‹ Christophe Colomb et la découverte du Nouveau monde [microformChapitre 8 sur 18 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

céritc. La haute idée qu'on avait prise de ses lumières accri'dilait cette opinion, (pii n'est peut-être pas sans fondement. On n'admettait |)oint qu'il se fût si fort abusé lui-même, mais on craignait qu'il n'eût exai;éré sciemment la facilité de son entreprise.

Il faut avouer que, sur ce point, les apparences étaient contre lui, et qu'il v ajoutait par son sang-froid devant les continuelles déceptions qui exaspéraient ou abattaient les plus vaillants hommes de son équipage.

Peut-être, avec moins d'héroïsme, eût-il inspiré plus de confiance; mais la grandeur d'une âme est moins aisée à cacher que celle d'un monde.

Ces deux grandeurs, au moment où nous sommes, touchaient au phis fort d'un combat, imagcagrandiemais fidèle de celui qui se livre en chacun de nous.

D'un enté, un héros, un génie, champion de la foi, de la science, de la lumière; un de ces calmes dompteurs de monstres dont la Fable faisait ses dieux, et dont la vérité a fait ses archanges ; de l'autre, l'éternel Typhon, la matière, rassemblant ses forces les plus terribles, les plus aveugles, et trouvant des recrues jusque dans le camp de son adversaire.

Ici, son recruteur le {)lus actif, son âme danmée, c'était Matheos, à en croire du moins une autorité dont je m'écarte le moins possible. Je ne me dissimule pas, cependant, que Nolo avait pour ce lieutenant de Colomb une haine corse, doublée d'une obstination bretonne; mais des historiens moins prévenus ayant prêté à Matheos un caractère des plus perfides, je n'hésite pas à le désigner comme l'âme de la conjuration ourdie contre l'amiral.

Cette conjuration, il est trop prouvé que les trois équipages y prirent part, et sans que les frères Pinzon aient rien fait pour l'étouffer. Elle se manifesta d'abord par le relâchement de la discipline. L'Amiral, encore obéi, mais avec une visible répugnance, était désigné par les plus grossiers équivalents du terme d'imposteur ; on murmurait ouvertement contre lui. On alla même jusqu'à le prier, d'un ton qui sentait la sommation, de cesser de courir à une mort inévitable.

Il résista avec sa fermeté ordinaire, et, quand tout espoir fut perdu de lléchir sa résolution, on trama secrètement sa perte : on convint qu'à un jour el

à une heure déterminés, il serait prudemment {accortamente) jeté à la mer. — CGConte7nplateui\ dirait-on an retour, était tombé à l'eau, comme l'astrologue de la fable, en contemplant le cours des astres.

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