LIVRE DEUXIÈME — CHAPITRE IX
poiiirail son asconilnnt personnel sur rcscaiirc cl les maifîiiteiirs quVUi; liaus|iorlait. C'est ce que voulaient ses ennemis. S'il ivpiiniait lui-inènic l'insolenee, n'eùt-il donne qu'une gounnade, il y avait matière surfisanlc à l'inculper de voies de fait, de violence corporelle, de rage et de brulalilé. Par cela même, toutes les accusations du père Boïl, de Pedro Margarit cl (kl commissaire Juan Aguado sur sa violence et sa cruaulé étaient prouvées sans réplique.
G"l incident, qu'avait lait nailie don Juan de Fonscca, fut amplement commenté à la Cour par ses soins et ceux de ses partisans. Puisque sur le sol même de l'Kspagne, dans un jiort des Rois catholiques, l'Amiral traitait ainsi un de leurs olliciers, que ne devait-il pas oser dans ces régions lointaines où son autorité s'exerçait sans contrôle? Jimeno, l'inràine shin' de Fonseca, devint l'objet de la compassion et de l'inlérèl de la Cour. On plaignit, on consola l'insulteur; on l'indemnisa de son désagrément. Et l'offensé fut réprouvé par l'ojiinion publique.
11 n'était plus là pour se défendre. L'Amiral avait levé l'ancre, recevant pour adieux l'outrage, etemportant le pressentiment du blâme dont on l'accablerait absent.
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CHRISTOPHE COLOMU. 42
qu'il pouriait découvrir. D'indéfinissables apcrcep- (ions ravissaient déjà son cœur d'Apôtre.
Ce n'était plus des îles que cherchait Colomb; il allait, inainlenanl interroger les espaces inconnus de l'Océan au midi et s'avançait résolument à la reihcrrlie d'un Continent nouveau, (pie son intuition pressentait devoir exister sous une latitude plus avancée vers l'occident. D'après ses espérances, ce nouveau voyage allait presque égaler l'iinportancc de sa première découverte.
Très-préoccupé des besoins de la Colonie, étant arrivé à la hauteur de l'île de Fit, il dirigea sur l'Es- ])agnole trois navires, leur indiquant le plus court chemin. Ensuite, avec les trois autres caravelles, il mit le cap vers la zone torride « au nom de la Très- Sainle Trinité i>.
Une attaque de goutte, aggravée par la fièvre, vint ajouter à ses fatigues. Mais, l'énergie de sa volonté dominant la douleur, il ne cessa pas de diriger en personne la navigation. Quand on eut dépassé l'île stérile de Belle-Vue, refuge des lépreux portugais, l'Amiral porta au sud-est. Depuis le 27 on n'avait pu ni observer les étoiles, ni prendre la hauteur, tant étaient épaisses les brumes.
Quand la flottille eut fait encore cent vingt lieues, le 1 .j juillet, le vent tondja tout à coup ; les vagues s'aplanirent, les voiles pendaient fiasques le long des mâts ; aucune brise ne ridait l'ardent miroir des eaux qu'embrasait un soleil vertical. L-^s navires semblaient fixés par la quille sur la face d'une mer d'argent. Le calme