LIVRE PHENflKH — CHAPITllE
rêverie. Us prélexlèrentla pénurie du trésor épuisé par (les arniiMuents considéraliles; et, afin de rabaisser peut-être la prétention de (joloinb, ils lui dirent que ee désir de déeouvertes n'était pas une nouveauté pour le Si''nal ; qm- déjà maint explorateur avait payé par la mort sa ruriosité téméraire; les archives de la Républicpie en taisaient loi. On y lisait, deux cents ans avant la proposition actuellement soumise au conseil, (pic deux capitaines de la plus haute noblesse, Tédisio Doria et l'golino Vivaldi, étaient partis pour le Grand Océan, .<ans qu'on eût jamais eu nouvelle de leur sort.
Uefusé par le sénat de Gènes, Colomb, qui voulait absolument faire bénélicicr l'Italie de sa découverte, passa bientôt à Venise, la républi(pie de Saint-Marc lui paraissant, sous le rapport des linauces et de la marine, en mesure de seconder ses vues. Mais, malgré SCS ouvertures et les instances les mieux aidées de la démonstration scientilique, le Conseil n'accéda point à ses offres.
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Si ce double refus, et peut-être l'impossibilité reconnue de recourir immédiatement à un autre Etat, avec chance de réussite, obligèrent Christophe Colomb d'ajourner la communication de son projet, il ne continua pas moins assidûment ses observations, et n'en chercha pas moins à élargir l'échelle de ses comparaisons cosmogrnjilii([iies. Nous le voyons un an après, franchis-
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CHUISTOPHE COLOMB
saiil l'Oréan Gormanique , s'avancer sur la route des laiM'S polaires. Au mois de lévrier I '(•77, il se trouvait à cent lieues par delà l'Islande, et constatait des phénomènes intéressants pour l'Iiydrograpliie. Des sombres liori'/.ons du Nord, des cieux aplatis de retle île lointaine, ri(///)«« Thu le des anciens, aux spleudides cieux des tropiques, avec sa puissante facnllé de génél'alisalion, il rassemblait dans son souvenir lesliarnionies de la terre et des eaux, cherchant à pénétrer par delà la poésie des apparences le principe des grandes lois de ce Globe. Passant de la contemplation des U'uvres de Dieu à l'investigation de celles des hommes, durant ses moments de séjour à teri'e, il consacrait à compulser les écrits des philosophes, des historiens, des naturalistes, toutes les heures qu'il n'employait pas à copier des manuscrits et à construire des sphères, dont le produit assurait son pain quolidien.
Il poursuivit ainsi ses voyages, dont on ne voit pas qu'il ait retiré d'autre profit qu'une expérience supérieure dans la navigation ; puis continua une existence de gène et de labeur jusqu'au moment où le roi Joam H, qui avait succédé à Alphonse V, son père, parut vouloir reprendre les traditions de son grand-oncle, don llenrique, de glorieuse mémoire.
Ce monarque avait réuni dans sa marine des pilotes de premier ordre, de vrais hommes de mer, tels que Diego Cam, Barthélémy et Pierre Diaz. A l'exemple de son grand-oncle, il accueillait les services de tout étranger qu'il jugeait d'une capacité réelle. Il ne fut pas difficile à Colomb, quand le moment lui parut