‹ Christophe Colomb [microforme]Chapitre 16 sur 96 · CS · texte numérisé non relu

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de quatre petits vaisseaux propres à naviguer sur les côtes et à

entrer sans danger dans les anses et dans les embouchures des

fleuves qu'il voulait explorer. Ses équipages ne comptaient que cent cinquante hommes de mer, Bien qu’il approchât de soixante et dix ans, sa verte vieillesse avait résisté var la vigueur de l’âme au po:de des années ; ni ses maladies douloureuses, ni la perspective de la mort ne le détournaient de son but,

L'homme, disait-ii, est un outil qui doit se briser à l’œuvre dans la main de la Providence qui s'en sert pour ses desseins, Aussi longtemps que le corps peut, l'esprit doit vouloir.”

Il avait résolu de toucher en passant à Hispaniola pour se radouber : il en avait l'autorisation de la cour. Il franchit l'Océan par une mer orageuse, et il arriva avec ses mâts brisés, ses voiles en lambeaux, ses vaisseaux sans eau et sans vivres, en vue 4'Hispaniola, Ses notions maritimes lui présageaient un ouragan plus terrible que ceux qu'il avait essuyés. Il envoya une chaloupe demander at gouverneur Ovando la permission de s'abriter dans la rade d'Isabelle. Instruit par ses pronostics du dauger que la mer allait déchaîner sur ses côtes, Colomb, dans sa lettre, avertissait Ovando de retarder le départ d'une flotte nombreuse prête À partir d'Hispaniola pour l'Espagne et chargée de tous les trésors du nouveau monde, Ovaado refuca impituyablement à Colomb l'asile d’un momens qu’il implorait dans le port de sa propre découverte. s'éloigna indigné et proscrit, et cherchant loin de la domination d'Ovando un abri sous les falaises écartées dé l'ile, il y attendit la tempête qu'il avait piédite à Ovando. File engloutit la flotte entière de ce gouveraeur, les tr'sors et la vie d’un millior d'Espasnols, Colomb la ressentit

jusque dans la rade où il s'était abrité, gémit sur les malheurs de

ses compatriotes, et, quittant cette terre inhumaine, il revit la Jamaïque et aborda sur la terre ferme dans la L :> d'Hondura Soixante jours de tempête continue, le ballotierent d’un cap à l’autre et du continent aux îles, sur les bords inconrus de cette Amérique dont les orages semblaient lui disputer la conquête ! D perdit un de ses navires et les cinquante hommes qui le montaient À l'embouchure d’une rivière qu’il nomma la plage du

Désastre.

La mer s’obstinant à lui fermer la route de ces Indes qu'il

croyait toujours entrevoir, il jeta l'ancre entre une île délicieuse

79 Cnuisrorne CorcMs.

et le continent. Visité par les Indiens, il en embarqua sept sur

sos vaisseaux pour se familiariser avec leur langue et pour en { obtenir des indices. Il côtoya avec eux une terre où l’or et les perles abondaiïent dans les mains des naturels. Au commencement de l’année 1504, il remonta la rivière Veragua et envoya 5 son frère Barthélemy à la tête de soixante Espagnols visiter les \ villages de ces bords et chercher des mines d’or, Barthélemy ne trouva que des sauvages et des forêts. L'amiral abandonna ce | fauve et pénétra dans un autre, dont les rives étaient peuplées d'Indiens qui prodiguaient l’or à ser équipages en échange des 10

0 plus vulgaires hochets de l'Europe. Xl se croyait au but de ses

chimères, il était au comble de ses revers, : La guerre éclata

entre cette poignée d’'Européens et le peuple nombreux de ces

rivages. Barthélemy Colomb terrassa de sa main et emmena

captif le cacique le plus puissant et le plus redoutable des 15

Indiens. Un village que les coripagnons de Colomb avaient construit sur la côte pour commercer avec l’intérieur fut pris et incendié la nuit par les naturels ; huit Espagnols, percés par

e leurs flècues, périrent sous les débris de leurs cabanes. Barthélemy rallia les plus courageux et refoula ces hordes dans leurs 20 foréts ; mais l’antipathie s’accrut des deux côtés par le sang répandu, les canots des Indiens assaillirent en foule la chaloune

|: de l’escadre qui cherchait à remonter plus haut le fleuve. Tous les Européens qui la montaient furent immolés. Pendant cette lutte acharnée, Colomb, retenu à bord de ses navires par la 25

, faiblesse de son corps et par les maladies, gardait ie cacique et

les chefs indiens prisonniers sur son vaisseau. Ces chefs, tiformés du ravage de leur territoire et de la cap'ivité de leurs fem mes, tentèrent de s'évader en soulevant pendart une nuit obscure la trappe qui fermait leur cachot flottant. L’équipage, 40 réveillé par le bruit, les refoula dans leur prison et ferma l’écoutille avec une barre de fer. Le lendemain, quand en rouvrit

l’'écoutille pour leur porter la nourriture, : u ne trouva que leurs

(4 cadavres. Ils s'ét” ont tous entre-tués de désespoir pour éch:) | 1 1 ù Fe 4 per à l'esclavag D | « LXT. | Bientôt séparé | les brisan l n frère Barthétemy, qui fl , é ; Mer !l était terre avec les restes de l'expédition, Colomb n'eut plus ÎE

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