LIVRE PREMIER — CHAPITRE II
Ce fut par mer que Christoplic Colomb s'échappa du Portugal.
Il fit voile pour Gènes.
MalLcré le relus de la sérénissimc République qii'il avait eu la douleur de subir qu(>Iqucs années auparavant, il puisait dans son patriotisme le courage d'aflVonter de nouveau les doutes et les dédains de la cité natale. Les ressources de la Républiipic ne lui permettaient plus de diminuer sa flotte de quelques naviivs, poui- tonler aventureusement une expédition que nul précédent ne jusiifiait. Colomb ne retira de ce voyage que la douceur de revoir son respectable père, de lui présenter son petit-fils, et d'appeler la bénédiction du vieil ouvrier sur la tète de cet enfant, qui devait allier un jour son sang aux deux maisons souveraines d'Espagne et de Portugal.
Immanquablementl'àme du vieux cardeur tressaillait d'une exultation paternelle en écoutant les projets de son fils. Car si Dominique Colomb connaissait les refus des deux Républiques et la convoitise du Portugal, il connaissait aussi la force de résolution, l'ardente foi et môme pressentait confusément la supériorité de son fils aîné. Il savait que Christophe avait projeté d'accomplir le tour de la Terre, d'arriver ainsi parmi les nations idolâtres, ignorant la venue du Christ, et de faire briili'r à leurs regards l'étendard du Saint ! Ce? épauchements secrets rajeunissaient l'âme du vieillard. De telles grandeurs, entrevues du seuil de la lomi)o, changeaient en splendide aurore le crépuscule de ses derniers jours. Elles étaient à la fois une indemnité de
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SOS longues tribulations ot iinn n'romponse dos cxoniplos ooinino de rôdiioatioii clirélieiiiie qu'il avait donnôs à sos lils.
A|)iôs avoir, durant un ooint srjour, oomblé do tondrosso son vônôraiiie père ot assuré sos bosoins pondant son al)sonco, Clu'istopbo Colomb jeta les yeux sur les nionaroliies chrétiennes de l'Europe, pour choisir la couronne qu'il associerait à l'honneur d'exécuter son plan. Par son zèle à délèndre la foi, son intrépidité à repousser les Maures, par son caractère chevaleresque, ses ressources marilimes, surtout la grande renommée de ses deux souverains, alors réu;nanl ensemble, Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, l'Espagne lui parut mériter sa préférence. Dès lors il la lui engagea tacitement et se regarda comme tenu envers elle. Puis, au premioi' vent d'osi, il s'enibanpia pour ce royaume, se contianl à la seule protection de la Providence.