‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 116 sur 208 · LIVRE TROISIEME — CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME — CHAPITRE PREMIER

iliil y rononccr; los néressitcs prossanlps de la colonie i'eiiii)lissaient son cœur (rinqiiir'tiide. Sa santé épuisée par li'S veilles continuos, ses yeux dans un élal voisin (le la cécité, lui l'aisaienl senlic le hesoin d'arriver à llispaniola, d'où il aurait envoyé son frère Barthélémy continuer ses découvertes.

Cluistophe Colomb commanda de porter au coufliant. On atteignit un jïolfe très-!;Tand, qu'entouraient quatre autres goIlVs moindres, dans lequel si; déchargeaient le Paria, le Guarapichc,le Fantasima, le Cacao, le Caripe. L'eau était très-douce : « Je n'en ai jamais liu (le pareille, » disait l'.Xmiral. Il appela celte sorte de mer intérieure « le goll'e des Perles », c'est le golfe de Paria. Il espérait trouver un détroit au nord de ces parages, car on n'avait d'issue ni par le couchant ni par le midi. Mais on se vit enfermé de tous côtés par la terre. Le il août, Colomb levant l'ancre, revint sur ses pas pour franchir le dangereux détroit. Les courants l'y poussaient fortement.

Entre la pointe de la Trinité et la terre ferme se trouvent plusieurs îles qui ne laissent entre elles que des issues impraticables aux navires. Mais entre la plus grande de ces îles el le continent américain s'ouvre un passage large d'environ une lieue et demie, le seul par lequel on puisse débouquer dans la mer Caraïbe. Toutefois, pendant les mois de juillet et août, le débordement des grands fleuves qui se déchargent

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flans le golfe fin Pai-in donno aux murants d'eau floucf^ une impulsion trirililc. Celle masse fl'eau fluviale lieui'te les îles f|ui s'opposenl à son issue; el île la ulle enlie les flots fl'eau doure et les vagues sali'es résulte un choc bruyant, f{ui imite les bouillonnenienls el les bru ils (les écueils.

Si, pour entrer dans le golfe de Paria, Colomb avail eu besoin du secours di; la Providence, son assistance ne lui fui pas moins nécessaire poui' en sorlir. L'Iiisloriographc royal llerrera le reconnaît. « Là, le p(!'ril fui jilus giand encore. »

Un peu avant midi, les trois caravelles se trouvaient près de la passe. Un bouleversement affreux se voyait dans les flots. Faute de vent, les pilotes ne pouvant s'aider de leurs voiles, appréhendaient d'être jetés par la violence des courants sur les bas-fonds el brisés contre les rochers de l'un on de l'aulre bord. LWniiral avoua que s'ils parvenaient à se lirer de là ils pourraient bien dire fpi'ils avaient été délivrés de la bouche du Dragon. « \ cause de quoi ce nom lui demeura. »

Prolitant d'une brise de terre, Colomb lit avancer les caravelles. « A peine les vaisseaux ctaicnt-ils entrés dans cette espèce de défilé terrible, que le vent tomba entièrement, et ils manquaient à chaque instant d'ètn; précipités contre les rochers. » Le Révélateur du Glol)e n'invoqua pas vainement son Maître. Au moment du plus graufl danger, le secours invisible lui vint d'en Haut. Le vent se leva soudain avec force; l'eau douce grossit ses vagues comme des collines. « Enfin Dieu voulut ipii! cette même eau douce, maîtrisant la salée,

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