‹ Christianisme & spiritisme [electronic resource]Chapitre 4 sur 18 · ORIGINE DES ÉVANGILES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES ÉVANGILES

de Jésus, la tradition chrétienne, orale et vivante, est comme une eau courante à laquelle chacun peut puiser. Elle est propagée par la prédication, par l'enseignement des apôtres, hommes simples, illettrés (i), mais qu'illumine la pensée du Maître.

Ce n'est que de Tan 60 à Tan 80 qu'apparaissent les premières relations écrites, celle de Marc d'abord, qui est la plus ancienne ; puis les premiers récits attribués à Matthieu et à Luc, tous écrits fragmentaires et qui vont s'accroître par des additions successives comme toutes les œuvres populaires (2).

C'est seulement vers la fin du premier siècle, de 80 à 98, qu'est né Tévangile de Luc, ainsi que celui de Matthieu, le primitif, actuellement perdu; enfin de 98 à 110, apparut, à Ephèse, l'évangile de Jean.

A côté de ces évangiles, seuls reconnus depuis par TEglise, un grand nombre d'autres voyaient le jour. On en connaît actuellement une vingtaine, mais, au troisième siècle, Origène en citait un nombre plus élevé. Luc y fait allusion

(1) A l'exception de Paul, versé dans les lettres.

(2) A. Sabatier, directeur de la section des hautes Études à la Sorbonne, les Évangiles canoniques, p. 5. L'Église a senti la difficulté de retrouver les véritables auteurs des Évangiles. De là, la formulé adoptée par elle : Évangile selon...

CHRISTIANISME ET SPIRITISME

dans le premier verset de Tœuvre qui porte son nom.

Pour quelle raison ces nombreux documents ont-ils été déclarés apocryphes et rejetés? Très probablement parce qu'ils étaient devenus gênants pour ceux qui, aux deuxième et troisième siècles, imprimèrent au christianisme une direction qui devait l'éloigner de plus en plus de ses formes primitives et, après avoir repoussé mille systèmes religieux qualifiés d'hérésies, devait aboutir à la création de trois grandes religions dans lesquelles la pensée du Christ gît cachée, ensevelie sous les dogmes efc les pratiques, comme en un tombeau (i).

Les premiers apôtres se bornaient à enseigner la paternité de Dieu et la fraternité humaine. Ils démontraient la nécessité de la pénitence, c'està-dire de la réparation de nos fautes. Cette purification était symbolisée par le baptême, pratique adoptée par les Esséniens, initiateurs de Jésus, auxquels les apôtres empruntaient encore ia croyance à l'immortalité et à la résurrection, c'est-à-dire au retour de l'âme à la vie spirituelle, à la vie de l'espace.

De là, une morale et un enseignement qui

(1) Voir notes complémentaires, n»» 2, 3 et 4, à la fm du volume.

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