‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 109 sur 208 · LIVRE DEUXIÈME — CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME — CHAPITRE IX

p'élcndrail ; cl que ceux qui dénigraient l'entreprise n'étaient pas amis de sa royale couronne ».

Pour l'instant le trésor étiiit épuisé, la Hotte absente. On n'avait ni navires, ni équipantes, ni nuinilions. Force était d'attendre que le temps eût donné des ressources.

Enfin le 2.3 avril de l'année suivante, Isaliollc rendit une ordonnance pour l'achat de tous les objets destinés aux Indes. Elle rédigea des instructions loucbant 1 population des îles et de la terre ferme. Le môme jour, la Reine étendit les pouvoirs précédemment accordés à Colomb.

Toutefois, sa générosité n'était pas satisfaite. Les découvertes récentes de vastes îles, d'arcliipols nombreux, tant de fatigues, de dangers, méritaient uni' marque exceplionnelle de gratitude. Elle offrit donc à l'Amiral de lui constituer une Principauté au lieu doni désignerait lui-même la situation. Ce domaine pi'ivé aurait une étendue de cinquante lieues de long sni' vingt-cinq de large, et, à son choix, on l'érigerait eu marquisat ou en duché.

Sans contredit, cette offre était séduisante. Ce duché, véritable principauté, représentant une superficie de douze cent cinquante lieues carrées, eût permis à Colomb de fonder une puissante maison pour son

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si'coiiil lil.s, tandis que l'aiiir succédait à ses charges, litres et dignités. Mais riiomnie de désir, le conlem- |ilateur du Verbe, ne laissait aucune prise aux considérations Inimainos. Kn lui rApôtre remportait sur le clief de famille. Oi', projetant de découvrir l'espace entier du Globe, d'en accomplir le tour et de délivrer enfin le Saint Sépulcre, il craignait que rattachement naturel iiuur une propriété si vaste, le gouvernement domestique de ce petit Étal ne pussent tenter son cœur de père, retarder ses explorations, ralentir l'accomplissemenl de ses travaux évang(Hiques, et avec un renoncement sublime il refusa la dotation royale.

Le 19 juin, la Reine transmit à l'Amiral des instructions pour la bonne administration et tutelle des pays nouveaux.

Mais ces instructions étaient données en pure perle. L'Amiral n'avait ni troupes, ni colons, ni équipages, demandant à passer aux Indes. Malgré l'appât de la solde royale el les espérances de l'or, personne ne se présentait pour l'enrôlement.

Dans celle extrémité, grâce aux préventions que les ennemis de l'Amiral avaient répandues, on fut réduit à chercher dans les prisons el les galères des recrues pour llispaniola.

Un peut juger de la force des préventions contre celte colonie, puisque les condamnés à mort, en y passant seulement deux ans, étaient graciés, el qu'une seule année de séjour y rachetait toutes les condamnations et les peines au-dessous du dernier supplice. Ainsi, lous les escrocs, les paijurcs, les faussaires, les

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