LIVRE nEuxii'-;Mi': — chapitre vi
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paient los heures sons de délicieux ond)i"ages, oceiiin's (le récils, de clianls et di; danses divers. Ils avaieiil des poêles voya;".eui"s et nala:Us, Iiihiles à conter de.; avenlures di' ('iai'aïl)i's, des liisl(iiri\s de sorciers. Ces trouliaiiiinrs agrestes, grand:? <lis:Mirs de naiivclles, traduisaient dans les divers idiomes de l'ile les ])0('sies de la célèbre Anacoaua, dont le nom signiliait « llenr d'or ».
La Reine .\nacoana, la l)ell(\ la suave inspirée, Tiugénieuse créatrice des grands ballets et des doux poënies connus sous le titre d'Areytos, séduite par le courage de l'aventurier Caonabo, lui avait accordé sa main, en prix de sa bravoure. Un prestige d'ii'n'sistible séduction et de souveraineté inli'lleelnelli' enlourail l;i i-enonunée d'.Vnacoana. Son nom symboliqui^ n'arrivait aux Espagnols qu'à travers le niystéiieux lointain des forêts de Xaragua, où la Reine adorée s'était retirée auprès du roi Behechio, son frère, dej)uis l'enlèvement de son vaillant époux, « Seigneur de la maison d'or ». Les danses, très-modiliées suivant les districts, avaient un caractère national et des noms expressifs. Anacoana venait d'accroilre grandement leur imporlance par le rôle littéraire et scénique qu'elle leur destinait
Si le travail était pénible pour ces constitutions molles et frêles, parlicipanl de l'existence facile des fleurs et des oLseaux, la légularilé des labeurs n'était pas moins insupportable à ces peuplades ennemies de de toute contrainte, chez lesquelles la paresse n'étail ni un vice ni un défaut, mais formait un mode mêmi> de l'existence. Les indigènes demandaient naïvement aux Espagnols quand ils comptaient retourner au Tnrfij.
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niFlISTOPIIE COLOMB
Cependant, voyant s'élever leurs constructions cfo jiierre, remarquant qu'ils renvoyaient leurs vaisseaux sans se reiiil)arquer, ils comprirent que les Castillans s'étaient établis dans leur pays; ils se l'econnurenl en servitude et lombcrcnt dans ime profonde mélancolie.
Ne se dissimulant pas leur impuissance à expulser par les armes ces odieux étrangers, ils imaginèrent de les livrer à la faniim'. Comme les Esj)agn(ils étaient grands mangeurs, que depuis longtemps ils n'avaient point reçu d'approvisionnements et comptaient toujours un assezgrandnombrcdemalades, les indigènes crurent les détruire en les abandonnant à eux-mêmes, ils cessèrent donc de cultiver la terre; ils en arrachèrent même les aibres à fruits, puis se retirèrent dans les montagnes.
Ce complot de l'abstention et de l'éloignement s'exécuta sans obstacles, mais aux propres dépens de ceux (|ui l'avaieul cuiieu.
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contents crallaquor son caractère comme chef de t(ouverncmcnt, ils rherclièrent à porlor atteinte à s;i jirol)il('' ; ils raccusaient de se prorurer de l'or au d(''liiiiient des droils di' !a cnurdiinc.
Au milieu de ces aigres ré:'i'iiuinaliiins, qui prenait la défense de Colomb? qui rappelait les conjonctures terribles dans lesquelles il avait agi? L'Amiral élait étranger, absent; ses ennemis ne rencontraient aucun contradicteur; j'unanimilé de leurs plaintes devait obtenir crédit.
Malgré l'inslinclivc foi d'Isabelle dans l'excellence de Colomb, le noudjrc et l'unanimité des accusations (pii arrivaient au pied de son trône ne iiouvaienl manfjuer d'ébranler sa confiance. Elle voulut, prudemment, s'enquérir de la cause de cette animadvcrsion. Au lieu d'un juge instructeur, clic eut l'intention de cboisir, pour lui faire un rapport sur les faits, Juau Aguado, intendant de la c'iapelle royale, qui se trouvait l'obligé de Colomb, puiscpie l'Amiral l'avait recommandé à la Reine à son retour eu Caslille. Isabelle avait lieu de penser que ce choix serait, moins que tout autre, désagréable auVice-Uoi des Indes.
Juan Aguado parti! avec quatre caravelles. Il amenai! quelques religieux venant remplacer les déserteurs de l'apostolat qui avaient accompagné le Père Boïl, et d'autres que leur manque de vocation faisait soupirer après l'Espagne. Il emmenait aussi l'ingénieur des