LIVRE TROISIÈME — CHAPITRE IV
Monflo, Tin rapport do l'Amiral qui exposait sa siliiatioii criliqiio l'I la nianièio tlont on poiiiTait y remédier. Il demandait instamment quelques religieux de mérite, et surtout renvoi d'un juge habile, déjà exercé à rendre la justice.
.Après le départ des caravelles, maintes fois, par l'entremise d'honorables officiers de inor, des négociations furent entamées avec le chef des révoltés, sans jamais aboutir, tant étaient exorbitantes ses exigences. A la suite d'un long échange de propositions invariablement blessantes pour sa dignité, renonçant aux intermédiaires, Colomb, àrexi'iiipledu Bon Pasteur qui cherche la brebis égaréi>, vint au-devant de Roldan avec deux caravelles dans le port d'.Vzua, quartier général du rebelle. Loin d'être touché d'une bonté à laquelle il avait perdu tous droits, l'insurgé monta sur le navire de l'.Vmiral et fit hautainement ses conditions comme s'il traitait en vainqueur. Malgré l'énormité de ses prétentions, l'Amiral y souscrivit par amour de la paix. Il dut suliir l'arrogance et les dures volontés de son ancien domestique. Afin qu'aucune amertume ne lui fût épargnée, les complires de Roldan aggravèrent ses conditions de stipulations dérisoires, comble de l'impudence et de l'insulte.
Le cœur se soulève au récit de ces outrages. La tristesse égale l'indignation quand on voit le Révélateur du Nouveau Monde, ce héros chrétien, obligé de contester et de débattre avec do pareils misérables, réduit à accepter les conditions d'un serviteur atrocement ingrat, et menacé dans .son pouvoir et son oxislencc
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par fies hidalgos dévergondés, des soldats ennemis de la discipline, des ouvriers faiiiéaiils, des réelusionnaires auxquels il .avait ])rocur('' le facile moyen de devoir à eux-mêmes leur réiiabilitation!
Par surcroît, Colomb, au lieu de rcfficacc appui qu'il attendait des Rois, reçut uue réponse écrite sous l'inspiration haineuse de don Juau de Fonscca. Ëvilemment, son rapport si précis, si complet, n'avait point convaincu les Souverains. Ainsi, la supériorité de ses vues, tant de prodiges accomplis, tous ses eflbrts pour la grandeur et la gloire de l'Espagne, son zèle à répandre la Foi, ne pouvaient conire-halancer les du'cs d'honunes vils et pervers. Il suflisail de l'accuser pour être accueilli.
Cette conviction désolante ne l'empêcha point de poursuivre son plan de réorganisation.
Sur ces enlrefailes, des bruits inquiétants arrivèrent (lu niird-nuest d'ilispafiiola. Une révolte générale se préparait. Les Cigiiayens, plus impatients du joug étranger que le reste des insulaires, venaient de se lever en armes.
Pendant que son frère était séparé de lui par des peuplades révoltées et Saint-Domingue sans moyen de défense, une nouvelle plus alarmante encore que cette insurrection parvint à Colomb du ccMé opposé de l'île.
Quatre caravelles avaient paru dans le port de