‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 129 sur 208 · LIVRE TROISIEME — CHAPITRE M · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME — CHAPITRE M

épanchements de sa piété, les plus infimes confidences de ce Cd'ur sublime, furent souillés par son roi^anl de sycoplianlc. Il coulisqua comuic une dépouilh; légitime les secrets du génie et supprima des dossiers administratifs toutes les pièces qui eussent confondu les accusateurs de l'Amiral.

En même temps, le nouveau frnuverneur, pour inaugurer sa nouvelle adniinistratioa par un acte éclatant, lit publier rautorisalion accordée, pour vingt ans, à tout habitant de l'Ile d'exploiter les mines d'or.

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Cependant un messager de don Diego Colomb vint surprendie l'Amiral au milieu des solides fortilicalions qu'il élevait à la Conception. L'Amiral pensa d'abord que le commandeur, comme autrefois Juan d'Aguado, infatué de ses pouvoirs, les exagérait. Ne trouvant dans sa conscience rien qui motivât une telle rigueur de la l)art des Rois, il était sur le point de croire que ce Bobadilla avait fabri([ué ces titres pour en imposer aux crédules et recommencer les troubles si péniblement apaisés. Il lui écrivit néanmoins pourle féliciter sur son arrivée dans l'Ile et l'engager à no pas prendre des mesures importantes avant d'avoir étudié les localités Mais aucune réponse ne fut faite à cette lettre. Le commandeur s'en tint au silence du dédain pour un rival abattu. Ln revanche, il adressa des gracieusetés à l'ancien rebelle Holdan et lui envoya un brevet qui le confumait dans sa charge de Grand Juge. Plusieurs de ses ancien;'.

S/Tl

CHlilSTOPHE COLOMB

complices reçurent aussi des emplois, au moyen des brevets qu'avaient signés en blanc, les Souverains.

CependanI, bien (|ii'il se fùl eiii|»aré en vrai corsaire de la demeure du Vice-Roi, le conuiiandcur Ti'i'tait pas coniplétement rassuré. L'Amiial avait avec lui des ol'liciers dévoués. 11 exerçait un grand ascendant sur les Caciques. Son frère l'Adclanlado se trouvait dans le Xai'agua, conuiiandani ui!elrou|)e lidèle. ('.onunc,en vertu de ses traités avec la Castille, Christophe Coloml' était Yice-Roi et Gouverneur perpétuel des Indes, aucun ordre ne pouvait anéantir ses privilèges. Kquilablenienl il avait le drciil de se rnainleuir par les armes. Le nouveau gouverneur, craignant donc que l'Amiral ne repoussât avec son épée le mandat signé par l'ingralitude de Ferdinand et l'erreur d'Isabelle, jugea i)iiulenl d'employer des voies de persuasion et de douceur.

On savait la inété de Colomb et son affection pour l'ordre de Saint-François; le commandeur pensa que le meilleur intermédiaire dans cette affaire serait un Franciscain. En conséquence, le 7 scj>tembre, il pria le Père Juan de Trasicra d'aller trouver l'.Vmiral, de lui apprendre sa disgrâce et de lui montrer la lettre de créance remise a\i nouveau gouverneur par les Souverains. Le Père Franciscain ne put se refuser à celte triste commission. Il raconta au Vice-Roi ce qui s'était passé. Pour le convaincre de la réalité de ces faits, il mit sous ses yeux la lettre de créance, dont le laconisme terrible liauchait toute incertilude.

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