‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 11 sur 208 · I.IYIIH PI! i: Mil: Il - CIIAPITItK · texte numérisé non relu

I.IYIIH PI! i: Mil: Il - CIIAPITItK

conlempialion passionnée do l'anivrc divine reçut tout à coup, au soin do son pro])ro loyor, un rapide dL'V(;lopponienl. Dans les causeries de rinlimitô, sa bcllouirrc, femme d'une éminentc piété, fort zélée pour l'Église, frappée de son iiirlinali<in à pénélror l'inconnu, de son désir de découvrir les contrées ignorées, lui raconta la vie de son mari, qui avait été un lialiile lionmic de mer. Elle lui apprit de quelle manière il avait coopéré à la découverte do plusieursîles. Klie lui confia les notes et journaux des voyages de son boau-poro. Do ces observations, Colomb tira bientôt un appui pour son projet. 11 examina tout le progrès des Portugais sur la côte de Guinée et la roule ([u'ils suivaient pour y attérir. Quoique temps après, il s'embarqua avec dona Folippa, sa femme, pour sa stérile possession de Porto-Santo; il y demeura uu certain temps. Ce fut là que naquit son premier fils, Diego.

Kntouré do l'immensité des Ilots, sous l'éblouissante lumière du soleil tropical, le génie de Colomb mûrissait dans les abîmes dosa pensée une idée surbumaim', mi projet plus bardi que riiéroïsme connu. Ce qu'il vit, ce qu'il onlomlil m' lit que corroborer la bardiosse de ses inductions. Ses lialtitudi^s, ses goûts, ses rapports do voisinage et de parenté semblaient arrangés d'avance pour servir au plan qui s'élaborait dans les [U'ofondours de sa réflexion.

La seconde sœur de dona Felippa avait aussi dos droits sur les possessions de Porto-Santo. Elle devint la leuuue d'un noble marin, Pedro Correa, qui l'ut uoiivM'njur de celle île. Duraal les épancbemenls du

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foyer doinesliqiie, CoIoiuIj pouvait comnuiniquer ses npcreiis cosniograpliiques à ce iiavigaleui', recueillir ses observations. Il eut occasion de faire quelques voyages aux îles les plus avancées dans l'Atlantique, loin de la côte africaine. Il alla à Madère, aux Açores. Il passa à la côte de Guinée, visita rcnibouchurc du fleuve d'Or, cl rio cVOro, séjourna à la forteresse de Saint-Georges de la Mine, étendant ainsi le domaine de son expérience et l'éclielle de ses comparaisons.

Pedro Correa lui dit avoir vu, dans les parages de l'île, une i>ièce de bois travaillée délicatement, et poussée par le vent d'ouest vers le rivage, comme si elle arrivait de l'autre côté de la mer. Aux Açores, il apprit que, par les vents d'ouest, les flots poussaient contre les côtes de Graciosa, de Fayal, de grands pins dont l'espèce était inconnue. On l'assura qu'à l'île des Fleurs on avait trouvé sur la grève deux cadavres dont les traits diflëraient de tous ceux des insulaires. On prétendait aussi avoir rencontré des barques pleines d'hommes d'une l'ace inconnue. Un oflicier de la marine portugaise, Martin Vincente, lui confia qu'à quatre cent cinquante lieues de l'Europe, vers l'occiilent , il avait retiré des vagues une pièce de bois liarfaitement ciselée, qu'ime brise de l'ouest poussait depuis plusieurs jours i-n vue de son bord. Un aulre marin, Antonio Lcme, qui s'était marié à Madère, lui raconta qu'ayant navigué fort avant vers le couchant, il avait aperçu trois îles à l'exlrèmc ligne de l'ouest.

Ces renseignements, aux(pii'ls on a allrihui' une grande influence sur les déterminations de Colomb, n'élaient qu'un stimulant pour son attention; mais ils

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