‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 14 sur 208 · LIVRE PRiEMlEll - CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE PRiEMlEll - CHAPITRE

opportun, d'ohtonir une ainplo audience pour l'expo., sition (le sou plan. Son alliance avec deux gouverneurs de Porlo-Santo, ses relations antérieures avec le père du Roi devaient lui valoir un liicnvi'ilianl accueil.

Au premier entrelien et dès le début, Joam II, sur- |U'is de la nouveauté d'un plan qui renversait toutes les idées admises en cosmographie, se montra peu disposé à entrer dans ses vues. Mais plus tard, durant d'autres conférences, le monai'que, pesant la valeuiintrinsèque des arguments de Colomb, comprit qu'il y avait au fond de cette proposition quelque chose d'immense et de supérieur. A raison même de son élévation d'esprit et de sa propension aux sciences naturelles, le Roi se sentit disposé en faveur de Colomb. Entraîné par l'ascendant de cette noble simplicité et de cette loyale conliance, Joam II se décida aux frais d'une expédition. Toutefois, avant de s'engager, il souhaitait connaître positivement quelle rémunération demanderait Colomb, en cas de réussite.

Le Portugal encourageait les découvertes par de grandes libéralités. D'ordinaire, on attribuait le gouvernement de nie ou de la région découverte à celui qui en avait pris possession au nom de la couronne. Parfois on rehaussait encore ces fonctions par quelque titre honorilique. L'espoir de si hautes récompenses enflammait d'ardeur toutes les imaginations. Mais ce n'était point d'une pareille rétribution que se contentait cet homme, qui s'usait à faire des cartes età copier des manuscrits pour nourrir sa famille. A ses yeux, cette récompense n'était que mesquine; elle lui semblait déprécier la grandeur de son entreprise. Il pos

donc sesrondilions à lui. Elles furent tellement royales (|ue le souverain en prit un peu d'iuuneur, et qu'avant d'y souscrire il voulut livrer à la discussion les probabilités de la réussite. Le roi chargea de cet examen une Commission coini)osée de trois membres : le docteur Diego Orliz de Cazadilla, évèque de Ceula, Rcidérigo, son médecin, et le juif Joseph, aussi médecin et maître en cosmograpliie.

Sauf quelques Portugais, récusables ici pour cause de suspicion légitime, tous les historiens avouent que l'inccrlitude du Roi ne fut qu'un prétexte. L'hésitation de Joam II provenait uniquement de ce que la demande de Colomb était jugée exorbitante et superbe, bien qu'elle fût faite avec autant de simplicité que de sincère modestie. Il est avéré que s'il se fût contenté du gouvernement perpétuel des contrées par lui découvertes, et de joindre à cette dignité, avec des titres honorifiques, quelques privilèges héréditaires, l'affaire se serait aisément conclue. Pour qu'il dédaignât de si haut ces avantages, sa prétention devait le rapprocher singulièrement du trône! Sans l'énormité de sa demande, la résolution bien arrêtée de Joam II l'eùl, à l'instant, affranchi des lenteurs mortelles qu'il eut ensuite à subir. Ces condilions qui dépassaient la générosité du Roi, nous les verrons plus loin et nous les exposerons à vos yeux. S'il fallait à Ciu-istophc Colomb de grands honneurs, il ne lui fallait pas moins de grandes richesses; car il avait une pensée à satisfaire, et celte satisfaction était la seule récompense qu'il jugeât digne de son entreprise. La révéler, serajusli-

Page 1