‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 115 sur 208 · LIVRE TllOlSllïME — CHAPITHi; PU KM 1 EH · texte numérisé non relu

LIVRE TllOlSllïME — CHAPITHi; PU KM 1 EH

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offrait aucun point de reconnaissanco, il on cliorrlm d'un autre rôle. Après avoir couru bien des bordées, il aperçut la crèle d'un promontoiic qu'il crut une conlinualion de lalerie de Gracia, ce qui était exact. Il lit puiser de l'eau dans la mer: elle se trouva si douce qu'elle parut bonne à boire. Un courant trèsfort le poussait vers l'est-nord-est. Plus on avançait, plus on trouvait l'eau douce et agréable à boire.

Dès qu'on aperçut des terrains déboisés et rnis en culture, l'Amiral fit descendre Pierre de Terrcros avec un détaclieuient. On trouva des sentiers frayés, du feu, du poisson et une luaison sans toiture. On aperçut une multitude de singes ; mais aucun babitant ne se montra. Les Indiens acquéraient une telle supériorité dans la portée de la vue, la faculté de l'ouïe, la subtilité de l'odorat, qu'ils apercevaient les étrangers avant d'en être vus, entendaient leurs pas, reconnaissaient leurs traces, et ainsi se dérobaient à leur rencontre ; c'est pourquoi, à la terre de Gracia comme déjà dans l'île de la Trinité, les Espagnols ne purent en surprendre aucun.

Colomb ordonna di> célébrer le Dimancbe sur cotte terre nouvelle. On éleva une grande Croix au jioiut le plus exbaussé du rivage. L'Amiral fut représenté à cette cérémonie par le vertueux capitaine Pierre de Terreros, car l'état aigu de son oplitbalmie le forçait en ce moment à rester enfermé dans sa caliiue.

Le premier Européen qui posa le pied sur le Nouveau Continent fut donc Pierre de Terreros.

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Le Icmli'iiiain lundi, 0 août, l'Amiral fil louvoyor piTs (le la (Ole (,'t s'empara d'un polit canol laonti'' par cin(i Indiens. Il leur donna des verroleries, des moicoaux de sucre, des grelols, ce qui les combla de joie, puis ordonna de les ramènera terre. Selon ses iirévisions, les habitants, instruits du bon traitement qu'avaient (.'prouv(' leurs compatriotes, couvrirent bientôt la grève. Tous voulaient venir aux caravelles. Ils apiiortaienl en pi(''senl : du pain, de l'eau }iure, une sorte de vin, des boucliers, des arcs, même des llèclies empoisoûn(!'es. Us considéraient avec un (!'tonnenient indicible les Espagnols, les regardaient curieusement, llairaienlavec une certaine sensualité leurs vêtements, leurs chaloupes et les bagatelles qu'ils leur donnaient. Ils trouvaient à ces étrangers une senteur agréable.

Le lendemain, à huit lieues de là, l'Amiral vit le cap de r.Viguille, y trouva la campagne magnilique et la plage très-peuplée.

Mais ce n'était que par échap|iées qu'il pouvait lilisser un regard sur cette onidente contrée. Son ophthalmie rempèihait de (juiller sa (vabine. 11 iiilerrogeait, et on lui rendait compte. C'est seulement par rapnrécialion d'aulrui qu'il essayait déjuger. Ce lieu larul délicieux : il le nomma les Jardins. Plusieurs ludiens vinrent le prier, de la part de leur Roi, de descendre à leire. La plupart paraient leur cou de |>laques d'or ae la grandeur d'un fer à cheval. Ils palaissaient tiers de cet ornement, et pourtant il n'y en eut pas un qui ne le cédât volontiers pour une sonnette, malgré son désir de vérifier lui-même ces lieux, Colomb

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