LIVRE TROISIÈME — CHAPITRE PREMIER
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jotAt li^s vaisseaux dehors. « Telle élait l'assurance de l'Amiral, sa confiance dans « la miséricorde de sa llauto Maji'slé », que, dans ce moment ri'dnulahle, il s'occupait tranquillement d'observations hydro^rapliiques. Habitué aux prodiges de l'assistance divine, il ne mentionne même pas ce secours merveilleux. Pendant ce sondage, les équipages étaient à peine revenus de leur consternation.
Dès que ses trois caravelles eurent franchi l'écumante « bou<iii' du Dragon », Colomb donna publiquement cours à sa gratitude. Il remercia hautement lo Seigneur de l'avoir soustrait aux périls de l'abnne.
Il fit porter au nord-ouest, et signala en face du cai) « des trois Pics » les trois îles qu'il appela les Témoins, par allusion aux trois événements miraculeux de ce troisième voyage, entrepris sous l'invocation de la Trinité. Ensuite, laissant deux îles plus éloignées, qu'il nomma en l'honneur de la Sainte Vierge, l'une la Conception et l'autre l'Assomption, il atteignit la Marguerite, véritable joyau de la nature, île parée d'une verdure somptueuse, riche des dons du sol, des produits de la mer et couverte d'habitations.
Séduit par ces aspects, l'Amiral aurait poursuivi sa navigation en longeant la côte de Cnmana, dont l'horizon éternellement pur offre à l'admiration de l'homme, dans la constante sérénité des nuits, plusieurs constellations des deux mondes, et réunit sur la limite aérienne de l'ancien hémisphère les surprises du Ciel austral. De là, se découvrent, abaissés vers l'extrême horizon du nord, les astres familiers de l'Europe : le Cliariot, la
CHKISTOPHE COLOMB
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Celte nature trrandiose , la iloiireur de la teinpcralure, la vivaeité du ciel, le cliangeiuent des consiellalions, la direelion des courants, l'abondanee de l'eau douce au milieu de la mer, soulevaient en son esprit des luasses de questions et d'idées.
A certains traits de physionomie cosmique, insaisissables pour tout autre observateur, il avait reconnu la grande division £;éoiiraplii(iue du Globe et la [larlie opime de l'un des principaux continents. Par ses seules impressions qu'il n'aurait pu définir, il sentait que la partie de la Terre où il se trouvait alors était |iluclevée que celle d'où il était parti. 11 lui semblait avoir gravi le dos de la mer comme une montagne ; il assurait s'être approché de la partie la plus exhaussée du Monde.
Déjà cette simple assertion dépassait, de toute la hauteur du génie, les enseignements de la science contemporaine. Colomb était sur la voie d'une grande découverte cosmograpliique : le renflement équa-
TOItlAL.
Dans sa rapide relation aux Rois catholiques , l'.Vmiral dit clairement que l'on croit que la Terre est ronde; mais que, par ce qu'il a vu, il conjecture que la Terre n'est point parfaitement spiiérique; qu'elle a plutôt la forme d'une poire très-arrondie, dont la partie ([ui tient au pédicule serait plus allongée, cl que cette partie conséquemment est plus rapprochée des cieux. En elTet, le rcnncmenl équalorial mesure une hauteur d'environ vingt et un kilomètres ou cinq