LIVIIE QUATRIÈME — CHAPITRE VI
Celle terre», si frracieiisenieiil iKisiiitalièie, élail loii peuplée el aboinlaïUe en tontes choses nécossaiios à la vil' I, "Amiral ne l'ut pas seul à recdrinailn' ici iiin' bonli' parlieulière de Dieu. Son eapilainc de pavillon, le brave Diego Mendez, considéra cet événement comme un acte de la miséricorde divine. Kn rapporlaiil cel aboidage à la Jamaïque, l'iiisloriograplie royal Ilerrera dit aussi : « L'Aniiial, en celle rencontre, fui grandemenl favorisé de Dieu.» l'n écliouage ne pouvait s'opérer sur une cote ollVant des lessources plus assurées. Il semblait qu'elle eût élé choisie à dessein.
La, baie de Santa Gloria se trouvait garantie du choc du giand coui'ant de l'est à l'ouest par les lignes de la côte, qui à droite et à gauche amortissaient l'elTorl des vagues, déjà brisées au loin par le |iromontoii'(! Fiat au couchant el le cap Dra\ au levant. L'encadrement de la côte, si lichement boisée, l'exemptait de la brusquerie des vents de terre. Des eaux vives et fraîches se déchargeaient à l'esl par trois rivières délicieusement ombragées. Des i'ruils de toutes sortes, bien supérieurs à ceux des autres iles, abondaient aux alentours. Le village de .Maïina, à peine éloigné d'un quart de lieue, couronnait un gracieux coteau.
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L'.Vmiral ordonna d'échouer d'abord le Saint- Jacques de Palus. Quoique la Capilane lût pleine d'eau jusqu'au tillac, et qu'on s'élonnàt de ce qu'elle n'eût pasencore coulé à fond,(]olonibsi'mhlail vouloir essayer de la remcUre en mer. H ne statuait pas .sur le sort de sa caravelle: il ne donna l'ordre de l'échouer
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Alors la Capilane l'ut attachée à bâbord du Sainl- Jacque^ de Palos !•{ reliée à ses llam-s |iar de forts madriers. Avec toutes les pièces des mâtures devenues inutiles et des cloisons intérieures qu'on parvint à défoncer, on éleva à l'avant et à l'arrière des deux caravelles plusieurs baraques (pii furent recouvertes en paille. L'.\miral consigna tout le monde à bord, pour éviter la moindre cause d'altercation avec les naturels.
Le capitaine de pavillon Diego Mendcz, que, malgré son titre purement honorifique, l'Amiral chargeait de la distribution des vivres, ayant achevé de donner la dernière ration de biscuit et de vin, on se vit en présence de la famine. Personne n'osait demander à descendre jtour aller chercher des vivres. Dans ces cruelles conjonctures, la foi et l'intrépidité du fidèle écuyer de Colomb brillèrent de nouveau.
Il otfrit à l'Amiral de se dévouer.
En conséquence, jtrenanl une épée et se faisant accompagner de trois houuaes courageux, il s'avança dans l'Ile. Evideuunent, s'il eût rencontré des indigènes aussi belliqiuuix que ceux du Rio Bclen, il était perdu. .Mais, ainsi qu'il le dit lui-même, « il plut à Dieu que je trouvasse des habitants fort doux qui ne me firent aucun mal, se récréèrent avec moi et me donnèrent des vivres de leur plein gré ».
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LIVRK OTATIIIKME — (.HAPITUE VI