‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 127 sur 208 · SOC · texte numérisé non relu

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sans qu'ils s'en doiilassont. Puis, durant une nuil où les principaux conspirateurs s'étaient rendus au lieu de la convocalion, qu'ilscroyaientcntièrenient secrète, le (Irand .lui^^e, homme hardi, rohusto, fort iiahile aux armes, arrivant soudain avec sept domestiques el trois soldais résolus, fondit à l'iuiprovistc sur ce coniilinhuleets'enq)aradesprin(ij)aux conjurés, qu'il cnuucna enchaînés à la citadelle de Saint-Domingue.

La promptitude du châtiment, l'innexiliilité du Grand Juge, sa déférence empressée aux moindres désirs du Yice-Iloi, intimidèrent les rehelles; ils |)iiii'iil la t'iiili'. Les lidinmes hien intentionnés se sentirent rassurés, et les indigènes rentrèrent tous sous l'ohéissancc de la Castille. ils recommencèrent à jiayer li's trihuls. Les colons j)aisihles purent entreprendre les grands travaux de culture auxquels les encourageait l'Aiiiiial. On multipliait les plantations; les troupeauv s'accroissaient. La tranquillité régnait dans toute l'ile, elun seul Espagnol pouvait avec sécurité la traverseï', même sans armes. Déjà un certain nomhrc d'Indiens (if)nmienraii'nt à vivre et à se vèlir à reur(i|i(''euni;. ll> <lemandaient le haptème. Tout l'avenir de la colonii; s'annonçait sous d'heureux présages.

La capitale d'Ilispanioia, création presque spontanée, prenait une extension rapide. La ville de Saiul- Doliiingue, construite sur le plan di' Christophe Coiondj, durant son ahscncc, par don lîarlhélemy, témoignait d'un merveilleux talent d'ingénieur cl d'architecte. Le site était admirablement choisi. D'un ahord et d'une

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LIVKE THOISIÈME — CHAPITRE IV

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dclenso ùgalciiicnl l'acik-s, à l'alui ilc la violence tlos venis, joiiissaiU d'oinl)ra;;i's drliciuiix, aliiiioiilée d'im eau fxoellenle, celle lapilalc oll'rail les condilions ili' ■M'i'iMii- les plus favorables, l.a sûreté, la eonuiKHliti'', la salubrité, ragrémeiit, réunis, iicnucllaiout au\ Imuolirens (le s'acclimater aisément.

Dans l'esprit de sou l'oudaleur, Saint-Domingue, siéfre de la vicc-royaulé des Indes, devait être le foyi-r de la propaijande ehréticnnc dans le Nouveau .Mondr. Aussi est-ce là qu'il avait ordonné d'établir une i'acullé de tliéologie pour les prêtres destinés à évanyéliser les peuples idolâtres.

Sous l'impulsion du Vice-Roi des Indes, l'agricullure, mise en lionuciu'. se développait proiii'essivcmcnt. De jour en jdui' de nouvelles plantations s'étendaient sur des terrains jusque-là verdoyants, mais inqnoduclil's.

F]n même temps, Colomb l'aisail iiàlir dans la jilaine ipi'il avait dé'diée à rhumarulée Cdnci'plion une vaste l'iirteresse rpii allait bieiilùt ilrvrnir l'orii^iiie (TMiir ville épiscopale. La prospérité montait àsoncond)le; l'abondance des ^isiMMi-nlsauiifères riMidait la ririicsse cliose commune à llispaniola.

l/.Vmiral s'était assuré qu'avant trois ans les simiIs drciils royaux jiei'eus dans l'ik s'i''lèvi'i'aii'nl, pour le moins, a soixante millions de produit anmul. l!!n ellel, cinq ans après, ils dépassaient cent millidii^.

Mais déjà, par l'inlluence des bureaux deSévillc, en

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rendu à la Couronne toute animosité marquée ronire les Colomb. La malveillance du roi Ferdinand n'rlail plus nn mystère. Le monarque enviait la C(''lél)rilé du ;:rand lioninie, jalousail le n'spcct allrelueux (|n"avail conru jioui- lui la llrine. Dès l'année liOti, il avait regretté le tili'e de Viee-Koi donné à un étranger. Dans ses lettres, il ne l'appelait jamais que « l'.Vmiral des Indes ». Les titres de Yiee-Iioi et de Couverneur perp(''hnd l'iairnt, avec inli-nlion, pass{''s sous sili'uee.

La nouvelle découviule de la Terre ferme et les profondes observations de Colomb sur ces régions ignol'ées avaient fort satisfait la Reine. Quant à Ferdinand, il m- Irouvait point que les résultais d'i ces expéditions eussent jusqu'ici converties avances du Trésor et il ne vnvait dans la ]iersonne de Colondi qu'une ni'rasion de stérile dépense. Il prêtait complaisannncnl l'oreille à ses accusateurs.

Les mécontents, revenus ou renvoyés de l'île Espagnol(% ré|iandaienl à Sé'vllle les calomnies ([ue les courti.sans de Roldan avaient fabriquées contre Colomb.

Ces gens-là se plaignaient de la misère où les avait n'duils l'Auiiral, ajirès les avoir accablés de corvées et de mauvais traitements. UsUii attribuaient leurmaladie comme loir pauvreté. Ils l'accusaient de vouloir faire mourir tous les vrais bidalgos, afm que, n'ayant plus sous ses ordres que des gens sans aveu, il lui devint facile de les insurger contre les Rois et de se déclarer souverain indépendant. Kgalement on l'accusait d'avoir em|)ècb('' les prêtres et les religieux de donner le baplème aux Indiens qu'ils en jugeaient dignes, parce qu'il aimait mieux pouvoir les faire esclaves que cbrétieus.

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