LIVRE QUATRIEME — CTIAPITRK VI
niilani f|iri'\('e|)lionnclli', et qncropiniAlrotiklc lalnll(^ (io Colomb ne soil le plus ■iiaiid cxoiiiplc de la coiislance liiimaine contre des forces qui surpassaient si liTi-il)lement les moyens de rinimanilé. Jamais les plus vieux marins n'avaient ouï parler de tels périls sur la mer ; jamais les caravelles n'avaient oxpiMimi'nlé de si puissantes lames, soutenu de si fréquents assauts. On n'avait point encore vu pareille persistance dans les colères de l'Océan.
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Quelque chose de ténébreux, de formidable et d'agressif se faisait sentir dans le caractère de ces fureurs pélajriques, de ces variations de vents incessantes et toiijo\irs contraires à la route de Colomb, l'empêchant aussi bien d'aller en avant tpie de revenir sur ses pas le long des côtes. Ces contrariétés semblaient réellement combinées pour le contraindre à gagner le large et s'éloigner à toujotu-s de cette terre nouvelle. L'historiographe royal Ilerrera, lui aussi, a été frappé de cette rage inouïe dans les annales de la mer, véritable révolte de l'Océan. Il est de fait que, depuis lors, aucune exploration maritime sur le reste du Globe, aucun voyage postérieur dans ces parages ne fut plus éprouvé de cette cruelle façon. Cette campagne ébranla des constitutions robustes et ruina plus d'un tempérament. Les bâtiments se trouvaient encore dans un état pire que les écjuipages.
Les navires, percés de trous, faisaient eau ; les provisions étaient avariées et comme perdues. Cependant Colomb, ne pouvant se résigner à celte idée que le détroit n'existait point dans ces parages, voulait
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continuer à le rheirher, et, malgré l'avis ronlraire (les pilotes, il Ht porter à l'est au lieu d'aller au nord. Comme les contestations des officiers sur la roule suivie et la route à suivre pouvaient occasionner <le graves désordres dansl'élal des esprits, avec cette supériorité de commandement qu'on lui connaît, il s'empara des caries des pilotes et imposa silence à nut le monde. Après avoir fait trente lieues, les voies d'eau de la Biscaïenne étaient si considélalilcs qu'il fallut l'abandonner. Son équipage fui réparli entre la Capltioïc et le Saint-Jacques de Palos. L'Amiral n'en continua pas moins la même route.
Habitué aux bontés de la Providence qui l'avait tant de fois soutenu et préservé, Colomb poursuivit son exploration avec ses navires criblés et presque sans vivres.
Le 1" mai, les pilotes, justement effrayés de la silnalion, lui représentèrent l'état des bâtiments, 'affaiblissement des équipages, épuisés de privations et de fatigues. Ils insistèrent tous. L'Amiral fit alors porler directement au nord. Pendant deux joiu's il eul un bon vent. Ses officiers craignaient d'avoir été poussés à l'est de l'airbipel Caraïbe, tandis que 'Amiral, au contraire, craignait d'avoir été entraîné à l'ouest du caji Saint-Micbel, ce qui effectivement était arrivé.
Le :2 mai, Cnlond) atteignit deux îles si couvertes de tortues, qu'il Imr en donna le nom. Les courants et