‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 110 sur 208 · LIVRE DEUXIÈME — CHAPITIIE IX · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME — CHAPITIIE IX

voleurs poiivaii'iil, on allant à loiirs frais à Hispaniola, revenir on Caslillo itloinonionl rôhabilitos.

Maljïré les bionvoillanlos dispositions de la Roino, manifeslces dès le mois de juillet 1 i9(i, pdiir iino nouvelle entreprise de découvertes, on était arrivé au mois de septembre ! i07 sans que les bureaux de la marine à Soville eussent assuré les moyens de cette expédition. Colomb venait de passer un an entier à attendre, à solliciter le payement de la solde arriérée, due à ces bomnies, dont la plupart l'avaient desservi et calomnié, mais qu'il plaignait et qu'il protégeait par cela qu'ils avaient soulTert. Les plus vifs soucis de l'Amiral pro- É^'-" venaient surtout de la situation où était laissée la colonie, qu'il pressentait tombée dans un état pire qu'on ne l'avait dit : ce qui était vrai.

Vers la fin de décembre, l'Amiral voyant l'impossibilité de vaincre la résistance passive des bureaux de Séville, au dire desquels on ne pouvait approvisionner les navires, à cause des prix excossils que demandaient les marcbands et du peu d'empressement qu'ils montraient à se cbarger des fournitures, se fit autoriser à cbercher des fournisseurs d'après la taxe et, à défaut de soumissionnaires, d'y pourvoir au mieux.

Ainsi, après dix-buit mois de patience, le grand Amiral de l'Océan, le Vice-Roi des Indes était rédurt à courir lui-même les boutiques pour acbeter des haricots, des fèves, du ri/., du vin, du porc salé, des pois chiches, de l'iuiile, débattre le prix des denrées et s'assurer de la qualité des vivres. Ce rôle étrange et celte fatigue, que son zèle pour le service de Dieu et des

Rois lui avait fait accepter, ne furent pas les moindres de ses sacrilices. Un liislorici^raplie royal parle aussi de ces peines inexprimables. Toutefois, malgré ses efforts, il ne put, avec la somme provisoire qu'il avait reçue, armer que deux caravelles. Son |u"eï.senliment de la pénurie où languissaient les colons d'ilispaniola le porta à les leur expédier sans retard. Elles partirent au commencement de février 1-498.

Il parait qu'en ce moment Isabelle insista de nouveau pour faire accepter à Colomb, en apanage, ce petit royaume particulier, de douze cent cinquante lieues carrées, qu'on lui avait offert de créer dans l'Ile Espagnole. Cbrislopbc Colomb maintint le généreux dévouement de son refus.

Malgré l'appui de la Reine, l'Amiral dut employer les mois de mars, d'aviil et une partie de mai à réunir lui-même les moyens d'entreprendre sa nouvelle expédition. Son activité parvint à déjouer l'inaction calculée de l'Ordonnateur général et à surmonter les obstacles que lui suscitait la malveillance de ses bureaux ; de telle sorte qu'à la fin de mai, dans le port de San-Lucar de Barrameda, on voyait six caravelles prèles à appareiller. Mais ce succès exaspérait Juan de Fonseca et ses créatures. Jusqu'alors l'Amiral n'avait été offensé qu'indirectement; on résolut d'essayer de l'injure violente et publique.

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