‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 101 sur 208 · LIVRE DEUXIÈME — CHAPITKE VI · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME — CHAPITKE VI

strati'ijislc, n'unit rinq corps d'armcc, s'ôlovant onseiiiblc à cent mille homnics, ot leur (il occuper tous les déboudiés de la plaine royale, hors celui jiar où devaient passer les Espagnols, que la maladie avait réduits à deux cents fantassins et vingt cavaliers. Ceux-ci semblaient, iravancc, écrasés et })erdus sous celte masse immense d'ennemis. On frémit à l'idée d'une telle di.sproportion de forces. Pour sortir vainqueur de la iulli', chaque Espagnol devait laisser sur la place ou mettre en fuite cinq cents indigènes! un contre cinq cents! cela n'était jamais entré dans la pensée humaine.

Aux approches do la plaine, Colomb, cédant le commandement à don Oarlhélemy, monta sur une colline et se mit en oraison. Tel, autrefois. Moïse en marchant contre Amalec laissa le conuuandement à Josué, pour aller prier sur la montagne.

Au moment où cinq mille archers d'élite engageant la bataille obscurcissaient l'air de leurs flèches, à la supplication de Colomb, un vent violent s'éleva qui les faisait dévier; elles tombaient inertes loin du but. L'épouvante saisit alors les Indiens. Se débandant, ils s'enfuirent de toutes parts, tandis que les Espagnols criaient Min.vcLE! et, enthousiasmés du prodige, s'élançaient à la poursuite. Dans sa reconnaissance, Moïse avait fait élever sur le lieu un autel qu'il appela : « Le Seigneur est ma gloire. »

Dans sa gratitude, Colomb lit aussi dresser un autel, célébrer une messe d'action de grâces, et, en mémoire de ce divin secours, élever là une Croix, qui s'y voyait au temps de notre enfance.

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Cl Uo vicloiro, luimaiiicment impossible, fut ajipclL'C do son vrai nom : le miracle des flèches. Ce Iriomplie inespéré demeura dans !c souvenir de la colonie. Et pour l'élcrniser fut, érigée une éiilisc dont les vieilles peintures monlrenl encore aujourd'hui, sur les murs latéraux et au-dessus du iiiaîlre anlel, la grâce qu'accorda la Vierge conçue sans pi'ehé à son lidèle Serviteur.

Le lieu où pria Colomb continue d'être appelé la

SAINTE COLLINE, umio CCI'rO.

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L'Amiral continua sa marelie victorieuse dans plusieurs parties de l'île, maintenant la disciplinr |iarmi ses liommes, rendant la justice aux indigènes que sa présence protégeait contre toute insulte.

11 établit alors des impôts réguliers, consistant en poudre d'or. Jlalgré leur modération, une profonde tristesse s'étendait sur llispaniola.

Les corvées exigées de leurs sujets par les Caciques n'étaient jamais que de courte durée ; se bornaient à ([uelques légers droits de chasse et de pèrhe, à un }ii'u de cassave, de coton, et au service en temps de guerre. Les indigènes n'accomplissaient aucun travail pénible, la Nature pourvoyant elle-même à leurs principaux besoins. En grande partie, leur temps se passait dans la sieste, les jeux et les danses. Ceux du lilloral s'absorbaient dans une contemplation rêveuse au bord de la mer, tandis que les habitants de l'intérieur dissi-

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