‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 120 sur 208 · LIVRE TItOISiftMlî — ClIAPITIUi; III · texte numérisé non relu

LIVRE TItOISiftMlî — ClIAPITIUi; III

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un ti'l rxi'iii|ili^ ti'inil/'|icii(l;inrc devant los Caciiitu's soumis. L'Adclaiilailo marcha vers Xaragiia, sous l'appan-nce d'une excursion topof,n'apliiquc. Bcliocliio, très-susceptible dans son or},Mieil, au premier avis de eclle visite, mit sur pied environ quarante mille lionunes. Mais bientôt, d'après les consi'ils de sa sœur, la célèbre n Heur d'or », il rappela ses troupes.

La reine Anacoana n'était pas seulement le [iiiinicr poêle de l'île; ellr rii Inrniait encore la poésie l;i plus suave. Sa pi-rsonne, ï-a vie, ses conce|ilions Irnaictit de l'enclianlemenl. Elle était inspiratrice avant d'être inspirée. On lui devait des ballades et des ballets, des poésies parlées et chantées, enrichies dr pas clion'- >,'ra|iliiipies n'haussés d'une panlomime .savante. Le crédit liltéiaire d'Anaroana rendait nalionaux les areytos de son invenlion, et tous les souverains de l'ih; se trouvaient tributaires de sa choréf^raphie.

lieine de la langue, du cérémonial, des jeux et des plaisirs, elh; avait fait adopter l'i'tifpietti! de sa cour, mis à la mode ses paiures, ses meubles, ses Heurs préférées. Son palais regorgeait d'ustensiles élégants, de coquettes frivolités, d'instruments fragiles, petits cliefsd'onivre de l'art indigène. C'étaient des paniers ties.sés à Jour, des calebasses ciselées ou peintes, des élolfes teintes de vives couleurs, des sièges souples et légers, des hamacs aériens, de fabuleux éventails, des masques ornés d'or, des parures eu coquillages. Anacoana no

CIlilISTUPHE CUI.CIMU.

CHRISTOPHR COLOMB

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rivhoivhait pas moins le rout'oit que réléganco. Elli^ avait une sorte de seiviee de table, des nappes fines de coton émaillêes de fleurs, et des espèces de servietles en feuilles odorantes.

Temple de goût toujours ouvert à l'invenlion, le palais d'Anacoana, embaumé de senteurs, peuplé d'oiseaux 'amiliers, déjeunes et folâtres vierges, résonnait fréquemment de sons harmonieux. L'influence d'Anacoana sur tous les souverains, la prépondérance de ses idées prouvent du reste qu'au milieu des ébauches littéraires, des ingénieux colilicliets que patronnait son goût inventif, il existait en elle des qualités hautes et solides. Chez ces peuples, où le respect de la coulum devient une religion, son désir des choses nouvelles, joint à sa réussite dans les nouveautés, indiquait une précision de coup d'oeil, un facile maniement des esprits, preuve d'une supériorité non douteuse. Le gracieux génie de cette Reine la portait naturellement sur les voi.s de la civilisation. Sa fécondité de conception pai-aitra singulièrement hardie si l'on songe à son isolement dintelliirence.

Nous ne pouvons parlerde cette femme, qui présentait l'individualité la plus remarquable d'IIaïîi, sans rendre justice à ses talents, à sa grandeur relative, aux sympathies qui l'attiraient vei"s ces étrangers, déjà devenus un sujet d'inquiétude et d'effroi pour le reste des seigneurde l'Ile. Aussi le cruel calomniateur d'Anacoana, Oviedo, est-il forcé à cet aveu : « Au reste, elle était de graml esprit, et savait être senie, révérée et crainte de si~ gens. .\près la mort de son frère et de son mari, ell'.

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