‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 108 sur 208 · LIVRE DEUXIÈME — ClIAPITUE IX · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME — ClIAPITUE IX

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(le Cibao et d'Ilayna, donna des masques ornés d'or, des ceinlui'cs ornées d'or, des bourses remplies de grains d'or, des morceaux gros comme (l(;s lèves, et d'antres comme des noix qui provenaient des mines découvertes au moment de son départ. II leur offrit aussi des objets inconnus en Europe : des figurines, des armes, des instruments, des animaux, des plantes, des oiseaux qu'on n'avait point encoie vus. Ces produits d'un sol nouveau charmèrent la Reine. Ferdinand fut beaucoup plus sensible aux grains d'or, ils remercièrent Colomb et le traitèrent publiquement avec honneur, au grand désappointement de ses ennemis.

Dans le commencement de l'automne, il n'y avait plus ni argent, ni vaisseaux, ni équipages pour exécuter une nouvelle expédition. Cependant, sur l'ordre d'Isabelle six millions de marévadis furent destinés à l'armement de Colomb.

Le ÎIO octobre, le pilote Per Alonzo Nino, ramenant d'IIispaniola trois caravelles, entra dans le port de Cadix. Au lieu de se rendre immédiatement à la Cour, il s'en alla d'abord voir sa famille à Iluclva, se contentant d'écrire qu'il était arrivé avec un chargement d'or. Le roi Ferdinand, très-aise de cette nouvelle, changea aussitôt la destination des six millions affectés à Colomb, les employant à fortifier le lioussilion menacé par les Français. Ce fut seulement en décembre que Per Alonzo Nino présenta aux Souverains les dépêches

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dont il était chargé. Alors on eut la triste explication (le la mélaplioi'c employée par le pilote. Ce eliargement d'or qu'indiquait sa missive consistait dans le produit qu'on retirerait de la vente de trois cents prisonniers indiens qu'il avait à bord. Pour lui, c'était de l'or en barre!

Cette déception produisit un déplorable elïet. Elle resseud)lail à une mystification. Le roi Ferdinand en lut courroucé; la Reine se montra blessée de ce que, malgré ses ordres précédents relatifs à la liberté des Indiens, on en eût amené une telle quantité. L'Amiral lut centriste de cet envoi et particulièrement des détails qu'il apprit sur la situation de la Colonie.

Toutes les calomnies des complices du Père Boïl paraissaient ainsi justifiées. Les bureaux de la marine se réjouissaient de l'humiliation du Génois. Ce mécompte ternit d'une déconsidération profonde le nom de Colonie. Personne ne se gênait plus pour critiquer l'Amiral, même en sa présence. Chacun blâmait ses vues; il était, dit-il, (< accablé de reproches ». Les honmies d'Etat prétendaient que les Rois ne couvriraient jamais leurs dépenses.

Lsabelle, ferme dans sa foi en Colomb, partageant son désir d'accroître la .science, de glorifier le divin Rédempteur, dit à l'Amiral « de ne pas faire la moindre attention à ces propos, parce que sa volonté était de poursuivie cette entreprise et de la soutenir, dût-on n'en retirer que des pierres; qu'elle ne s'arrêtait point à la dépense, parce qu'elle croyait que noire sainte loi

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