‹ Christophe Colomb devant les taureauxChapitre 7 sur 16 · O CHRISTOPHE COLOMB · texte numérisé non relu

O CHRISTOPHE COLOMB

esprit démocratique a fort bien vu leur dégradation, leur médiocrité, leur accablement sous le faix historique des magnificences répercutées dans leurs Noms, mais l'athéisme contemporain ne pouvait pas discerner le fratricide essentiel de ces déserteurs du Pater noster.

Une pitié sans mesure pourrait encore les sauver de l'anathème d'un monde que leurs prévarications imbéciles font agoniser. Ce serait la Pitié de Jésus en croix implorant le pardon de ses tourmenteurs insensés.

Ils ne savent guère ce qu'ils font, en effet, nos Trojugènes décapités, avortons chétifs des décapités de 93, ignorants eux-mêmes de ce qu'ils auraient dû faire. Ils aperçoivent peut-être encore quelques vagues points lumineux dans les encognures les plus reculées des siècles, et cela leur suffit pour piaffer d'un inane orgueil, quand le cheval pâle de la misère ne les talonne pas de trop près ; mais ce serait du délire de leur demander davantage.

L'Espagne, un jour, parut être la première d'entre les nations de l'Occident. Un personnage extraordinaire, envoyé de Dieu, lui avait

donné la moitié du globe. On disait même que le soleil, fatigué d'éclairer tant de victorieux, n'avait plus un Océan solitaire pour se coucher dans ce vaste empire.

C'était environ le temps où la Très Chrétienne France, épuisée de ses mille ans de moyen âge, préludait au trafic de son droit d'aînesse par l'exemple contagieux des rébellions.

Sans doute ce royaume privilégié qu'on croyait être le premier après celui des cieux et dont le chef temporel était regardé comme le lieutenant de Jésus-Christ, n'abandonna pas immédiatement son antique foi, ainsi que la plupart des hérétiques nations du nord, pour jeter d'un seul coup ses millions d'âmes dans les ténèbres et l'enfer de glace.

La droiture de ce peuple ne lui permit pas de s'assimiler le poison d'orgueil où il ne trempa ses lèvres que pour le revomir aussitôt à la face des mauvais garçons qui prétendaient l'enivrer jusqu'à la fureur.

Mais il se laissa pénétrer d'un certain esprit d'inquiétude qui devint bientôt le ferment de cette inconstance tragique dont il devait, plus tard, épouvanter l'univers.

On est presque tenté de supposer que la

célèbre Terreur, qui paraît nous avoir guillotinés jusqu'à la septième génération, ne fui autre chose, après deux longs siècles de transformations infinies, que le délire obstiné de cette vieille menace d'hérésie dont le candide Moyen Age était mort d'effroi.

La Trinité sainte permit que la dure E.pagne n'eut pas même un frémissement et c'est pour cela, sans doute, qu'elle devint si grande.

Funeste grandeur dont elle se crut l'ouvrière et qui la rendit un peuple de Pharaons, aussi peu capable de pitié que de repentir, engendrant des lords comm.e n'en a pas l'Angleterre, de sombres Seigneurs accoudés sur les balcons noirs du plus silencieux orgueil et regardant passer toute la terre avec l'éternel dégoût qui convient à des créanciers du ciel.

A coup sûr, il n'existe pas de pays au monde où le sentiment de la race ait autant de profondeur. Le monologue fameux de la galerie des ancêtres dans Hernani. n'est nullement excessif, comme l'ont prétendu les fanatiques douteux de l'égalité révolutionnaire.

La descendance présumée des Conquista-

dores ou des .Matamores est un lustre sufiisant pour les plus pouilleuses guenilles de la tière Espagne, et les moins authentiques de ces parchemineux hidalgos ne souffrent pas qu'on soit sans respect pour les Pyramides sourcilleuses qu'ils ont dans le cœur.

Ils ne font pas bon marché de leurs vieux titres plus ou moins irréfragables, ainsi que nos gentilshommes français le pratiquent, parfois, avec tant de désinvolture. Ils sont toujours au lendemain des conquêtes et leurs plus infranchissables sierras sont moins près du ciel que la cime chenue de cette jalouse Aristocratie.

On peut alors se demander avec anxiété ce que présage, pour une telle nation, le fait inouï d'un de ses plus éclatants seigneurs ayant déclaré la guerre aux traditions de sa propre race.

Il ne s'agit pas ici. qu'on l'entende bien, d"un patriciat incertain, de l'improbe vétusté d'un habitacle vulgaire, archaïquement badigeonné par la frauduleuse ambition d'un épicier romantique.

Il ne s'agit de rien moins que de la survivance du plus grand des hommes et je veux

parler de son superbe héritier, duc de \'cragua, unique descendant actuel de Christophe Colomb. Descendant, il est vrai, d'une bien lugubre façon et dans le sens le moins flatteur de cet équivoque substantif.

L'histoire de Christophe Colomb est assurément le plus victorieux démenti qui puisse être offert à ce préjugé banal d'une postérité infaillible et, par conséquent, toujours équitable envers les grands hommes.

L'injustice, au contraire, est, à l'égard de celui-là, si perpétuelle, si flagrante, si excessive, qu'on peut assurer quelle fait partie du Surnaturel d'exception qui fut la marque absolue, l'estampille même de Dieu sur ce prodigieux destin.

11 est certain, cependant, qu'il n'y a pas de nom plus universellement connu que celui du fameux pilote génois qui découvrit un jour, on ne sait comment, la moitié du monde, mais sa vie même est ignorée d'une ignorance valide, fortifiée, imprenable, impérissable, merveilleuse, pleine de majesté.

On ne veut absolument savoir de lui que cette idiote histoire de l'œuf inventée par un ennemi et propagée par le très bas cuistre

protestant Washington Irving, qui ne paraît avoir écrit ses quatre volumes que pour certifier le rôle adventice et la mission purement humaine du Révélateur du Globe ^

En France même, le seul pays du monde qui ait eu l'honneur, après trois siècles, de lui donner un historien ^ nul ne paraît savoir que ce navigateur studieusement rapetissé par la calomnie des historiographes de cour et la critique venimeuse des ennemis de la foi,, fut, en réalité, l'un des hommes les plus inouïs qu'on ait jamais vus, un prédestiné dont la grandeur colossale déconcerte l'imagination, un patriarche et un prophète à la façon de Mo'ise ou du Précurseur.

Dans l'ordre historique purement humain,. on ne sait pas davantage qu'il fut presque un roi, traitant d'égal à égal avec des rois victorieux et tout-puissants, consulté par le Saint- Père, et gouvernant, à titre perpétuel dans sa descendance, un monde nouveau découvert par lui, soixante fois plus grand que l'Espagne, — jusqu'au jour où le Prince in-

' Voir l'appendice B.

* Le comte Roselly de Lorgues, dont il sera parlé plusloin.

fâme qu'il avait doté de deux cents millions de sujets indiens, épouvanté d'un tel serviteur, le fit dépouiller par trahison et l'assassina de chagrin dans l'obscurité.

Je demande ici la permission de me citer moi-même et de recopier une page publiée depuis six ans, mais assurément ignorée puisque j'y glorifiais un homme qui paraît avoir l'occulte puissance de priver de lecteurs ses panég}-ristes.

« La fin de Christophe Colomb est bien connue. Tout le monde peut savoir que ce grand homme fut abandonné du misérable roi qu'il avait fait le plus puissant de la terre et qu'il mourut dans la plus obscure indigence, après avoir été chargé de fers et livré aux plus vils outrages qui aient été endurés par un mortel depuis la Passion de Notre- Seigneur Jésus-Christ.

« La magnificence morale de ces faits demeure ignorée, mais, enfin, ces faits euxmêmes sont connus. Ils resplendissent au fond des ténèbres diaboliquement accumulées sur cette infortune à laquelle rien d'humain ne pourrait, sans ridicule, être comparé.

« L'ingratitude colossale de Ferdinand épuise, du coup, l'imagination. Depuis Tlscariote, il n'y avait eu rien d'aussi complet. Il y a là un tel repli d'iniquité, qu'on est tenté de supposer que la prompte déchéance de l'Espagne en a été le châtiment et que la Justice de Dieu a vengé sur toute une nation les inénarrables offenses de son deuxième Précurseur.

<' Car l'Espagne entière fut aussi coupable que son roi. A part deux ou trois hommes absolument sublimes et qui poussèrent le dévouement jusqu'à l'héroïsme de la plus parfaite abnég'ation. Christophe Colomb qui jetait sur les épaules de l'indigente Castille une parure d'îles et de continents aussi vastes que quatre fois l'empire d'Alexandre, ne put trouver dans tout ce peuple ni un semblant de pitié pour ^es malheurs, ni une grimace de sollicitude pour sa mémoire.

» Quand il n'eut plus rien à donner, on le jugea un serviteur inutile. Quand il tomba en défaveur, il n'y eut pas jusqu'au plus vil misérable qui ne se crût en droit de l'outrager ; « mais, dit-il, grâce à Dieu, on le contera quelque jour par le monde à qui aura le pou-

voir de ne le point souffrir... Dieu, notre Seigneur, reste avec sa puissance et sa science, comme auparavant, et il châtie surtout ringralitudc ».

« \'ers la fin de son quatrième voyage, le plus douloureux et le plus tragique de tous, comme aussi le plus chargé de faits surnaturels. se voyant naufragé, trahi, malade, abandonné de tous sur un point de ce Nouveau Monde qu'on ne lui pardonne pas d'avoir découvert, il écrit une dernière fois aux Rois Catholiques et l'énormité de l'injustice, l'excès de l'ingratitude commise contre lui, l'attendrissent sur son propre sort.

« Le caractère épique de ses malheurs, la gigantesque poésie de ses épreuves de mer, l'iniquité qu'il subit, assurément la plus incomparable après celle des Juifs envers le Sauveur, le transportent au delà du temps ; et le Révélateur du Globe, se plaçant au point de vue de la postérité, déplore la destinée mortelle de Christophe Colomb.

« Il s'écrie : «, J'ai pleuré jusqu'à présent sur les autres; maintenant que le Ciel me fasse miséricorde et que la Terre pleure sur

moi!... Qu'il pleure sur moi, celui qui aime la charité, la vérité et la justice *. »

« Ce n'est point la Castille ou l'Europe que le Messager de la Croix convie à pleurer sur lui, c'est le monde entier qu'il fut chargé d'amplifier et d'arrondir comme une sphère impériale pour la domination future de Jésus- Christ : Que la Terre pleure sur moi */ »

Si Christophe Colomb pleurait alors sur lui-même ces larmes grandioses qui font penser aux fontaines lumineuses des lamentateurs bibliques, et si sa détresse paternelle avait besoin des gémissements du globe , quel n'eût pas été l'infini de son désesppir s'il avait pu pressentir le marécage de pestilence où devait, après trois siècles, sombrer sa Maison >

Le duc de Veragua, en effet, n'est pas de ces gentilshommes qui s'arrangent pour déshonorer leurs ancêtres sans cesser d'en être orgueilleux. Les ordinaires brelandiers aris-

< « Yo he llorado fasta aq^i à 'otros ; haya misericordia ahora el Cielo, y llore por mi la Tierra... llore par mi quien tiene caridad, verdad y justicia. »

* Ltos Blow Le Révélateur du Globe. Paris, Sauton, 1884.

tocratiques dont la vilenie n'est pas ambitieuse, peuvent aisément s'accommoder de croupir sous l'or pâlissant des titres fameux que leur néant s'amal^^amc et cela suffit amplement à ces avortons du cœur.

Le hautain duc rie s'en accommode pas. 11 n'entend pas être l'héritier dun homme de génie sans élever des protestations et il supporte bien moins encore d'être présumé le légataire des vertus d'un saint.

La splendeur intellectuelle de son Ancêtre est un nuage sur son libre esprit et l'admiration de l'Eglise pour le Christophore est comme un glaive dans son juste cœur.

En conséquence, il fait la guerre à ce Patriarçhil en poussière qui ne sortira pas, il le sait* fort bien, de son vieux sépulcre pour venir lui casser la tête avec son cercueil.

Cette campagne d'un genre nouveau doit pourtant étonner un peu la Grandesse impassible des quatorze Espagnes. Il est vrai que cette Grandesse enrichie naguère jusqu'à la pléthore de la dépouille du Vice- Roi des Indes, est naturellement disposée à bien accueillir toute profanation, même filiale, de cette importune mémoire d<'»nl le déshonneur

authentique légitimerait enfin quelque peu l'opulence des pilleurs d'épaves.

D'autre part, le Découvreur du Nouveau Monde, magistralement détroussé par elle, n'ayant été, à ses yeux, qu'un Génois imposteur et un croquant famélique, elle ne saurait trouver inouï que sa descendance, même sj posthume, ait l'inclination d'être sacrilège.

iMais, par malheur, le duc de Veragua qui travaille si diligemment à la satisfaire, est un personnage notoire qu'il est impossible, hélas ! de mépriser tout à fait, quand on est un grand.

Il a presque le rang d'un f*rince de lignée ro^^ale, il est autant, par sa seule naissance, que les amiraux et les généralissimes et l'on assure que sa légitime part de l'ancienne curée des molosses est considérable encore.

Cette inaccessible aristocratie doit donc, malgré tout, se sentir solidaire de ce parricide crétin dont l'imbécile attentat déconcerte ses traditions et pour la première fois, de puistrois cent quatre-vingt-dix ans, se trouver atteinte et navrée des mêmes outrages que Christophe Colomb.

Le rôle de Cham n'a jamais excité beau-

coup d'enthousiasme parmi les hommes, mais les plus rudimcniaircs cerveaux peuvent concevoir que l'impiété de ce patriarche des esclaves soit surtout abhorrée des aristocraties endettées de sang ou d'ordures, qui sont forcées de s'envelopper dans des tabernacles et des vêtements de bronze pour échapper à l'inquisition redoutable des esprits désobéissants.

L'héritier des Vice -Rois et des Amiraux s'embarrasse peu de ces considérations qu'il est, d'ailleurs, vraisemblablement incapable d'élaborer.

Son activité .cérébrale ne parait avoir d'autre objet que le fastueux entretien de deux passions fauves qu'il met sa gloire à nourrir : le patronage des tauromachies et l'extinction de la renommée du Révélateur.

La première de ces deux passions n'est intéressante que parce qu'elle alterne avec la deuxième. On aime à connaître les délassements d'un fils quand il se repose d'insulter son père.

J'en parlerai donc, s'il plaît à Dieu. Mais, auparavant, je supplie mes contemporains d'admirer encore avec moi l'incomparable aventure de ce gentilhomme désolé de la

grandeur de sa Race et cherchant, par les plus roturières pratiques, à se réhabiliter de ses ancêtres.

Malgré Tignorance universelle que je signalais tout à l'heure, on connaît, du moins en partie, l'infortune miraculeuse de Christophe Colomb.

Tout individu gratifié d'un défrichement primaire est forcé de savoir que cet homme sans pareil fut atrocement persécuté. Ses fers de captif sont même devenus un lieu commun de la rhétorique de louage la plus usée, la plus élimée, la plus révoquée par les indigents de Fécritoire. Les faits essentiels sont, pour la plupart, indispensablement consignés dans les moins recommandables histoires de la Découverte.

Mais ce qu'on ignore, c'est le prodige de l'acharnement espagnol sur la personne et sur les enfants du bienfaiteur de l'Espagne, acharnement qui dura trois siècles et qui ne peut être expliqué que par l'abomination sans réplique des raisons d'Etat.

C'est l'occasion d'une étrange angoisse que d'étudier en détail la persistance inou'ie de cette injustice, les diaboliques mesures contre

iiuiSToi'in. roi.o.MR

i« rcnommcc de C«»lonib, maiiUcnucs attentivement par tous les rois dKspagne sans exception, indépendamment des transformations dynastiques; les précautions de ces Princes contre la véracité de l'histoire, la sauvage destruction des écrits du Révélateur et des documents relatifs à la Découverte, et l'obscurcissement systématique de cette admirable gloire.

On peut alors vérifier ou conjecturer l'importance affreuse des iniquités qu'il s'agissait de cacher à toute la terre et dont l'Apôtre du Nouveau Monde fut la colossale Victime !

Cependant, tout s'épuise, à la fin, et tout disparaît, môme ce qui survit aux conquêtes et aux dynasties.

La mémoire de Christophe Colomb n'est certes pas honorée et ne le sera sans doute iamais, dans cette orgueilleuse Espagne incapable de pardonner l'aumône qu'on lui fit d'un monde. Mais l'odieuse prudence de ses monarques et de leurs ministres est heureusement en défaut.

L'obstination héroïque d'un grand écrivain

, français les a tous déçus. Le Comte Roselly

de Lorgues a répandu la lumière jusqu'au

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plus profond des cavernes politiques ou se tapissaient héréditairement les spoliateurs, l'opinion chrétienne a fini par s'en émouvoir et la surnaturelle figure du Révélateur glorifiée par la sainte Eglise pourrait enfin sortir' des ténèbres et resplendir, comme celles des Compagnons du Seigneur, dans le ruissellement lumineux des apothéoses 1...

Un seul homme a prétendu qu'il n'en serait pas ainsi et cet homme est son unique et son dernier descendant.

Ne vous semble-t-il pas qu'il faudrait un huitième Don de TEsprit-Saint pour s'étonner suffisamment de cette monstrueuse folie >

Alors que l'Espagne devenue un peupie démocratique enivré de nouveautés«imbéciles, a l'air de quitter enfin sa vieille rancune contre le Donateur de cette moitié du globe dont elle a depuis si longtemps perdu la domination ; quand ses grands eux-mêmes qui faisaient autrefois comme une ossature à son implacable orgueil, fraternisent en quelque manière avec l'héritier de leur séculaire Victime ; — celui-ci se lève à son tour, au milieu de la stupeur universelle, et déclare

qiTil ne souffrira pas un moment de plus l'accalmie des insultcurs.

Si personne parmi les nobles ou la populace ne se présente désormais pour conspuer son Ancêtre, c'est lui seul qui s'en chargera et l'on verra bien, dans la patrie du Campéador, si les enfants, aujourd'hui, sont inhabiles à lancer l'ordure au visage de leurs vieux pères.

En conséquence, il recueille dans les lieux bas où cela se trouve ordinairement, les goujats de plume et les chacals d'académie qui se repaissent de l'honneur des morts en l'obscurité des archives, les voleurs de petits chemins de l'érudition toujours prompts à dérober d'impondérables documents bâtards dont l'authenticité n'est garantie que par le honteux profit que peuvent en retirer les fraudeurs d'histoire.

Quoi de plus facile, d'ailleurs, que les imputations calomnieuses, quand il s'agit de Christophe Colomb dont la vie cachée dura trois siècles et plus, par la volonté des plus puissants rois et dont la gloire effrayante fut obnubilée en vue de leur plaire, par plusieurs générations de ces historiographes ou pané-

gyristes aphones qu'on pourrait nommer les spadassins du silence !

On devine aisément que l'opulent duc eut peu de peine à dénicher des serviteurs de son impiété et que les bouviers d'ignominie durent affluer en ses pâturages. Les savantasses pharisiens de la bibliographie, les scribes du pédantisme universitaire, les princes des prêtres de la cuistrerie voltairienne et les sycophantes académiciens du diable accoururent à ce Mécène de leur turpitude et s'abattirent autour de lui comme les cantharides de la mort autour d'un cadavre.

Un parricide est comme du miel, je le suppose, pour les frelons des charniers.

Il n'y eut qu'un cri dans les vomitoires de l'impiété pour célébrer la grandeur d'âme de ce grand de chair qui redonnait à la vermine les reliques de son saint A'ieul et qui livrait aux chiens des tombeaux l'honneur de sa Race en échange d'un diplôme d'apostasie !

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