‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 143 sur 208 · LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE PREMIER

sV'liMidrait jusqu'en do lointains parafées; quant à lui, il allait sans retard (iionlii'r un ahii.

Ovando prit conseil des pilotes. Il laul iiicn le reconnaître, aucune ajiparence atmosphérique ne semblait jiistilier la prévision de l'Amiral; il fut donc décidé qu'on partirait ainsi qu'il était convenu. Les pilotes, en regardant le ciel, raillèrent liaillardement la sinistre annonce du vieil amiral, ipii fut traili' d'esprit morose, de « faux prophète », et peut-être de radoteur.

Colomb, fort embarrass('' de l'état du Galicien, ne vit pas d'autre expédient que de donner au plus mauvais navire le meilleur capitaine. Il fit passer à son bord comme commandant en premier son frère don Barthélémy, et immédiatement chercha un abri le long de la côte voisine. Il fit aussitôt toutes ses dispositions pour recevoir l'ouragan, avec autant de hâte que s'il l'eût vu venir.

Cependant le bon état de la mer, l'éclat du ciel, la douceur des brises, souriaient à ceux cpii devaient parlir. Ajicès un si'jour assez long, loin de IcMir famille cl de leurs habitudi-s, il leur tardait de revoir la patrie. Conformément aux ordres de la Reine, Ovando avait signifié un congé de retour à tous les rebelles connus. La plupart ne demandaient pas

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CHRISTOPHK COLOMB

mieux, puis(iue leur loiliinr' ('lail l'aiti'. D'ailleurs ils emporlaieiil cliarun des (luaiilités d'or capables d'adoucir leurs juives.

On les avait léjiartis, au noiuiin- de plus de cinq eenls, sur diverses caravelles. JJobadilla, le gouverneur destitue et qui se consolail de sa disgràci' avee ses monceaux d'or, avait pris place sur la Cupilanc. lloldan, dcsIiliK' connue lui o[ npiiel('' à rendi'e compte de sa rélii'llioii, avait cnlass('' dans ce vaisseau des masses d'or rapinées sous toutes les formes pendant sa révolte. Sur cette caravelle on avait embarqué cent mille pesos provenant des droits royaux. On y avait aussi Iranspruh'', au ^rand rei^rel de toute la ville, le plus énorme morceau d'or natif dont il ait jamais été parlé dans l'histoire. Cette pépite, que plus de mille hommes avaient touchée de leurs mains avec admiration et convoih'i', s'élevait, d'après un témoignage authentique, au poids de « trois mille six cents pesants d'or ». Les rebelles avaient aussi placé sur ce navii'e la sonnne de cent mille pesants d'or fondu et marqué, et quantité de gros grains d'or natif, pour les montrer ainsi en Espagne. Jamais une telle quantité d'or n'avait été vue à la fois.

D'autres richesses, également acquises au mépris de la justice cl de l'humanité, payées du sang et de la vie de tant de malheureux Indiens, étaient entassées sur chacune des caravelles.

Tout étant [irèt, on mit hn aux adieux. Le capilame général donna le signal du di'part, el la flotte.

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