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vie laborieusement monotone que menait Colomb, altendanttoiijoiii-s. Un message royal riavitail à déposer, sans relai'il, le délail de son projet, avee les preuves à l'appui ; de telle sorte qu'on pût examiner à fond el la lliéorie el les moyens d'exécution de son plan. Incapable de supposer en si haut lieu une tromperie, Colomb livra sans défiance le plan, les notes, les caries, en un mol les moyens d'exéculer son entreprise. Aussiloi l'un des plus habiles capitaines de la marine portugaise fut dépêché avec une caravelle pour aller, en apparence, ravitailler les îles du cap Vert, mais avec la secrète mission de cingler vers l'Occident à la découverte des terres inconnues, conformément aux indications dont on lui avait remis copie.
Le plus grand secret avait favorisé cette spoliation (lu génie. -Mais si l'on avait surpris à Colomb ses données scientiliques, on n'avait pu lui dérober sa fermeté, sa foi, .sa supériorité d.i coup d'œil, le don mystérieux, reçu d'en haut, pour l'accomplissement de son œuvre. Après que^iues jours de navigation à l'ouest liardimcnt continuée, l'équipage commença à s'étonner de l'étendue, el à s'alarmer de la roule. Ces hommes tremblaient devant l'immensité. Une tempête s'étant élevée vint ajouter à leurs frayeurs ; le Seigneur n'était pas avec eux ; le navire éperdu rebroussa chemin, el retourna honteusement d'où il était parti pour la perpétration clandestine de cet attentat. Alors, comme il arrive en pareil cas, les lâches devinrent fanfarons et railleurs. Rentrés au port, ils tournèrent en moquerie le projet du Génois. Ce n'était, disaient-ils, qu'une vaniteuse extravagance. Leur seule
CHRISTOPHE COF.OMB
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jaclanrp Iraliit plus tard le secret de celte tentalive quasi-sacnlégc.
Ce tnit de iVdonie entra profondément dans le cœur de Coloml). Il ressentit, au plus haut de sa droiture, l'odieux de la déloyauté royale. Mais déjà il était liabitué aux soulïranees de l'âme. Depuis quelque temps, à travers ses épreuves, il s'était vu ravir par la moit l'associée de ses espérances, la mère de son fils, la noble Felippa, l'unique consolation de son pauvre loyer.
Colomb se lut et regarda le ciel.
Cependant le Roi vint ù savoir que la caravelle n'avait point navigué pendant le nombre de jours et de lieues marqué dans les instructions larronnées à Colomb. 11 fut repris du désir de renouer la négociation. 11 aurait maintenant accordé tout ce qu'il avait refusé si longtemps. Mais, de son côté, malgré sa pénurie, Colomb avait résolu de ne jamais traiter avec une Cour capable de telles infamies. Il feignit de ne pas comprendre, d'ignorer les nouvelles dispositions du Roi. Il continua dans l'isolement ses obscures occupations. Puis, quand il sut de bonne source f[ue le Monarque voulait absolument le lier par un traité pour son entreprise, étant bien décidé à ne pas céder, et ayant tout à craindre des conseillers de la couronne, s'il iicrsistail dans son refus, il réalisa sans bruit ce qui pouvait lui appartenir du cbef de sa femme, prépara prudemment son départ; et, vers la fin de liSi, s'enfuit eu secret de Lisbonne, emmenant avec lui son jeune fils Diego, dont li's traits délirais rajipi'laiiMit la braiitr- de sa mère.