‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 156 sur 208 · LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE V

sur place. » Dix-neuf guemers tombèrent ainsi au iiiilini (les {espagnols. Celte perte jeta l'épouvante parmi celte troupe, que l'Adelantado, armé d'une lance, poursuivait avei- viiiucur, quoirpie blessé d'un coup de javelot dont il ne tint pas coMi]ite. L'armée indienne fil sa retraite dans les bois d'où elle lançait impunément ses flèches.

Sept matelots se trouvant hors de combat par leurs blessures, le délachement était réduit à treize hommes. L'Adelantado encourageait cette poignée .de braves. Un seul combattant, éperdu d'épouvante, quitta son poste et s'enfuit à toutes jambes. Diego Mendez l'ayant aperçu l'ajipela, lui commanda de revenir, mais en vain. Le fuyard répondit, toujours courant, qu'il voulait sauvi'r sa vie. Ce déserteur en face de l'ennemi n'était pas Espagnol : c'était un Lombard, nommé Bastiano.

Sur l'cs entrefaites, la chaloupe de la CapHane arriva devant la scène du comi)at. Tous les lîspagnols imploraient son secours. Mais Diego Tristan, esclave de sa consigne, ne voulut point accoster; il craignait que ses compatriotes, se jetant à la fois dans la chaloupe, où les futailles n'étaient pas arrimées, ne la fissent chavirer, accident qui causerait peut-être la perte de l'.Vmiral. Il eut le courage de résister aux prières de la maistrance, de rester spectateur du combat qui venait de recommencer. Les Indiens avaient de nouveau (juitlé les bois, et se croyaient sûrs cette fois d'exterminer jusqu'au dernier de ces étrangers. Mais les Castillans, excités par l'Adelantado et Diego Men-

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dez, le? cliassèrcnl avec une telle ardeur, qu'ils s'enruii'onl dans leurs retraites sans oser revenir à la charrie de la journée. Cet engagement avait duré trois heures.

Après, seulement, TAdelantado s'occupa de sa blessure.

Diego Mendez, qui savait les ruses indiennes, prévint le capitaine Diego Tristan du danger (ju'il courait en remontant le fleuve, pendant que les guerriers, encore réunis, cachés dans les herbes de la rive, épiaient, sans qu'il s'en doutât, tous ses mouvements et pouvaient tout à coup l'entourer avec leur flottille de canots. Le capitaine de pavillon voulut, quoi qu'il advint, exécuter les ordres reçus. Il continua bravement à remonter jusqu'à un endroit où l'eau, devenue douce, offrait une prise commode. Il est vrai que là aussi les deux rives se rapprochaient davantage. Pendant que l'on se disposait à descendre, le son des conques se lit entendre au fond des bois.

Bientôt on vit de toutes les sinuosités du fleuve se détacher des canots jusque-là caches sous les branches basses, tous également montés par trois Indiens, im rameur, deux archers pourvus d'arcs et de javelots. La chaloupe en un instant se trouva entourée. Les traits partaient à découvert des canots et pleuvaient du milieu des plantes nerveuses de la rive. Les Espagnols furent presque tous atteints à la fois. La chaloupe n'avait que trois hommes armés. Cette subite attaque, ces cris hoi'ribles, ce nombre illimité d'ennemis semblèrent les paralyser. Diego Tristan les excitait, montrant un

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