LIVRE DEUXIÈME — CHAPlTllli; V
i'JS
l'ii'lic cdiilivu (II', l'ilc, l'cdi'o M;ii'^;irit, ('llViiyù de sa resjKinsaliililô, loiila do |)révoiiir Ii' reloiir de rAiiiiral en s'eiiriivaiil sur les navires (|n'avait aniem's don lîai'lliélemy. Comme il ne pouvait pas s'en cm|)arer tonl seul, il recruta des mi'w^onlenls et donna de la eousislance à son parti, en y attirant le Vicaire Apostoiiipic, le Père IJoïl.
Ils se saisirent de (lurhpies bâtiments à l'ancre dans le pori, et s'enfuirent lâchement en vrais déserteurs. Plusieurs religieux, rpie l'altrait de la nouveauté avait engagé à suivre aux Indes le Père \ioi\, ne pouvant se faire à un genre di; vie (pii ne leur était pas destiné, l'accompagnèrent dans sa honteuse désertion.
Les soldats se trouvanl laissés à. leur i)ro}ire conseil se débandèrent, s'en allaiil par grouju's de divers côtés, uiullipliaut les avanies dont ils accablaiiMil les Indiens, .lusipie-là les indigènes s'éîaient soumis à la force. .Mais rpuind, par cette division, les Espagnols se furent alTaiblis, ils songèrent à recommencer les sanglantes scènes du Ibriiu. A l'exceplion de Guacanagari, toujours retenu par son dévouement pour Colomb, les Caciques se liguèrent avec « le Seigneur de la maison d'or » pour exterminer sur tous les points de l'ile à la lois ces superbes (li''prédateurs. En divers lieux, des Castillans furent égorgés. Le cacique Guatiguana en lit massacrer dix qui habitaient les bords de la grande rivière. Puis, il incendia la grande case sei'vant d'hôpital aux Espagnols, et dans laquelle se trouvaient alois (piarante fiévreux ou convalescents.
Le farouche « Seigneur de la maison d'or » , Caonabo,
iW.\
fi
CHIUSTOPIIE COLOMB
(lestiiicleiir du lorliii, ivsohi (r;in(''antir cos i'tran£!;erp, fit iilliancc avec les Ciguayens, trilm l)i'lli([uriisi' du nord-oiii'sl qui, oxpnscc aux incursions des Caraïbes, avait contracte l'imljifudc des armes.
Telles étaient les conjonctures critiques nu milieu desquelles Colondj revenait dans i'ile, alors qu'exténué, il aurait eu besoin d'un complet repos d'esprit cl de corps.
Des bruits inquiétants lui arrivaient de différents côlés. Sur ces enli'efaites, le roi (?iuacanagari vint à l'Isabelle; il voulait à toutes forces voir l'Amiral. Il si' montra profondément afi'ecté de le trouver malade. Il revint sur les tragiques événements du fortin, protesta de nouveau avec larmes qu'il n'avait pu empêcher ce malheur et lui apprit le complot formé pour l'extermination des Espagnols.
mniSTOPHE COLOMB
En môme temps, l'Amiral essaya de rompre la ligue des grands Caci(iues.
S'il paralysait l'action de Caonabo, la pacification de l'île était assurée. Mais le relancer dans ses montagnes où le sol épineux lui fournissait une défense naturelle n'était pas chose aisée. D'autre part, on ne pouvait rester exposé à ses coups de main. L'.Vmiral pensa devoir combattre le guerrier Caraibe par la ruse indigène, les stratagèmes indiens, et communiqua son idée à !'iutré|)ide capitaine Alonzo de Ojeda. il s'agissait d'aller trouver Caonabo dans ses possessions, à plus de soixante lieues de distance, de le saisir au milieu de son peuple et l'amener prisonnier. Pour cela on ne pouvait être nombreux, car on eût excilé la défiance. Ojoda choisit neuf cavaliers dont le courage et la vigueur avaient fait leurs jjreuves, et prit le chemin de la Maguana. Il portait un présent au « Seigneur de la maison d'or». Celui-ci ne se défiant |ioiul, à cause de îeurpetitnombre, reçut avec plaisir ce qu'on lui oflVait. C'étaient des bracelets d'acier reluisant, pouvant se changer en menottes. Ojeda parvint, sous un adroil prétexte, à éloigner Caonabo de sa garde ; puis, l'ayant pris en croupe sur son cheval, il le fit étroitement garroter et l'emporta se dirigeant à fond de train sur r Isabelle.
Après l'enlèvement du « Seigneur de la maison d'or», il y eut d'abord effroi et morne stupeur dans l'Ile entière.
Puis, les trois frères du Cacique tentèrent un soulèvement général. L'un d'eux, Manicatex, borgne, mais
! iAK&j-