‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 118 sur 208 · LIVRE TRIOISlftME — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE TRIOISlftME — CHAPITRE II

lieues do posle : c'est à peu près cinq fois la hniitcur du niout lilanr. Celle partie du Globe plonge plus prnfondénient dans l'éther.

I,'i(l(''(' du renflement rqualorial est si nelle dans l'esprit de Colomb, qu'il détermine le trait géodésique de sa formation. Il dit que eelle élévation n'est point produite par une saillie abrupte de la Terre dans cette contrée; qu'elle n'est pas un accident brusque et pénible du sol; mais qu'elle procède de fort loin, étant ménagée et amenée par une progression insensible. Ce qui est parfaitement exact.

Delà découverte du renflement équatorial, Colomb pousse plus avant encore dans la science. Il s'efforce de reconnaître le caractère historique de cette contrée. Ce pays étant le plus rapproché des cieux, par conséijuiMil ayant reçu le premier les rayons du soleil, l'Amiral se demande si celte sublime élévation, celle aménité de température n'indiquent pas l'ancien séjour du premier honunc, le paradis terrestre,

En voyant une telle masse d'eau produite par un fleuve, Colomb induit que si ce fleuve ne descend pas du paradis terrestre, il a nécessairement un cours trèslong; dès lors, il doit provenir d'une terre immene, située au midi, et sur laquelle on n'a pas eu jusqu'à présent de renseignements.

Ainsi qu'à la qualité de l'eau de la mer il avait reconnu l'immensité du fleuve qu'il ne voyait pas, par la puissance du fleuve il avait jugé de son parcours ; par le parcours, de l'étendue de la terre; et par cette

CHRISTOPHE COLOMB. — Il

clondiie, il avait, apprécié le raractèrc géographique du sol. Ce no pouvait, dès lors, être uue ilc : c'était uu Continent!

Nous disons plus : Ce jour-là, cl à dater de ce moment même, le Révélateur du Globe sentit qu'il avait touché une terre dont l'Europe n'avait jamais eu encore aucune notion. Donc, il ne croyait ])lus être en Asie, mais sur un Continent tout à lait inconnu jusqu'alors.

Colomb venait de signaler le Nouveau Monde.

Ainsi qu'à la qualité de l'eau il avait deviné le caractère de la terre, au mouvement des flots il avait deviné une des lois générales du Globe : le çrand fleuve de l'Océan ou coluant équatoriai,.

Il affirmait que les eaux de la mer se meuvent comme les Cieux, d'orient eu occident; ce qui est l'opposé du mouvement de la Terre, d'occident en oiieut. 11 aflirmait aussi que dans ce parage méridional la marche du fleuve pélagique était accélérée. Il altribuail à ce rapide mouvement la dislocation de l'île de la Trinité, qui faisait autrefois partie du Continent, et l'état actuel de nombreuses îles toutes orientées dans le même sens, uniformément élargies du couchaiU au' levant, étroites au contraire du nord au sud et du nord au sud-i'st, que l'on reconnaissait avoir été rongées l)ar la violence du courant pélagique.

Durant ce voyage où l'Amiial vient de découvrir tant de choses eu dix-huit jours, son raisonnement se montre encore supérieur à ses découvertes

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