LIVRE QUATRIÈME — CHAPITliE IV
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mention à laiiuelle aurait droit son seul courage, si ses vertus ne primaient sa valeur : il (Hail de Segura et se nommait Diego Mendez. Une admiration anticipée l'avait, dès le commencement, altaclié à la personne de Colomb en qualité de serviteur volontaire. 11 l'avait accompagné dans sa première Découverte, était devenu l'un de sesécuyers, et, à ce tili-e, l'avait suivi au deuxième et au Iroisiènie voyage. L'Amiral ayant reconnu son mérite l'avait nommé secrétaire en chef de l'escadre et placé à bord du Sahil-Jacques de Palos pour remédier à l'incapacité du capitaine François de Porras.
Diego Mendez vint trouver TAmiral et lui dit : " Monseigneur, ces gens qui sont par ici en tenue de guerre disent qu'ils vont rejoindre ceux de Veragua pour marcher contre les Indiens de Cobrava Aurira, Je pense que c'est, au contraire, pour brûler nos vaisseaux et nous massacrer tous, n L'Amiral chargea Diego Mendez de surveiller les Indiens. Sans perdre un instant, celui-ci imagine d'armer un canot et de longer la côte de Yeragua pour reconnaître le camp ennemi. 11 n'eut pas l'ait une demi-lieue, qu'il trouva réunis plus de mille guerriers bien pourvus de vivres et de liqueurs. Faisant accoster le canot, il osa sauter à terre et s'avancer seul au milieu d'eux. Il leur oflrit de les suivre à la guerre avec son esquif. Ils refusèrent, en disant que c'était inutile. Il rentra dans l'embarcation et lesla toute la nuit à les épier. Cette nuit même avait été choisie pour exécuter leur plan. Voyant qu'ils élaieat découverts, ils prirent le parti de
rotoiirnor à Veragua, pendant qiio l"iniri''|ii(li' MimkIi-/ ri'vcnail à la Capilane l'aire son ia|i]ioit. a Je racontai, dit-il, à Sa Seii^neurie ce qui s'était passé; elle l'appiécia inlininienl. »
Encouragé par ce premier succès et les rcmercîmonts de l'Aniiral, dont le sulTrage était pour lui andessus de tout prix, le brave Diego Mi'udrz s'ollVil à les allri' éjiirr dans leur caniii. C/i'Iail li' cdiuIiIi' iIii dévoui'un'nt et de la témérité. Toutefois, connue il méditait un stratagème, il lui fallait cmmi'in'r un comi)agnon, et il le trouva. Iticn ne réussit niieu\ que Faudaec. Un jeune aspirant de la Bisccûeiuie, Rodrigo de Escohar, voulut èli'e de Im jiarlie.
En route, Diego Mendez rencontra deux canots d'Indiens étrangers, elappril d'eux que le plan déconcerté par sa présence sérail cxéculé sous deux jours pendant 1 nuit. 11 les pria de le conduire uioyennanl (piantilé' de joujoux jusqu'à Veragua dans leurs canots. Ils l'en dissuadèrent, parce qu'ils étaient certains qu'en ariivant on le massacrerait ainsi que son compagnon. .V force de cadeaux, il obtint pourtant d'être débarqué en face du principal village.
Les "uerriers du Ouibian barraient le cliemin de la demeure de leur chef. Diego Mendez feignit de venir, en sa qualité de chirurgien, pour le guérir de sa blessure, donna des présents, et on le laissa passer.
La demeure du Quibian, posée sur un plateau au liant d'une éminence, occupait le centre d'une place ornée de trois cents têtes de vaincus. Mabré l'arrivée soudaine d'un iils du Quibian, entouré de guerriers,