‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 99 sur 208 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

(~^^^S^^~^ ^- ^i'"" ^^ Snnta-CIara rapportait dans (c^:(QyÂ, ■*^" château de poupe, sous le nom d'Ami- Ç:ir^\^-^ rai, était un corps immobile, sans conif^ science de son être. Le 29 septembre, la Houille entra dans le port si désiré. Cinq ^^^ mois d'absence avaient fait craindre qu'elle ySl^ n'eût péri. Enfin, après un sommeil de cinq jours el de cinq nuits, une voix Ijien connue du cœur de Colomb le tira de sa létliai'gii'. En s'éveillant, il se

ir"

'Ss^

fe^

trouva dans los bras de son second frère Barlliélemy, dont il n'avait en aucune nouvelle depuis liuil ans. Son tiulre frère, DiejiO, lui j)rodig'uait éiialement ses soins. Kuiré à la mer peu d'années apiès son frère, liartliélemy Colomb, ayant navigué maintes fois avec lui, joignait à la théorie la sûreté de la jiratiijue. Largement doué sous le rap|iorl, des qualités physiques, l'attrait de sa physionomie, exprimant franchise et joviale humeur, dès qu'elle n'était pas sévère, s'harmonisait avec une haute stature, soutenue d'une vigueur d'athlète. Son extérieur rappelait les héros de bronze sortis du moule antique. D'une intrépidité chevaleresque, très-habile au maniement de toute arme, il savait, par le sentiment de sa force el la mâle tranquillité de son courage, imposer le respect autour de sa personne. On l'eût dit né pour le commandement. 11 en avait l'assurance, la spontanéité de résolution, la précision de coup d'o'il; et si son dévouement ne l'eût pas déterminé à s'éclipser dans la gloire de son frère, il aurait pu s'illustrer par lui-même, pour son propre compte, tant il possédait à un haut degré l'iustinct militaire, le génie du mariu el la prévoyance do l'administraleur.

Outre les nouvelles que don Barthélémy avait apportées d'Espagne, l'Amiral en reçut bientôt de j)lus récentes par Antonio de Torrez qui arriva, conduisant

LIVllE DKUXlKMi: — GUAPITIIE V

qiiatro raravollos, cliargéos des approvisionnements en subsistances, méilieamcnts, vêlements, mareliandises (lu'il avail di'Miaiiili'cs, cl amenant pour le service de riiùpilal un médecin, un apotlncaire; eu outre, quelques ouvriers mineurs et jardiniers.

Une missive de la Reine, datée du 10 août liOi, était particulièrement faite pour consoler rAmiral cl rafraîchir son âme de ses suaves sym|)atliies.

Cette lettre, la première qui soit parvenue de l'ancien monde au nouveau, est d'une importance inlime pour riiistoirc de Christophe Colomb. Elle rappelle le but véritable de sa Découverte.

La Reine lui dit d'abord : « Nous rendons de vives actions de grâces à Xotre-Seigneur. Nous espérons qu'avec son aide cette œuvre, qui est la vôtre, sera cause que notre sainte Foi Catholique recevra une grande extension »

Elle ajoute : « Dans tout ceci, l'une des principales .satisfactions que nous goûtions est de sentir que cette entreprise a été conçue, mise au jour et exécutée par voire génie, votre habileté, voire labeur. Et il nous parait que tout ce que, dès les premières ouvertures, vous nous aviez annoncé devoir arriver, s'est efteclué l'U majeure partie, avec autant de précision que si vous l'eussiez vu s'accomplir avant de nous le dire. «

Isabelle disait à Colomb avec quel plaisir elle relisait ses lettres, lui parlait de ses obligations pour de tels services. Tout en le remerciant de ses détails, elle en réclamait ili' plus amples sur ces régions nouvelles.

fî!

Ac

Wl

Sa vive cmiosilé de la Nature, qiie slimulait son amour des œuvres de Dieu, s'informait du nombre, de l'étendue, de la dislanee res|iertive de ees îles, des noms [iriiniliCs qu'elles |MUlaieiil, di' leurs produelions diveises. Isabelle souliaitait ]iouviiir, hanspoiU'e d'un trait sous ces cieux éclatants, eonteniplrr les iiiagnilicences équinoxiales, admirer les splendides décors de cette nature inconnue. On conçoit combien le fervent adorateur du Verbe, le contemplateur transcendant de la Création tressaillait d'une tendre joie à cette communauté de sympatliie et d'admiration religieuse.

^ii

'av^

^^(yli

Toutefois, ces consolations ne pouvaient remédier au mal ijui s'était conmiis pendant son absence.

Le commandant Pedro Mai'i;arit avait trompé l'attmte de l'Amiral, trabi l'bonneur militaire, et s'était insurgé contre le Conseil de gouvernement . Au lieu de procéder à l'exploration de nie, il alla camper à dix lieues de l'Isabelle, logeant sa troupe dans les villages des Indiens, où elle vivait, dispensée d; l'appel, de la retraite, des exercices, tandis qu'il courait lui-même à la recberche des plaisirs faciles. Les soldats scm- Maienl l'aire beaucoup d'honneur aux Indiens en leiuprenant leurs femmes, leurs provisions, leur or, et en consommant dans quelques jours des vivres qui leur auraient siifll pour le tiers de l'année.

Cependant, après avoir ruiné les habitants de la \'éga Pii'al, fait maudire le nom espagnol dans la )ilus

Page 1