LIVRE 0UAT»]I-';ME — CHAl'ITItE II
liomiiiPs, loul M fiiit lins, se nniirrissiiiciil dr |Hiissons crus (M (II! chair liiiniMiiii'. l,a l.iidi'iir de li'iiis Irails, la iï-roi'ili- de liMir iciiard Iraliissaicnl cidlc di' Itiiir.s iniPiiis. Kn li^s apcninaiil, lu vieux Giiiiidjô signala leur aiilliropopliagic.
Mais CCS nl)servalions l'Iaient arridonlollos cl (■ourles, paire ([iie la mer, joujoiirs ennlfaire, aslrcigiiail à des iravaiix ciinliiiiis. Les iiiateldls siieeoiiil)ai(Mil à ei's fatigues iiieessaiiles. La idii|iail l'iairiil malades ou iiicouunodés. L'àprelé des vcjiUs, la violence des ilols, Tabseiiee ilu soleil déeouiageaicnt les esprils les plus fermes. Ces pluies diluviennes avaient pourri les voili's qui se d(''rhiiairul en lambeaux. (Jn avait perdu des ancres, des apparaux, ainsi que des emliarcalions el la plus grande |iarlie des approvisionnemenls. Chaque cai-avelle avait plusieurs voies d'eau. Kl Iclle (■lait la gravih'- de la situation, qu'à chaque redouhli'uient de la li'iiiiirh", on se crovait perdu L'cquipage de la Bisca'icinie s'était pr(''paré a la mori, et avait même reçu du Père .Vlexandre les derniers sacrements. Dans les autres navires, les marins, privés des secours de rKglise, se voyant à toute extrémité, iuqiloraient le pardon de leurs foutes el se confessaient les uns aux autres. Parmi les domestiques de r.Vmiral, jdusieurs s'engagèrent à embrasser la vie monastique .s'ils échappaient à cette mort imminente.
Ces scènes do désolalion se répétèrent plusieurs fois dans les circonstances lugubres que ramenaient les menaces de l'Océan.
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Christophe Coloml) avoue lui-môme rombien élail navrante celle position d'agonie : » On a bien vn (i'auli'es lenipèles, mais aniMiiu' n'a r\r aussi aflreusc cl n'a dui'i'' aussi liinL;li'nips, au poiiil (pu- jilnsii'urs (k's miens, ipii passaient pour intrépides, jierdirent loulà l'ail couraiie. » Quant à lui, ce qui oppressai! son cii'ur, c'élail surloul de voir qu'il avait exposé son g jeune lils à de telles souffrances, el de savoir sur le % plus mauvais bâtiment de l'escadi^ille son fréic l'Adi'- I laiitado, (pii ne se souciait pas de ce voya^^e et n'avait ; consenti à raccompagner que par dévouement. H se : reprochait leur malheur. Heureusement, loin de l'accabler de sa propre douleiu', le jrune Fernandd - l'entourait de ses soins et déployait une fermeté au- =3 dessus de son âge. Colomb écrivit : « Noire-Seigneur 1 lui donna un tel courage, que c'était lui qui ranimait ï les autres. Et quand il s'agissait de s'employer à l.i là manœuvre, il le fiiisait comme s'il eût navigué quatrevingts ans, et c'était lui qui me consolait. »
Outre les violences de l'atmosphère, il lui fallait combattre une force constante et régulière, la masse d'eau qui affluait dans le sens opposé à sa route, cl qu'il comparait justement à un fleuve marin. C'était le grand courant pélagique ou Courant Kqualorial qu'il avait si merveilleusement découvert à son précédent voyage. Telle était sa force de résistance que, dans uui; navigation soutenue de soixante jours, on put à peine franchir un espace de soixante-dix lieues.
A force de persévérence, le 1 i septembre ils atteignirent enfm un promontoire (pii iléviait tout à coup
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