LIVRE OUATRIftME — CHAPITIIE PREMIER
1.1 pli'ini' mer. Lr> Galicien, ce navire mis en dangin' par la simiIc houle, nVistc à rimin''luosilé dos flols ; la Ctiiiildiic ne perd ni nn lioiinne, ni une anere, ni un failli', ni une planclie, ne reedil l'iiiin anriiin' avarie.
Le raraelère vrainieni sninainrel de rot événement im]iressionna pi'ol'undéinenl l'Kspi'.jine. L'étrangeté de CCS cirronslances, l'innnensité de la perte, le deuil de plus de cinq cents faniillos, ilmuiérent aii\ détails de ce fait une aulhiMiticilé' luguluv l'I nuMiKiralile.
La Reine lit au gouverneur Uvando un douille griel de son double refus d'obtempérer à ravertissemenl di^ l'Amiral et de lui accorder un refuge dans une si ]in'ssanle nécessité. Le Hoi n'gretla l'or fondu et mar- (pié, surtout ce pain d'or massif don! aucun travail des mines n'a jamais offert le pendant. Longtemps la mémoire de ce fait se conserva vivace dans l'île. L'arcliichronograpbe impérial Oviedo, qui y résida et s'en entretint avec des témoins oculaires, fut frappé de son caractère prodigieux. Dans trois passages de son 7//.<loire nalureUe des Indes occidentales, il revient sur la flotte perdue pour avoir négligé le conseil de l'Amiral. Le Milanais Girolamo Benzoni, qui habitait Hispaùiola quarante ans après l'exécution de ce jugement et dut y entendre quelques témoins oculaires, n'a pu se défendre de voir ici la scntenre d'un arrêt célesle. Le châtiment des rebelles , l'anéanlissenient de leur inique trésor, lui paraissent un exemple salutaire donné au monde et une haute leçon de philosophie liistorique.
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CHIllSTOPHE COLOMB
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L'Amiral passa quelquos jours à Aziia pour faire ceilaiiii's réparai ions aux trois caravelles qui avaient iir séiiaiées.
Le li juillet, la mer paraissant bonne, il ]u'il la roule (lu sud. Mais sa navit^alidn lut eontiaiiée jjresquc aussitôt i)ar un étalétiauL;!' de la température. Le ciel était couvert, le soleil restait voilé, les étoiles ne se montraient ]ioint. Mali;ré la force et la variation des vents, il sentait la mer opposer à sa marche une force constante, quoique irrégulière dans sa violence. Des averses fréquentes les inondaient. Souvent des éclairs flamboyants semblaient embraser Fliorizon ; il fallait toute la vigilance et l'énergie de volonté de l'Amiral pour ne point dévier de son rumb. Cependant parldis le redoublement de la tempête les contraignait de fuir à arbre sec ou de mcttie à la cape ; et alors, en une seule nuit, ils perdaient le peu de chemin fait si laborieusement durant jilusieurs jours. La filigue, les veilles, celte humidilé coiujdiijuée de froid subit ou de lourde chaleur abattaienl les courages
L'ardente foi de Colomb surmontait seule les contrariétés des iniluences extérieures. Tout occupé des Lieux Saints, sans cesse les yeux fixés sur son but, il ne s'arrèlail jias à compter les tiljslaeles. Sa soixanteseptième année commençait à iieser sur lui sans (pi'il