‹ Christophe Colomb [microforme]Chapitre 15 sur 96 · LV · texte numérisé non relu

LV

Colomb, rétabli enfin de sa longue maladie, ressaisit les rônes du gouvernement, fut entraîné lui-même par ces guerres allumées pendant son interrègne, se fit guerrier et pacificateur, après avoir été navigateur, remporta des batailles décisives sur les Indiens, les assouplit au joug adouci par sa bonté et sa politique, et leur imposa seulement un léger tribut d'or et de fruits de leurs contrées en signe d'alliance plus que de servitude, L'ile refleurit sous sa modération ; mais le malheureux et confiant cacique Guanacanari, qui avait accueilli le premier ces hôtes dans ses terres, honteux et désespéré d'avoir été involontairement le complice de l’asservissement de sa patrie, s’enfuit pour jamais dans les montagnes escarpées de l’île, et y mourut libre pour ne pas vivre esclave sous les lois de ceux qui avaient abusé de ses vertus.

Pendant cette langueur de Colomb et ces agitations de l'ile, ses ennemis, travaillant à sa perte à la cour, l'avaient attaqué dans le cœur de Ferdinand. Isabelle, plus inébranlable dans son admiration pour ce grand homme, le protégeait en vain de sa faveur, La cour avait envoyé à Hispaniola un magistrat investi de pouvoirs secrets qui l'autorisaient À informer contre les prétendus crimes du vice-roi, à lo déposséder de son autorité et à l'envoyer en Europe si ses crimes étaient avérés. Ce juge partial, nommé Aguado, arriva à Hispaniola pendant que le viceroi était à la tête des troupes dans | érieur de l'île, occupé à pacifier et à administrer le pa; jubliant la reconnaissance qu'il devait à Colomb, premier auteur de sa fortune, Aguado,

af ou\

pes È E

k Carisropne Coroms. 63

| avant même de recueillir des informations, déclara Colomb coup-

| able et déchu provisoirement de ses fonctions souveraines, En- | touré à son débarquement et applaudi par les inécontents de la colonie, il envoya l'ordre à Colombe de se rendre à Isabelle, . “apitale des Espagnols, et de reconnaître sa mission. Colomb, 56 entouré de ses amis et de ses soldats les plus dévoués, pouvait L contester son obéissance aux insolentes injonctions d’un subor- , donné. Ils'inclina, au contraire, devant le nom seul de son | souverain, se rendit désarmé près d’Aguado, et, lui remettant 1 10 | l'autorité tout entière, le laissa instruire librement l’odieux pro- 1G

cès que ses calomniateurs lui intentaient.

Mais, au moment même où sa fortune l’abaissait ainsi devant la persécution, elle lui ménageait une de ces faveurs qui pouvaient le plus lui concilier celles de la cour. Un de ses jeunes officiers, nommé Miguel Diaz, ayant tué en duel un de ses 15

8 ÿ camarades, s'enfuit, de peur du châtiment, dans une partie sau- - 15 4 vage et reculée de l’île. La peuplade qui habitait ces montagnes t était gouvernée par une jeune Indienne d’une grande beauté, 8 1 veuve d'un cacique. Elle conçut pour l'Espagnol fugitif un 6 | ardent amour et l’épousa. Diaz, aimé et couronné par l’objet 20 e de son amour, ne put cependant oublier sa patrie ni dissimuler s 20 la tristesse que le regret de ses compatriotes répandait sur ses = traits. Sa femme, en cherchant à lui arracher l’aveu de sa 8 ‘ mélancolie, apprit de lui que l’ur était la passion des Espagnols, H et qu'ils viendraient habiter avec lui ces contrées s'ils avaient 25 - $ l'espérance d'y découvrir ce précieux métal. La jeune Indienne, 25 | ravie de conserver à ce prix la présence de celui qu’elle aimait, o lui révéla l'existence de mines inépuisables, cachées dans les : i montagnes, Possesseur de ce secret et sûr à ce prix d'obtenir À il son pardon, Diaz acvourut apporter à Colomb la révélation de ce 30 4! trésor. Le frère du vice-roi, Barthélemy Colomb, partit avec Lt 2€ 1 Diaz et une escorte de troupes pour vérifier cette découverte, Ils À 4 arrivent en peu de jours à une vallée où la riv'ère roulait l'or È avec le sable, et où les rochers de son lit étaient incrustés de parcelles de ce métal, Colomb établit une forteresse dans le 55 | voisinage, creusa, et élargit des mines déjà ouvertes dans l'anti. à 35 quité, en recueillit d'immenses richesses pour ses souverains, at k se persuada de plus en plus qu'il avait abordé dans la contrée Él fabuleuse d'Ophir. Diaz, reconnaissant, et fidèle à la jeune

b4 Curisrorar CoLomn.

Indienne à qui il devait sa grâce, sa fortune et son bonheur, fit bénir son union avec elle pur les prêtres de son culte et gouverna en paix sa tribu.

Colomb, après cette découverte, cédant sans résistance aux ordres d’Aguado, s'embarqua avec son juge pour l'Espagne. Il y arriva, après huit mois de navigation, plus en accusé qu'on mène au supplice qu’en conquérant qui rapporte des trophées. La calomnie, l’incrédulité, le reproche, l’accueillirent à Cadix. L'Espagne, qui s'était attendue à des prodiges, ne voyait revenir de la terre de ses rêves que des aventuriers déçus, des accusateurs et des esclaves nus. L’infortuné cacique, toujours enchaîné dans les menottes d'Ojéda, amené comme un trophée vivant à Ferdinand et à Isabelle par Aguado, était mort en mer en maudissant sa confiance dans les Européens et leur trahison,

Colomb, conformant son costume à la tristesse et à la misère de sa situation, se rendit à Burgos, où était la cour, en habit de franciscain, n’ayant sur ce vêtement qu'une corde pour ceinture, la tête chargée d'années, de soucis, d’aflliction et de cheveux blancs, les pieds nus comme un suppliant de génie qui vient demander pardon de sa gloire. Isabelle seule le reçut avec une tendre compassion et s’obstina à croire à sa vertu et à ses services. Cette faveur constante, quoique voilée, de la reine soutint l’amiral contre les dénigrements et les accusations des courtisans, Il proposa de nouveaux voyages ei des découvertes plus vastes, On consentit à lui confier encore des vaisseax, mais on lui fit consumer dans des lenteurs systématiques le peu d'années que son âge avancé laissait à ses forces. La pieuse Isabelle, en accordant à Colomb des pouvoirs et des titres nouveaux, stipula en faveur des Indiens des conditions de liberté et d'humanité qui devançaient les idées de son siècle. Le cœur d’une femme proscrivait d’instinct l'esclavage que la philosophie et la religion ne devaient abolir que quatre siècles après. Enfin Colomb justifié put s’embarquer et faire voile vers sa nouvelle patrie, Mais la haine et l'envie le poursuivirent jusqu’à bord du vaisseau où il devait arborer son pavillon d’amiral de l'Océan. Breviesca, trésorier du patriarche des Indes, Fonseca, ennemi de Colomb, se répandirent en outrages contre l'amiral, au moment où on levait l'ancre,

bit

EE

Curisropne CocLoms.

Colomb, qui s'était contenu jusque-là par la force intérieure, la patience et le sentiment de l’immensité de sa mission, déborda peur la première fois d’amertume et d’indignation. A cette dernière ignominie de ses ennemis, il redevint homme pour un instant, et, tombant de toute la hauteur de son âme et de toute la force de son bras redoublée par la colère lsur son indigne persécuteur, il l’abattit sur le pont et le foula avec mépris sous ses pieds. Tel fut l’adieu de la jalousie de l'Europe à celui qui lui semblait trop grand ou trop heureux pour un mortel. Cette vengeance soudaine de l'amiral laissa un nouveau ressentiment dans le cœur de Fonseca et une nouvelle accusation à exploiter à ses ennemis. Le vent qui s'élevait l’enleva à la vue du rivage et aux indignités de 8a patrie

LVIT,

Parvenu cette fois, par une autre route, à l'île de la Trinité, il la reconnut, la nomma, puis, la doublant, il côtoya la véritable terre d'Amérique, près de l'embouchure de l’Orénoque. La douceur de l’eau de la mer, qu'il goûta dans ces parages, aurait dû le convaincre que le fleuve qui se déchargeait dans l'Océan avec une masse suffisante pour dessaler ses vagues ne pouvait venir que d'un continent, Il descendit cependant sur cette côte sans soupconner qu’elle était la plage du monde inconnu. Il la trouva déserte et silencieuse comme un domaine qui attend ses hôtes. Une fumée lointaine au-dessus de vastes forêts, une cabane abandonnée et quelques traces de pieds nus sur le sable du rivage fut tout ce qu’il contempla de l'Amérique. I] ne fit lui-même q ‘y imprimer un premier pas et qu'y passer une seule nuit sous la voile qui lui servait de tente; mais ce premier pas aurait dû sufbire à donner son nom à ce demi-monde.

Il repartit du golfe de Paria et revit, après de laborieuses investigations de toutes ces mers, le rivage d'Hispaniola, Ses peines d'âme et de corps, sa longue patience en Espagne, l’ingratitude de ses compatriotes, la froideur de Ferdinand, la haine de ses ministres, les veilles pendant les traversées, les infirmités de l’âge, l'avaient plus brisé que les flots. Ses yeux, échanffés par les insomnies et par la contemplation des cartes et du firma-

66 COnrisropux CoLoMBs.

ment, étaient enflammés ; ses membres, roidis et endoloris par la goutte, refusaient de le soutenir, Son âme seule était saine et son génie, perçant dans l'avenir, le transportait par la pensée au-dessus de ses souffrances et au delà du temps. Barthélemy Colomb, son frère, qui avait continué à régir la colonie en son absence, fut encore son consolateur et son appui. Il accourut au-devant de l'amiral dès que ses vigies signalèrent des voiles en mer,

Barthélemy raconta à son frère les vicissitudes d’'Hispaniola pendant son absence, À peine avait-il achevé l'exploration et la pacification du pays, que les excès des Espagnols et les conspirations de ses propes lieutenants avaient renversé l'ouvrage de sa sagesse et de sa vigueur, Un surintendant de la colonie, nommé Roldan, homme populaire et astucieux, s'était fait un parti parmi les matelots et les aventuriers, écume de l'Espagne rejetée par la mère patrie dans la colonie, Il s'était cantonné avec eux sur le rivage opposé de Saint-Domingue et s'était ligué contre Barthélemy avec les caciques des peuplades voisines; il avait construit ou enlevé des forteresses d’où il bravait l'autorité de son chet légitime. Les Indiens, témoins des divisions de leurs tyrans, en avaient profité pour s’insurger eux-mêmes et pour r aser le tribut. L’anarchie déchirait la nouvelle possession. L'néroïsme de Barthélemy en retenait seul les lambeaux dans ses fortes mains, Ojéda avait frété des navires pour son propre compte en Espagne ; il était venu croiser et descendre sur la côte méridionale de l’île, et s'était ligué avec Roldan, Puis Roldan avait trahi Ojéda et s'était rangé de nouveau sous l'autorité du gouverneur. Pendant ces déchirements de la colonie, un jeune Espagnol d’une beauté remarquable, don Fernand de Guerara, avait inspiré une violente passion à la fille d’Anacoana, veuve du cacique emmené par Ojéda en Espagne et mort captif dans la traversée. Anacoana elle-même était jeune encore, célèbre parmi les peuplades de l’île par son incomparable beauté, par son génie naturel et par son talent géétique, qui faisait d'elle la sibylle adorée de ses compatriotes. Elle avait conçu, malgré les malheurs de son mari, une haute admiration et une inclination invincible pour les Espagnols. La contrée qu’elle gouvernait avec son frère était l'asile de ces étrangers. Elle les comblait de son hospitahté, d’or et de protection dans leurs disgrâces. Ses sujets, plus crvi-

LG

Curisrornr CoLoun

lisés que les autres tribus indiennes, vivaient en paix; riches et heureux sous ses lois. Roldan, qui gouvernait la partie de l’île soumise à la belle Anacoana, avait été jaloux du séjour et de l'influence de Fernand de Guerara à la cour de cette princesse. Il lui défendit d’épouser sa fille et lui ordonna de s'ermibarquer. Fernand, retenu par son amour, avait refusé d'obéir; il conspira contre Roldan, Surpris et enchaîné dans la demeure d’'Anacoana par les soldats de Roldan, il avait été conduit à Isabelle pour y être jugé. Une expédition, partie de la capitale de la colonie sous prétexte de parcourir l’île, avait été accueillie avec un empressement amical dans la capitale d'Anacoana, Le chef perfide de cette expédition, abusant de la contiance et de l'hospitalité de cette reine, avait fait inviter par elle trente caciques du midi de l'ile aux fêtes qu'elle préparait pour les Espagnols. Les Espagnols, pendant les danses et les festins auxquels ils assistaient, avaient conspiré l'incendie et la mort de leur généreuse protectrice, de sa famille, de ses hôtes et de son peuple, Ils invitèrent Anacoana, 8a fille, les trente caciques et le peuple à contempler, du haut d’un balcon, les évolutions de leurs chevaux et un combat simulé entre les cavaliers de leur escorte. Ces cavaliers fondent tout à coup sur le peuple sans armes, rassemblé par curiosité sur la place ; ils le massacrent et le foutent aux pieds de leurs chevaux ; puis, entourant d'une haie de fantassins le palais d'Anacoana pour empêcher cette reine et ses amis d’en sortir, les Espagnols avaient incendié le palais, encore plein des fêtes et des festins auxquels ils venaient de s'asseoir eux-mêmes; ils avaient contemplé avec une cruauté égale à leur ingratitude la belle et malheureuse Anacoana, repoussée dans son palais, expirant dans les flammes et appelant sur eux la vengeance de de ses dieux !

Je crime contre l'hospitalité, contre l'innocence, contre la souveraineté, contre la beauté et le génie dont la célèbre Anacoana était le symbole parmi les Indiens, avait jeté dans l’île une horreur et un bouleversement dont Colomb ne pouvait de long temps triompher malgré toute sa vertu et toute sa politique. Les flammes et le sang du palais de cette reine dont la beauté les éblouissait et dont les poésies nationales les enivraient d'amour et d'enthousiasme, s’élevèrent entre les oppresseurs et les opprimés. L'ile devint un champ de carnage, un bagne et un cimetiére

oo"

68 Cnrisropne CoLoms.

les malheureux Indiens, Les Espagnols, aussi fanatiques dans leur prosélytisme que barbares dans leur eupidité, préludèrent, à Hispaniola, aux crimes qui devaient bientôt dépeupler le Mexique, Ces deux races d'hoinmes s'étoulfèrent en s'embrassant,

Pendant que Colomb s’étudiait à séparer et et à pacifier ces deux parties de la population, le roi Ferdinand, informé par ses ennemis des malheurs de l'ile, les imputait à celui qui les guérissait, Colomb ayant demandé à la cour de lui envoyer un magistrat d’un rang élevé pour imposer par ses jugements l'autorité royale à ses compagnons indisciplinés, la cour lui envoya Bobadilla, homme intègre de mœurs, mais fanatique et indomptable d'orgeuil. L'autorité mal définie dont il était investi par le décret royal le subordonnait à la fois et le faisait supérieur à tout autre pouvoir, ÆEn arrivant à Hispaniola, prévenu contre l'amiral, il le somma insolemment de comparaître en accusé devant lui, et, faisant apporter des chaînes, il ordonna aux soldats d'en charger les membres de leur général. Les soldats, accoutumés au respect et à l'amour de leur chef, rendu plus véuérable à leurs yeux par l’âge et par la gloire, hésitèrent et restèrent immobiles comme si on leur eût commandé un sacrilège. Mais Colomb, tendant de lui-même les bras aux fers que son roi lui envoyait, se laissa enchainer aux piede et aux mains par un de ses propres serviteurs, bourreau volontaire, vil stipendié de sa domesticité, nommé Espinosa, dont Las Casas à conservé le nom comme un type d'insolence et d'ingratitude.

Colomb ordonna lui-même à ses deux frères, Barthélemy et Diego, qui étaient encore à la tête du corps d'armée dans l’intérieur, de se soumettre sans résistance et sans murmure à son juge. Enfermé dans le cachot de la forteresse d'Isabelle, il subit pendant plusicurs mois l'instruction de son procès, où tous ses révoltés et tous ses ennemis, devenus ses accusateurs et ses juges, le chargèrent à l’envi des plus odieuses et des plus absurdes accusations. Devenu l’objet de la dérision et de la fureur publiques, il entendait du fond de sa prison les railleries féroces et

les fanfares de ses persécuteurs qui venaient tous les soirs insulter {

à sa captivité, Il s'attendait à chaque instant à voir entrer ses bourreaux. Bobadilla, cependant, n’osa pas le dernier crime, I]

Room

Cnrisrornr CoLous

ordorina que l’amiral serait expulsé de la colonie et envoyé en Espayne, à la justice ou à la merci du roi. Alonzo de Villejo fut chargé de sa garde pendant la traversée, C'était un homme de cœur, obéissant par devoir militaire, indign£ et miséricordieux jusque dans l’obéissance. Colomb, en le voyant entrer dans son cachot, ne douta pas que sa dernière heure ne fût arrivée. Il s’y était préparé par l'innocence et par la prière. La nature pourtant se troublait en lui.

‘Où me conduisez-vous ? dit-il en interrogeant du regard et de l'accent l'officier,

—Aux vaisseaux où vous allez être embarqué, monseigneur, répondit Villejo.

—M'embarquer ? reprit Colomb incrédule à ce message qui lui rendait la vie; ne me trompez-vou, pas, Villejo ?

—Non, monseigneur, répliqua l'officier ; je vous jure, par Dieu, que rien n’est plus vrai !”

Il soutint les pas de l'amiral et le fit monter sur le vaisseau, écrasé du fardeau de ses fers et poursuivi par les insultes d’une lâche populace,

Mais à peine les vaisseaux furent-ils sous voile que Villejo et Andréas Martin, commandants du navire devenu le cachot flot. tant de leur chef, s'approchèrent avec respect de lui ainsi que tout l'équipage et voulurent lui enlever ses fers. Colomb, pour qui ces fers étaient à la fois un signe d’obéissance à Isabelle et un signe de l'iniquité des hommes, dont il souffrait dans son corps, mais dont il était glorieux ‘dans son âme, leur rendit grâce, mais refusa obstinément d’être délivré de ces anneaux.

# Non, répondit-il, mes souverains m'ont écrit de me soumettre à Bobadilla. C’est en leur nom qu’ils m'ont chargé de fers, Je les porterai jusqu’à ce qu’ils m'en déchargent eux-mêmes, et je les conserverai après, ajouta-t-il avec une satisfaction amère de ses services et de son innocence, comme un monument de la récompense accordée par les hommes à mes travaux.”

Son fils raconte, ainsi que Las Casas, que Colomb fut fidèle à cette promesse, qu’il garda toujours depuis ses chaines suspendues sous ses yeux dans ses demeures, et que, dans son testament, il ordonna qu’elles fussent enfermées avec lui dans son cercueil : comme s'i eût voulu en appeler à Dieu de l'injustice et de l'ingratitude de ses contemporains, et présenter au ciel les preuves matérielles de l’iniquité et de la cruauté de la terre !

Si

70 Curisropne CoLoMs.

Cependaut les haines des partis ne traversent pas | 8 Le dépou'liement, la captivité, les fers de Colomb souievèrent

nation le peuple de Cadix Qu nd on peu]

de miséricorde et d’indi

g vit ca vieillard, qui avait apporté naguère Ln empire à sa pau

rapporté lui-même de cet empire comme un vil eriminel pour expier le service par l'opproore, les cœurs éclatèrent contre Bobadilla, Isabelle, qui éteit aior: ironade, versa des larmes sur cette indignité, ordonna que ses fers fusseut remplacés par de riches vêtements, et ses geôliers par une escorte d'honneur. Elle l'appeia à Grenade. Il tomba à ses pieds et ses sanglots de

reconnaissance lui coupèrent longtemps la voix, Le roi et 1»

reine ne daiswnèrent pas même examiner le procès d’un si grand accusé : il était absous par leur rerpect autant que par sa vertu, Ils gardèrent quelque temps lamiral à leur cour et envoyèrent un autre gouverneur, nommé Ovando, pour remplacer Bobadiila.

Ovando avait les vertus qui font l'honime intègre, sans la gran

: ; NT deur d'âme qui fait l'homine séuéreux C'était un de ces caruc x ri ] 1/1 téres où tout est étroit mème le devoir, et où l’honnèt ressembie à une parcimonie de la nature C'était l'homme : ins fait nonr'anpnidor in ri homn 11 reeut d'Isabelle moins fait pOur suppièéer un grand nomme 1 l'é 1t d 18aDbellt

l’ordre de protéver ls Indiens et la défense de les vendre comm

r = l 1 * } esclaves. La par des reveuus dévolus à Colomb par les traités

devait lui être envoyée et Es; "ne, ainsi QUE ies trésors dont 11

avait été dépossédé par Bobidilla. Une flotte de trente voiles porta le nouveau gouverneur à Hi pa la

Colomb. insensible à la vieillesse et 1618 re] les persécu tions, soufT ai! iimpatiemn n° 1e ] JS Gr ineitié 108 hot 1CUI dans sa patrie. Vasce de Gama venait de dé uvrir la route aes

Inde par le CAP { B Ir ES nce, L mond é Li plein

d'étonnement ec d’adinir: nu pour Ja découverte du navigateu portugais. Une noble rivalité travaillait j'iune au uavigati

rénois Co::vainceu de la rotondité du #lcbe il ca alt arriver uux terres prol mLées de l’est er navisraut droit à l’'orient. I] sollicita de la cour d F DAgT)( onmvandqement œunue qQUAaLI ème expédition, &t 8’embarqua j . le 19 ma 1] p our } er hide fois. Son frèce Isorthélemy To'cmb et sou ! Fernaudo,

âgé de quatorze ans, l'accompaguatent Sa flotte 8e composait

sg ete

1 on ÿ paul , We

| pour 6 contre armes fs mar l'\eur, ots de 10

Page 1