LIVRE MlATRÎÉMF — CHAPITRE II
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Christophe Colomb se trouvait précisément parvenu à Tendroit que de Grenade, sous les voûtes de l'Alhambra, il avait désigné comme devant lui livrer pa.-^sag>: pour porter dans la mer du Midi l'étendard du Salut. f ■■—-■■ = par la Biscaïenne les moindres sinuo-
> . On élafl alors sur le littoral de Chagr-'S.
cherchait anxieusement le passage, en lace même de Panama, alors inconnu.
11 pressentait ce point géographique, objet de tan' de vœux depuis trois cent soixanle^juinze ans, c«?t important terrain que les géol<^es de France, d'.Xngleterre et de Prusse n'ont cessé d'étudier. Il s'opiniâtraii à vouloir trouver le Détroit là où, maLné son inexistence, les besoins de la civilisation le ré<:lamenl et le sollicitent encore. Il le cherchait aux lieux qu'une configuration particulière semble avoir préparés pour la section des deux grandes régions du Continent américain. On dirait que la Nature s'est soudain arrêtée dans son oPU\Te sur l'ordre du Très-Haut, qui réserve sans doute à l'humanité l'ouverture de ce passage, comme le prodiiie de son génie et le dernier terme de sa puissance. L'.\riiii-al cherchait donc le Détroit, non point à rextrémilé des contrées australes où il se trouve, mais là même où il devait être et où il sera un jour. Le Révélateur de la Création est venu désigner son emplacement
-HKI>TOrH£ COLOIO
Ciildiiih, n'ayant ]ias truiivi' lo Dr'troil à Chagres, (Onlinua ^a recliei'clic', car, à la rigueur, ce Dr'd'oil |)Ouvail se rencontrer plus loin. Il suivit la côte à l'Kst, et, le "2 novemlire, alla jeter l'ancre dans un port sûr et coniinoilc, entouré de terres cultivées, animées par des habitations gracieuses el diuil (pii'l(|ues-iiniV: étaient
LIVItK UUATRIIÏME — CUAPITRR II
boiirrasqiio l'assaillit de telle façon (in'il dut Jeter l'ancre an |)lus voisin refni^e.
On n'parlit, nn ((inliiiuanl la reconnaissanec des rôli's. Sur iMK^ liMii' ndiiiiiii''!' (luai^iia se ukhiIil'il'ii [ijus d(> li'iiis renls in<lii;LMii's (|iii aiiporlaii'nl des j(i\anx (i"i>i" l'i dos provisions pour faire des é(liani;es. Mais l'Amiral, jnessô d'arriver an Détroit, ne se déloiuna point. Pourlanl, trois jours a|irès, la force du vi'Hl l'olilii^ca d'entrer dans une anse étroite dont l'ouverlnre. |ilus étroite encore, offrait seulement l'avanlaiic de Ijrisi'r la force des lames. Les caravelles élaien si près du l)ord, ([ue d'un bond les maiins pouvaient sanler à terre. Les plantes a(piali(pii'S, les hauts herbages fourmillaient d'alligators exhalant une forte odein- mus(im''e; ils s'étendaient an soleil sur la vase, fendant neuf Jours, le mauvais temps retint l'escadrille dans ce lien, que l'Amiral nonnna « le Cabinet », cl Reirele.
Les indigènes, doux et confiants, arrivèrent apportant des vivres et des ornements d'oi'. Ils traitèrent faïuilièreiuent dans les l'chaugi'S (pu' l'Amiral faisait surveiller. .Malheureu.sement, aidés par la disposition des lieux, quelques marins, trompant la vigilance des oflicicrs, s'échappèrent la nuit, allèrent dans les cabanes oi'i ils avaient été accueillis hospilalièrement le Jour, et leurs entreprises galantes et leur rapacité irritèrent les habitants. Ils vinrent attaquer les caravelles. L' .Amiral lit tout son possible pour éviter l'efl'usion du sang. On essaya en vain de les apaiser. Ils devinrent d'autant |iliis liardis qu'on h'ur montrait plus
CHRISTOPHK r.OI.OMB
jamais devant les obstacles, finit pnurlant par ronfovoir des doutes sur l'exacte positiou de ci' Driidil. Il cdiuprit (luo |)eul-ètre, maif^ré les i;raves pni])abilil(''s de ses l'onjectures, ce passage ouverl par la Nature; pouvait ("'ti'e situe sous une latitude beaucoup plus niériilionali'. Considérant l'étal de son porsonnid, de ses munitions avariées et de ses navires que les tarots en nombre infini attaquaient, de la quille à la lii;'ne de lloltaison, il ré.-olut de rétioiii'adiT et d'allri- visiter les mines d'or de Yeraiïua, sur lesquelles il avait eu des renseignements l'abuleux.
Le hindi "> décembre, il sortit d\i port le Cabinet et mit le cap sur l'ouest, voulant ari'iver à Verafîua. Une violente; bourrasipie les repoussa vers le large. Les vai;ues étaient si liantes et les secousses si violentes, qu'on ne savait plus comment gouverner. Il tomba de nouveau malade ; une de ses anciennes blessures se rouvrit et, j)endant neuf jours, on perdit toute espérance de le conserver à la vie. Des souffles contraires et incessamment variables empêchaient également d'entrer dans nn port et de gagner la haute mer. Les caravelles se trouvaient ainsi ballottées, sans miséricorde, entre le danger d'être submergées et celui de se briser contre les écueils, qu'empêchait de distinguer le bouillonnement de l'onde.
Pourtant jamais les marins de l'expédition, qui pensaient avoir épuisé dans cette campagne toutes les rigueurs de la mer, n'avaient encore éprouvé un véritable orage océanique.