière.

La pensée divine préside à cet ordre majestueux; elle veille à l'accomplissement de ses lois, à rélévation de la vie renaissante. Au-dessus de tout, règne la Puissance infinie, qui anime Funivers de son souffle et le réchauffe de son amour.

Bien des hommes ferment leur âme à la conception de Dieu ; ils se refusent à voir, à admettre ia Puissance éternelle qui rayonne à travers la mature entière.

Le soleil brille sur les eaux; ses rayons tremblants caressent la vague endormie. Du ciel, il Tient éclairer la mer apaisée; il allume des millions d'étincelles à la crête des flots. Tout être qui se meut au sein des eaux peut l'apercevoir, îl lui suffit de faire effort pour quitter les profondeurs et se baigner dans ses rayons. S'il refuse de quitter sa sombre demeure, s'il se complaît dans ses ténèbres, le rayon n'en existera-t-il pas moins ?

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Il en est ainsi du grand Foyer divin. Sans la pensée de Dieu qui illumine les profondeurs du Cosmos, sans cette impérissable lumière, tout resterait noyé dans Tombre. Mais cette pensée n'apparaît dans tout son éclatqu'auxêtres devenus dignes de la comprendre, à ceux dont le sens intime s'est ouvert à la grande voix de l'infini, à ce souffle qui passe sur les mondes, féconde les âmes et les univers.

Dieu, dans sa pure essence, nous disent les Esprits, est comme un océan de flamme. Dieu n'a pas de forme, mais il peut en revêtir une pour apparaître à ses élus. C'est la récompense accordée aux grands dévouements, aux existences de sacrifice et de renoncement. Il y a là une sorte de matérialisation, bien difl*érente de tout ce que nous pouvons supposer. Même sous cet aspect sensible, la majesté de Dieu est telle, que les plus purs Esprits peuvent à peine en supporter l'éclat; ils ont le privilège de contempler la Divinité sans voile, et déclarent que le langage humain est trop pauvre pour permettre de donner une description, si affaiblie soit-elle, du Foyer divin.

Dieu voit tout, connaît tout, jusqu'aux plus secrètes pensées. Comme l'esprit est partout dans le corps, Dieu est partout dans l'univers, en rapport avec tous les éléments de la création.

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Son amour enveloppe et relie tous les êtres, dont il a fait, en les appelant à la vie, les artisans de son œuvre éternelle. Sa sollicitude s'étend jusqu'aux plus humbles et aux plus obscurs, car tous sont issus de Lui. Aussi tous^ à défaut d'une haute intelligence et d'une raison exercée, tous peuvent connaître et sentir Dieu par les puissances du cœur.

Ce qui caractérise, par-dessus tou^t, l'âme humaine, c'est le sentiment. Par là, l'homme s'attache à ce qui est bon, beau et grand, à ce qui deviendra son soutien dans le doute, sa force dans la lutte, sa consolation dans Tépreuve. Et tout cela révèle Dieu. Le beau et le bien ne se rencontrent en nous qu'à l'état partiel et borné. Ils ne peuvent exister qu'à la condition de retrouver leur source, leur principe, leur plénitude dans un Être qui les possède à l'état supérieur, à Tétat infini. C'est ce qu'ont senti instinctivement toutes les générations, toutes les multitudes qui reposent sous la poussière des âgesj aussi les élans de leurs pensées sont montés, dans tous les temps, vers cet Esprit divin qui plane au-dessus de toutes les religions et de tous les systèmes, vers cette Ame du monde, honorée sous tant de noms divers. Cause unique, d'où tout émane, où tout retourne, éternellement.

Dieu est la grande Ame universelle, dont

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chaque âme humaine est un rayonnement, une étincelle. Chacun de nous possède, à l'état latent, des forces émanées du Foyer divin; il peut les développer en s'unissant étroitement à la Cause dont il est l'effet. Par l'élévation de nos pensées vers Dieu, par la prière, jaillissant des profondeurs de l'être et reliant la créature au Créateur, il se produit une pénétration continue, une fécondation morale, un épanouissement des richesses cachées en nous. Mais l'âme humaine s'ignore elle-même; faute de connaissance et de volonté, elle laisse ses puissances intérieures endormies. Au lieu de commander à la matière, elle en subit trop souvent la domination; là est la source de ses maux, de ses épreuves, de ses faiblesses.

C'est pourquoi le spiritualisme moderne vient dire à tous : Hommes, élevez-vous par la pensée au-dessus des choses terrestres ; élevez-vous assez haut pour comprendre que vous êtes les enfants de Dieu, assez haut pour sentir que vous êtes reliés à Lui, à son œuvre immense, destinés à un but près duquel tous les autres sont secondaires; et ce but, c'est l'entrée dans la grande communion, dans la sainte harmonie des êtres et des mondes, qui ne se réalise qu'en Dieu et par Dieu !

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