‹ Christophe Colomb devant l'histoireChapitre 2 sur 20 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Non, Colomb n'eut pas le premier l'idée que sur l'autre rive de l'Océan se trouvent des régions accessibles au marin confiant et hardi. Ce ne furent pas non plus ses propres calculs ni ses arguments qui en démontrèrent l'existence. 11 est certain, d'ailleurs, que son hypothèse, alors répandue parmi les savants depuis dix-sept siècles, était dans ses discours et dans ses écrits entachée de profondes erreurs ; qu'enfin, sans lui, le Nouveau Monde aurait été connu et exploré moins de sept ans après le jour où il en foula le sol pour la première fois.

Mais à moins de n'avoir aucune notion des progrès de la science et du développement de l'esprit humain, on ne saurait prétendre que ces faits amoindrissent Colomb, ses services, sa valeur et sa gloire. Pour n'avoir été qu'un anneau de cette vaste chaîne qui ne sera jamais achevée, il n'en a pas moins laissé une empreinte ineffaçable sur la civilisation moderne. C'est lui, avant tout autre, qui, franchissant l'espace, fit connaître à l'Europe étonnée ces pays rêvés par les poètes, devinés par les philosophes. Il est le plus audacieux génie dont l'histoire fasse mention. Les exploits des héros qui ont émerveillé et fait progresser le monde retentissent surtout dans le passé. Pour Christophe Colomb, une partie seulement de son œuvre appartient aux siècles écoulés; l'autre attend son entière évolution de l'avenir, et nul encore ne peut en prévoir toute la grandeur!

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