LIVRE QUATRIftMK — CHAPITRE II
VU
paraissaient pas s'occuper d'eux, cessèrent leurs belliqueux apprêts. La curiosité l'emporta sur la défiance. Ils s'ap|iro(lièr.Mil, i-u faisant des signes de paix et en montrant aux espagnols des couvertures de coton, des camisoles peintes. Les plus hardis vinrent à la nage proposeï- des (''l'Iianges.
Vouianl donner une liaule idée de la grandeur des hôtes (jui arrivaient eu ces lieux, l'.\miral défendit toute espèce de tralie. Il giiililia les indigènes de ees eolifieliels dont ils faisaient grand cas et il ne voulut rien accepter. Les gens de Cariuri, voyant que leurs instances étaient inutiles, tinrent conseil entre eux; et, soit que leur lierlé se blessât du refus de leurs dons, soit qu'ils crussent y voir une injurieuse déliance, ils résolurent de ne pas recevoir à leur tour les présents de ces inconnus; en conséquence, ils n'en lirent qu'un tas et les laissèrent sur la grève.
L'Amiral leva l'ancre, se dirigi>ant vers le sud sans perdre de vue le rivage. Il longeait la côte de Mosquitos. En avançant, il entra dans un golfe découpé par |ihisieurs îles, qui l'orniaient entre elles de petits canaux profonds et sans écueils. Les arbres gigantesques des rives, allongeant les branches de leurs hautes cimes, enlre-croisaienl leurs rameaux et fort niaient des berceaux élevés, sous lesquels passaient aisément les mâtures de i'eseadrille. La fraîcheur et l'oiiibrage odorant des l'orèls récréaient les équipages sur le tillac. Ce golfe charmant était la baie de Cerabaro, aujourd'hui indiquée sur les cartes sous le nom de Diiie de rAiniral.
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En dosc.nuiani à ion v. on compta \\n^[ canots mis à sec, dont les propiiélaiios sobatlaienl jraiemeul dans lej; bois. Ils portaient au cou dos plaques d'or. Un des insul;iii-es échangea un miroir d'or pur contre trois jn^lols.
Une abondance fabuleuse favorisait cette terre : Ifpoissons, les oiseaux, le gibier, les racines, les graines, les arbres à fruits, les fleurs s'y trouvaient à profusion. L'Amiral, sans cédera l'invitation d'un tel séjour, voulul pousser jusqu'au fond du golfe. 11 trouva là un terrain fort accidenté et pai"s:;mé d'h;ibitations construites sur les points culminants. Oc aperçut des canots remplis d'Indiens, le front ceint de couronnes faites de plumes d'oiseaux et de griffes de bêtes. Os s'ornaient aussi le cou de plaques d'or; mais, au lieu de les troquer avec empi-essement, ils y attachaient un grand prix et refusaient de s'en dessaisir.
Les caravelles entrèrent dans une autre gi-ande baie
' ;rd"hui nommée « Lagime de Chiriqui >. Colomb - iç^na ensuite de ces pai-ages et pa>sa loin des îlots pour naviguer plus librement.
L'escadrille. s'avan«;tinl vers l'Elst, louvora devant Cobrava. On apprit là que les Indiens ramassaient à Veragua l'or dont ils faisaient leurs miioirs, et que Veragua n'était pas éloignée.